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Employés congédiés : Walmart n'aimait pas la forme du programme d'inclusion

Le Walmart du centre commercial Fleur de Lys

Walmart reconnaît avoir mal géré ce dossier et présente ses excuses.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Walmart explique avoir mis fin au programme qui permettait d'intégrer des personnes présentant une déficience intellectuelle dans ses magasins en raison de sa « forme » et considère embaucher les ex-participants.

« La semaine dernière, nous avons avisé des agences locales du Québec que nous ne pourrions malheureusement plus participer au programme de formation professionnelle volontaire dans sa forme actuelle », déclare le vice-président des affaires corporatives chez Walmart Canada, Robert Nicol, par voie de communiqué.

Cependant, le porte-parole de l’entreprise ne précise pas ce qu'il y a dans la forme actuelle du programme qui déplaît à l'entreprise.

Notre objectif était de trouver d'autres moyens d'aider les personnes dans ces programmes, y compris l'emploi direct.

Robert Nicol

Walmart assure avoir entendu les préoccupations des participants du programme et envisage d’embaucher les personnes touchées par sa décision de se retirer du programme.

« Pour la suite, nous travaillerons avec toutes ces personnes, leurs familles et les organismes de services sociaux locaux pour trouver de nouveaux arrangements qui offriront du soutien aux participants, et cela inclut la possibilité d'embaucher directement ces personnes », peut-on lire dans le communiqué.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, Robert Nicol confirme la possibilité que la multinationale réembauche les personnes affectées par sa décision.

Nous voulons travailler avec les agences locales et les participants pour trouver les meilleurs arrangements possibles pour tout le monde, et cela pourrait comprendre l'emploi direct.

Robert Nicol

Le détaillant reconnaît avoir mal géré ce dossier. « De toute évidence, la façon dont nous avons géré ce changement a créé de la confusion et de la déception et nous nous en excusons très sincèrement », affirme Robert Nicol.

Sémantique

La veille, la porte-parole de Walmart Canada, Anika Malik, jouait sur la sémantique en niant que la chaîne avait « congédié » les employés vivant avec une déficience intellectuelle ou un TSA – qui se trouvaient tout de même sans emploi.

« Ces personnes ont participé à un programme volontaire coordonné par des agences locales qui se sont associées à nos magasins pour offrir un environnement dans lequel ils pourraient s'impliquer », expliquait-elle.

L'entreprise a simplement mis fin à son partenariat au programme, qui offrait « une expérience d'intégration et d'engagement communautaire dans un environnement de travail », s'était-elle défendue.

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, a réagi sur Twitter samedi après-midi au communiqué de Walmart. Il écrit : « Je n'ai qu'un seul message pour la direction de Walmart : je ne vous crois pas ».

Depuis jeudi

La décision de Walmart de mettre fin au programme qui permettait d’intégrer des personnes ayant une déficience intellectuelle a pris effet jeudi dans les 26 succursales du Québec.

Cette décision touche entre autres 19 personnes en Maurice et au Centre-du-Québec, une vingtaine dans la Capitale-Nationale et 25 dans Chaudière-Appalaches.

Certains d'entre eux travaillaient pour le détaillant depuis près d'une vingtaine d'années.

Le ministre de l'Emploi, François Blais

Le ministre de l'Emploi, François Blais

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Walmart avait indiqué par voie de communiqué qu'il s'agissait d'une décision difficile, sans toutefois justifier l'arrêt du programme.

La nouvelle avait soulevé une vague d'indignation cette semaine de la part des travailleurs eux-mêmes, ainsi que de nombreux organismes impliqués dans la réinsertion sociale de personnes handicapées.

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, avait alors jugé que la décision de Walmart était « un geste à contre-courant de tout ce qui doit être fait en matière d’emploi », alors que le Québec connaît une pénurie de main-d’oeuvre.

« Plus que jamais nous avons besoin de reconnaître la contribution des personnes handicapées sur le marché du travail », avait-t-il réagi.

Avec les informations de La Presse canadienne

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