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« Les Américains expulsent leurs amis », déplore l’ambassadeur de la Russie à Washington

Des employés du consulat des États-Unis à Saint-Pétersbourg retirant le drapeau américain du fronton.
Des employés du consulat des États-Unis à Saint-Pétersbourg retirant le drapeau américain du fronton. Photo: Reuters / Anton Vaganov
Radio-Canada

Diplomates russes et américains pliaient bagage samedi à la suite d'une crise diplomatique sans précédent opposant Moscou à l'Occident qui a vu la tension monter encore d'un cran entre la Russie et le Royaume-Uni.

Une cinquantaine d'hommes, femmes et enfants ont été vus en train de quitter en début d'après-midi l'enceinte de l'ambassade de Russie à Washington à bord d'un autocar, qui s'est dirigé vers l'aéroport.

Familles comprises, 171 personnes devaient quitter les États-Unis dans la journée et le gouvernement russe a fourni deux avions pour leur transport, dont l'un fera une brève escale à New York.

Simultanément, les camions de déménagement se sont succédé dès samedi matin devant le consulat des États-Unis à Saint-Pétersbourg, tandis que le drapeau américain a été retiré du fronton.

Dans une vidéo diffusée samedi, l’ambassadeur de la Russie à Washington, Anatoly Antonov, a déploré une nouvelle fois la décision de Washington, affirmant que les États-Unis « ont expulsé des amis ».

« Les Américains ont expulsé ceux qui construisent des ponts entre la Russie et les États-Unis dans les domaines de la science, du commerce, de l’exploration spatiale et de la culture », a dit le diplomate russe dans cette vidéo partagée sur le compte Twitter de l’ambassade de la Russie aux États-Unis.

Il s’est toutefois montré rassurant, affirmant que les tensions entre les deux pays seront du passé. « Tout le monde doit comprendre que [les États-Unis et la Russie] sont destinés de redevenir amis », a dit M. Antonov. « Seule une étroite collaboration entre nos pays permettra de maintenir la stabilité internationale », a-t-il ajouté.

Londres doit rapatrier 50 diplomates

Les tensions diplomatiques sont encore montées d’un cran samedi dans le cadre de la vague d'expulsions croisées liées à l'empoisonnement le 4 mars sur le sol britannique de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.

Moscou a, en effet, annoncé que le Royaume-Uni devrait réduire son personnel diplomatique en Russie de plus de 50 personnes. Cette demande de réduction des effectifs diplomatiques, dont Moscou n'a pas précisé les modalités, intervient après l'expulsion par la Russie de 23 diplomates britanniques qui ont déjà quitté son territoire.

« La Russie a suggéré la parité. La partie britannique a plus de 50 personnes en excédent » dans ses représentations diplomatiques, a déclaré à l'AFP la porte-parole russe du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova.

Moscou, qui a convoqué vendredi les ambassadeurs de 23 pays pour leur signifier les mesures d'expulsion prises à l'encontre de leurs diplomates, a donné à cette occasion un mois à Londres pour réduire son personnel diplomatique en Russie au même niveau que celui des missions diplomatiques russes au Royaume-Uni.

L'ambassadeur britannique en Russie, Laurie Bristow, s'est vu remettre une note de protestation en lien avec « les actions provocatrices et infondées de la partie britannique qui a été l'instigatrice de l'expulsion injustifiée de diplomates russes par divers États », selon le ministère.

À Londres, une porte-parole du Foreign Office s'est bornée à déclarer samedi : « Nous étudions les implications des mesures annoncées par le ministère russe des Affaires étrangères ».

Un policier britannique se tient devant le pub, d'allure rustique.La première ministre britannique Theresa May se tient devant le pub The Mill, jeudi, alors qu'elle est en visite à Salisbury, en Angleterre, où l'ancien agent double russe Sergei Skripal et sa fille ont été trouvés gravement malades. Photo : Associated Press / Toby Melville

Une vague d'expulsions croisées inédite

Rajoutant aux tensions entre les deux capitales, le Royaume-Uni a annoncé samedi que sa police aux frontières avait perquisitionné à bord d'un avion russe dans un aéroport londonien, suscitant l'indignation de la Russie. Londres a assuré qu'il s'agissait d'une procédure « routinière », mais Moscou a dénoncé une « nouvelle provocation flagrante » relevant d'une « politique hostile » des autorités britanniques.

Londres impute à la Russie l'empoisonnement à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) de Sergueï Skripal et de sa fille malgré les démentis de Moscou qui clame son innocence et a demandé la convocation d'une « session extraordinaire » du Conseil exécutif de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

La vague d'expulsions croisées, la plus importante de l'Histoire, concernant au total environ 300 diplomates de part et d'autre, a débuté le 14 mars avec l'annonce par Londres de l'expulsion de 23 diplomates russes et de la suspension des contacts à haut niveau. La Russie a ordonné trois jours plus tard l'expulsion de 23 Britanniques et la fermeture des activités du British Council en Russie ainsi que du consulat du Royaume-Uni à Saint-Pétersbourg.

Les États-Unis ont ensuite annoncé le renvoi de 48 diplomates russes attachés à l'ambassade de Russie à Washington et de 12 autres travaillant à la mission russe à l'ONU. Ils ont également décrété la fermeture du consulat russe à Seattle (nord-ouest). Jeudi et vendredi, Moscou a annoncé l'expulsion d'au moins 121 diplomates d'autres pays en poste en Russie dont 60 pour les États-Unis qui doivent également fermer leur consulat à Saint-Pétersbourg.

Au total, les États-Unis et d'autres pays, notamment de l'Union européenne, ainsi que l'OTAN, ont annoncé l'expulsion de plus de 150 diplomates russes. En représailles, Moscou a pris des mesures identiques envers un nombre équivalent de diplomates de ces États.

Moscou veut rendre visite à la fille de Sergueï Skripal

Parallèlement, Londres a annoncé samedi étudier la demande de la Russie d'obtenir un accès consulaire à Ioulia Skripal.

« Nous examinons des demandes d'accès consulaire conformément à nos obligations découlant du droit international et national, y compris les droits et les volontés de Youlia Skripal », a déclaré une porte-parole.

L'hôpital de Salisbury où est soignée Youlia Skripal, 33 ans, a précisé jeudi que son état de santé s'améliorait « rapidement ». Selon la BBC, elle est consciente et en état de parler.

Son père Sergueï, 66 ans, reste dans un état critique, mais stable.

Avec les informations de AFP, RT, et Reuters

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