•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le mystère persiste autour de Zahra Kazemi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2003 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ambassadeur du Canada à Téhéran affirme ne pas avoir eu accès aux résultats de l'autopsie pratiquée en Iran sur la dépouille de la journaliste irano-canadienne décédée dans des circonstances nébuleuses, vendredi dernier.

Au cours d'une conférence téléphonique, l'ambassadeur du Canada à Téhéran, Philip MacKinnon, a affirmé lundi ne pas avoir eu accès aux résultats de l'autopsie pratiquée en Iran sur la dépouille de Zahra Kazemi.

Un peu plus tôt dans la journée, l'agence de presse officielle iranienne a annonçé que la journaliste irano-canadienne n'avait pas été inhumée. L'agence a par ailleurs précisé qu'une autopsie avait été pratiquée dès son décès, soit vendredi dernier, et que les résultats avaient été transmis à l'équipe ministérielle chargée par le président Khatami de faire la lumière sur cette affaire. Jusqu'à présent, d'après la version officielle, Mme Kazemi est tombée malade après son arrestation pour avoir pris des photos sans permission.

Le vice-premier ministre canadien John Manley, quant à lui, demande à l'Iran des explications et exige que son corps soit rapatrié.

Le fils de madame Kazemi, Stephan Hachemi, qui vit à Montréal, dit, en revanche, avoir appris que son corps avait été inhumé. Ce dernier a affirmé lundi qu'il avait eu la confirmation que la dépouille de sa mère avait été mise en terre dans la nuit par une organisation clandestine inconnue.

M. Hachemi, qui jusque-là demandait au gouvernement canadien d'exiger le rapatriement du corps de la journaliste de 54 ans, demande maintenant qu'une équipe d'enquêteurs et de médecins occidentaux puissent se rendre en Iran pour mener une enquête indépendante.

Pour le fils de Mme Kazemi, celle-ci a été arrêtée par des agents du ministère iranien de la Sécurité intérieure avant d'être transferée, quatre jours plus tard, au ministère de l'Information.

Plus tôt lundi, le ministère canadien des Affaires étrangères avait annoncé que le corps de Zahra Kazemi n'avait pas encore été inhumé. Quant à l'ambassadeur canadien en Iran, Philip Mackinon, il a finalement réussi à rencontrer, lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères pour faire la lumière sur la mort suspecte de Mme Kazemi. Les autorités canadiennes ont, par ailleurs appris, qu'il reviendrait à un tribunal de statuer sur cette affaire, en raison de la décision du président iranien Mohammed Khatami d'ordonner une enquête.

Juste avant de connaître les derniers développements, des dizaines de personnes ont manifesté lundi soir devant les bureaux du gouvernement fédéral au complexe Guy-Favreau à Montréal, pour exprimer leur appui à Stephan Hachemi.

La manifestation, qui prenait la forme d'un point de presse, était organisée par le magazine indépendant Recto-Verso, pour lequel travaillait Madame Kazemi. Ajoutant leurs voix à celles du concert de protestations, le Conseil de presse du Québec et la Fédération des journalistes du Québec ont réclamé à leur tour une enquête publique indépendante sur la mort de Mme Kazemi.

La mère de Zahra Kazemi a autorisé l'inhumation

Dimanche, la confusion autour de la mort de Mme Kazemi avait redoublé lorsque le ministère canadien des Affaires étrangères avait appris que la mère de Mme Kazemi avait donné son accord pour que le corps de sa fille soit inhumé dès dimanche.

Selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Reynald Doiron, en vertu de la loi coranique, seule la mère a le pouvoir de donner des instructions concernant le corps d'un défunt. Selon Stéphane Hachemi, sa grand-mère a été forcée de signer des documents autorisant l'inhumation. Pour le président de l'Association de défense des droits de l'Homme en Iran, Hossein Mahoutiha, l'inhumation «n'est pas surprenante», car «le régime devait faire en sorte que les preuves soient nettoyées et c'est le seul moyen qu'il avait».

Le président Khatami exige la vérité

Lundi, dans une lettre adressée à quatre de ses ministres, soit celui de la Justice, de la Culture, des Renseignements et de l'Intérieur, le président iranien, Mohammed Khatami, a ordonné la tenue d'une enquête sur les circonstances nébuleuses du décès de Mme Kazemi.

«Le président Khatami précise qu'il faut agir selon la loi contre quelqu'un qui a commis un délit (...) et que lorsqu'on ne respecte pas la loi, les fautifs, soit ceux qui ont arrêté Zahra Kazemi et qui l'ont mise dans cette situation, doivent être punis avec plus de sévérité encore», a indiqué le correspondant de Radio-Canada à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Toutefois, ni les défenseurs des droits humains ni la famille de Mme Kazemi ne croient que cette enquête aboutira. «L'enquête ne mènera nulle part» car le président «Khatami a promis bien d'autres enquêtes auparavant qui n'ont jamais abouti», a soutenu M. Mahoutiha.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.