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Une station spatiale chinoise s'écrasera sous peu sur Terre

La navette Shenzhou-8 s'attache à la station spatiale Tiangong 1.

Image provenant de la chaîne de télévision chinoise CCTV, où l'on voit la navette Shenzhou-8 s'attacher à la station spatiale Tiangong 1, le 3 novembre 2011.

Photo : La Presse canadienne / CCTV par AP

Associated Press

La station spatiale chinoise Tiangong 1, qui n'est plus utilisée et qui culbute possiblement hors de contrôle en orbite autour de la Terre, devrait rentrer dans l'atmosphère et se désintégrer au cours des prochains jours.

Le risque au sol est minime, même si l'objet de 8,5 tonnes a la taille d'un autobus et même si les agences spatiales du monde ne savent pas trop à quoi s'attendre.

Où, quand, comment?

L'Agence spatiale européenne prédit que la station rentrera dans l'atmosphère entre samedi matin et dimanche après-midi, mais prévient que cette estimation est « hautement variable », puisque la haute atmosphère ne cesse de changer et que cela influence la vitesse des objets qui la frappent.

L'agence spatiale chinoise estime que la rentrée se fera entre samedi et mercredi.

Des experts occidentaux croient que Pékin a perdu le contrôle de sa station spatiale, mais un responsable chinois a nié ces propos. Zhu Zongpeng a toutefois refusé de détailler ce que fait la Chine pour guider la chute de Tiangong 1.

D'après l'orbite qu'elle suit, la station tombera sur Terre quelque part entre les latitudes 43 degrés nord et 43 degrés sud, soit quelque part au-dessus des États-Unis, de la Chine, de l'Afrique, du sud de l'Europe, de l'Australie ou de l'Amérique du Sud.

Le Canada, la Russie et le nord de l'Europe n'ont rien à craindre.

Environ 10 % de la station devrait survivre à la rentrée dans l'atmosphère, probablement les pièces les plus lourdes, comme les moteurs. On calcule qu'il y a moins d'une chance sur 1000 milliards qu'un humain soit frappé.

Un porte-parole du ministère chinois de la Défense a assuré que Pékin informera la communauté internationale des détails concernant la rentrée de Tiangong 1.

Les débris spatiaux d’origine humaine sont-ils courants?

Des débris provenant de la Station spatiale internationale, des lancements de fusées ou des satellites rentrent dans l'atmosphère plusieurs fois par année, mais on ne connaît qu'une seule personne qui a été heurtée : l'Américaine Lottie Williams a été frappée, mais non blessée, par une pièce d'une fusée Delta II pendant qu'elle s'entraînait dans un parc de l'Oklahoma, en 1997.

Le laboratoire spatial américain de 77 tonnes Skylab a plongé dans l'atmosphère en 1979, et ses débris se sont éparpillés dans les rues de la ville australienne de Perth. La Ville a ensuite remis aux États-Unis une amende de 400 dollars américains pour malpropreté.

Plus de 80 000 pièces de la navette spatiale Columbia sont tombées sur le sud des États-Unis après son explosion en plein vol, en 2003. Personne au sol n'a été blessé.

En mars 2001, le laboratoire spatial russe Mir, qui pesait environ 120 tonnes métriques, est entré de manière contrôlée dans l'atmosphère pour tomber dans le Pacifique.

Le programme spatial chinois a fait sourciller en 2007 quand il a utilisé un missile pour pulvériser un satellite désuet, ce qui a donné naissance à un champ de débris potentiellement dangereux.

On a brièvement craint pour la sécurité humaine en 2011 quand un satellite américain est tombé sur Terre après une vingtaine d'années en orbite. Les pièces ont fini leur course dans le Pacifique.

À quoi servait Tiangong 1?

Lancée en 2011, Tiangong 1 était la première station spatiale chinoise. Elle a servi de plateforme expérimentale pour des projets plus ambitieux, comme la station Tiangong 2, lancée en 2016, et une future station chinoise permanente.

La station, dont le nom signifie « palais céleste », a notamment accueilli deux missions habitées ainsi que la première taïkonaute de l'histoire du pays. Elle a permis de tester des procédures d'amarrage et d'autres opérations.

Son dernier équipage est reparti en 2013 et tout contact avec elle avait été perdu depuis 2016. On gardait quand même un oeil dessus pendant que son orbite la rapprochait graduellement et naturellement de la Terre.

La station est composée de deux modules : un pour ses panneaux solaires et ses moteurs, et l'autre qui servait de laboratoire et de dortoir pour deux taïkonautes. Un troisième taïkonaute dormait à bord des capsules Shenzhou qui s'amarraient à la station.

Où en est rendu le programme spatial chinois?

La première mission spatiale habitée chinoise, en 2003, lui a permis de devenir le troisième pays, après les États-Unis et la Russie, à envoyer un homme dans l'espace. La Chine s’est ensuite attaquée à des projets de plus en plus ambitieux, dont une sortie dans l'espace et l'envoi du robot Lapin de jade sur la Lune.

Le premier module de 20 tonnes d'une station spatiale permanente doit être lancé l'an prochain. La station entière de 60 tonnes devrait être opérationnelle en 2022 et être utilisée pendant au moins 10 ans.

La Chine a été exclue du programme de la Station spatiale internationale en raison d'une loi américaine qui interdit une telle coopération et à cause des liens étroits qui unissent le programme spatial du pays à ses forces armées.

Le programme spatial chinois est entouré de secret et plusieurs experts expliquent que le manque de données au sujet de Tiangong 1 empêche de prédire ce qui se produira lors de sa rentrée dans l'atmosphère.

Une autre mission vers la Lune, avec comme objectif de ramener des échantillons de sol, est planifiée pour 2020. La Chine prévoit aussi devenir le premier pays à poser une sonde en douceur sur la face cachée de la Lune.

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