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La corruption, enjeu central de la campagne présidentielle au Mexique

Andrés Manuel López Obrador salue la foule en compagnie de son épouse, Beatriz Gutierrez.
Andrés Manuel López Obrador salue la foule en compagnie de son épouse, Beatriz Gutierrez, après avoir officialisé sa candidature à l'élection présidentielle mexicaine. Photo: La Presse canadienne / AP Photo / Eduardo Verdugo

La course à la présidence mexicaine est lancée ce vendredi avec, en tête des plus récents sondages, le politicien d'expérience Andrés Manuel López Obrador, homme de gauche au tempérament parfois fougueux, qui en est à sa troisième tentative. L'élection aura lieu le 1er juillet.

L’ex-maire de Mexico (2000-2006), surnommé « AMLO », a promis de mettre un terme à la corruption endémique. À la tête du Mouvement de régénération nationale (MORENA), Obrador est décrit par ses adversaires comme un démagogue autoritaire, voire un héritier d’Hugo Chavez, l’ex-président socialiste du Venezuela.

Le candidat de 64 ans réfute cette filiation, se réclamant plutôt du légendaire père de l’état laïque mexicain, Benito Juárez. S’affirmant chrétien dans un pays profondément religieux, il estime que les questions controversées, telles que l’avortement ou le mariage homosexuel, doivent faire l’objet de consultations populaires.

López Obrador a d’abord été membre du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), avant de fonder le Parti de la révolution démocratique, pour lequel il a été candidat présidentiel en 2006 et en 2012.

En 2006, il avait perdu par quelque 200 000 voix face au candidat Felipe Calderón, du Parti action nationale (PAN), dans une élection soupçonnée de graves irrégularités.

Cette « troisième candidature est la dernière », promet-il.

Une lutte à trois

Ricardo AnayaLe candidat du PAN, Ricardo Anaya Photo : Reuters / Carlos Jasso

Deux autres candidats d'importance luttent pour la plus haute fonction, dans ce pays qui n’a connu l’alternance qu’une seule fois depuis les années 30.

Le PAN, un parti de droite, présente Ricardo Anaya, un jeune ex-juriste de 39 ans, qui doit se défendre d’accusations de blanchiment d’argent par le truchement de la vente d’une propriété familiale. Le principal intéressé rétorque qu’il s’agit d’une histoire montée de toutes pièces par son adversaire le PRI, le parti d’Enrique Peña Nieto, actuellement au pouvoir.

Surnommé la « jeune merveille » en raison de son ascension politique fulgurante, Anaya dit s’inspirer des patrons de la Silicon Valley afin de gouverner le Mexique autrement.

De 2013 à 2014, le jeune candidat a dirigé la Chambre des députés, où il a imposé son style dynamique. On le dit ambitieux, préparé et perfectionniste. Ses opposants le qualifient de machiavel, l’ex-président Calderón, pourtant issu du même parti, l’ayant même dépeint comme un homme sans scrupules et déloyal.

Le candidat du PRI, José Antonio MeadeLe candidat du PRI, José Antonio Meade Photo : Reuters / Henry Romero

Un troisième homme bataille ferme pour gagner la faveur populaire, soit José Antonio Meade, qui succède au président Peña Nieto à la tête du PRI. Négociateur habile, l’homme de 49 ans a été ministre des Affaires étrangères et des Finances, entre autres, dans le gouvernement de Peña Nieto.

Souffrant d’un certain manque de charisme, Meade doit défendre le bilan de son parti, qui n’a pas su enrayer la violence et la corruption au cours du dernier sexennat. La pauvreté a augmenté, tandis que les revenus des plus riches ont bondi.

La lutte contre le narcotrafic menée par le gouvernement a par ailleurs fait exploser le nombre de morts au pays, faisant de 2017 l’année la plus meurtrière en 20 ans au Mexique.

Une femme est également sur les rangs dans le cadre de cette élection. L’épouse de l’ex-président Felipe Calderón, Margarita Zavala, se présente comme indépendante. Les sondages lui octroient moins de 10 % des voix.

Dans les différents coups de sonde, López Obrador obtient un peu plus de 40 % des intentions de vote. Anaya et Meade évolueraient entre 20 % et 30 % chacun.

Margarita ZavalaMargarita Zavala, candidate indépendante à l'élection présidentielle mexicaine, lors d'un rassemblement pour lancer sa campagne, appuyée par son mari, l'ex-président Felipe Calderón. Photo : Reuters / Ginnette Riquelme

Une lourde tâche attend celui qui l'emportera

Le prochain président héritera d’une économie au ralenti et devra s’attaquer aux problèmes qui gangrènent le développement du pays, à savoir la corruption et le trafic de drogue.

Il devra aussi négocier habilement avec son voisin américain, le président Donald Trump ayant toujours comme projet de construire un mur le long de la frontière entre les deux pays.

Les difficiles négociations sur le renouvellement de l’Accord de libre-échange américain (ALENA) seront peut-être finalisées d’ici le jour du vote. Si elles ne le sont pas, le candidat López Obrador a promis de tout recommencer à zéro.

En plus d'élire leur président, les Mexicains devront voter pour renouveler le Sénat, avec ses 128 membres, et sa Chambre des députés, qui compte 500 élus.

Avec les informations de Agence France-Presse

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