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L’armée israélienne tue 16 Palestiniens à la frontière de Gaza

Une Palestinienne blessée est emportée par un groupe d'hommes à travers la foule.
Une Palestinienne blessée est évacuée lors d'affrontements avec l'armée israélienne à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Photo: Reuters / Ibraheem Abu Mustafa
Radio-Canada

Au moins 16 Palestiniens ont été tués et 1400 autres blessés par des tirs de l'armée israélienne lors d'affrontements qui ont éclaté vendredi dans la bande de Gaza, près de la barrière qui marque la frontière avec Israël, alors que des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans le cadre d'une manifestation d'envergure.

Devant l'escalade de la violence, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gueterres, demande la tenue d’une enquête « indépendante et transparente ».

Il a appelé « les parties concernées » à « s’abstenir de toute action qui pourrait déboucher sur de nouvelles victimes, et en particulier des mesures qui pourraient mettre en danger la vie des civils », a fait savoir son porte-parole dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence à la demande du Koweït pour faire le point sur la situation. Si les membres ont exprimé leurs inquiétudes, ils n’ont pas su s’entendre sur une déclaration commune.

Le numéro deux du département des Affaires politiques de l’ONU, Tayé-Brook Zerihoun, a déclaré que la situation à Gaza « pourrait se détériorer dans les prochains jours » et a appelé à la retenue maximale.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rendu Israël responsable de ces violences et déclaré samedi jour de deuil national.

La Turquie a également dénoncé un « usage disproportionné » de la force par Israël. La Ligue arabe a de son côté condamné une riposte « sauvage » de la part d'Israël.

Selon M. Zerihoun, « Israël doit assumer ses responsabilités dans le cadre des droits humains et du droit humanitaire international ».

Frappes israéliennes

Un fermier a d'abord été tué par un tir de char israélien durant la nuit. « Deux suspects se sont approchés de la clôture de sécurité, se comportant de manière suspecte, et le char a tiré dans leur direction », a confirmé un porte-parole de l'armée israélienne.

L'événement s'est produit près de la ville de Khan Younes, a dit le ministère palestinien de la Santé, précisant que l'homme tué s'appelait Omar Samour, qu'il avait 27ans et qu'il ramassait des agrumes pour les vendre au marché.

Les 15 autres personnes, dont un jeune homme de 16 ans, ont été tuées dans différents secteurs par des tirs de soldats et de chars.

L'armée israélienne a également frappé trois positions du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, affirmant agir en représailles à une tentative d'attaque de ses soldats. L'armée a affirmé avoir effectué des frappes aériennes et des tirs d'artillerie.

Officiellement, ces six semaines de protestations sont organisées par la société civile. Elles sont également soutenues par le Hamas.

La grande marche du retour

Une foule parsemée sur laquelle on lance des gaz Photo : Reuters / Amir Cohen

Les manifestants convergent en plusieurs points de rassemblement le long de la barrière qui clôt la frontière de Gaza avec Israël à l'occasion d'un mouvement de protestation baptisé « la grande marche du retour » et qui doit durer six semaines, pour exiger le « droit au retour » des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Gaza par Israël.

Le porte-parole de l'armée israélienne a confirmé que des milliers de Palestiniens participaient à des rassemblements à « six endroits » dans la bande de Gaza, où des villages de tentes ont été montés dans cinq emplacements. Toutes les tentes sont situées à au moins 700 mètres de la clôture et doivent accueillir les Gazaouis pour des concerts, des danses et des discussions politiques.

« Ils font rouler des pneus enflammés et lancent des pierres et des bombes incendiaires vers la barrière de sécurité, et les troupes israéliennes recourent à des moyens antiémeutes et tirent en direction des principaux meneurs », a déclaré le porte-parole.

Le premier jour du mouvement coïncide avec la « Journée de la terre », un hommage annuel rendu à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël. Il devrait prendre fin le 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la Nakba, ou catastrophe, marquant le déplacement de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création de l'État d'Israël en 1948.

L'armée israélienne prête à toute éventualité

Des manifestants palestiniens lèvent les bras en l'air, alors que de la fumée les entoure.Des Palestiniens manifestent dans la bande de Gaza, le long de la barrière qui marque la frontière avec Israël. Photo : Reuters / Ibraheem Abu Mustafa

L'armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza et toute activité dans ce secteur nécessite son autorisation.

Pour tenir les manifestants à distance, les Israéliens ont notamment largué des grenades lacrymogènes depuis un drone. Ces tirs ont fait plusieurs blessés, les grenades étant tombées d'une hauteur de 10 à 20 mètres.

Les dirigeants militaires et politiques israéliens ont aussi prévenu que l'armée déploierait une centaine de tireurs d'élite tout au long de la barrière frontalière, et que ceux-ci n'hésiteraient pas à tirer en cas de tentative d'infiltration de Gazaouis en territoire israélien.

L'armée israélienne, a affirmé cette semaine le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, prendra toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à l'éventuel usage de la violence.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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