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Recyclage : les nouvelles normes chinoises font mal aux villes canadiennes

Des ballots de matériaux recyclables stockés à l'extérieur.
Dans Colchester County, des ballots de matériaux recyclables attendent de trouver preneur. Photo: Radio-Canada / Steve Lawrence
Radio-Canada

Puisque de nouvelles normes adoptées par la Chine restreignent sévèrement, voire interdisent carrément, l'importation des déchets étrangers, de nombreuses villes canadiennes tentent de trouver de nouvelles destinations pour y expédier leurs produits recyclables.

« C'est un problème important, mais nous recherchons activement des solutions », a affirmé Wayne Wamboldt, responsable de la gestion des déchets solides pour Colchester County, en Nouvelle-Écosse.

Les installations de recyclage de la région, sises dans la ville de Kemptown, recueillent plus de 10 000 tonnes de matériaux par année et en expédient 40 % en Chine. Du moins, c'était le cas auparavant.

Les plus récentes données de Statistique Canada indiquent qu'en 2013 et 2014, les Canadiens ont évité d'envoyer plus de neuf millions de tonnes de matériaux dans des décharges, bien que cela ne comprenne pas tout ce qui a été recyclé par les Canadiens, comme dans le cadre de programmes de consigne.

La moitié des biens recyclables de la planète ont été envoyés en Chine, mais cela a profondément changé lorsque Pékin a décidé de largement réduire l'arrivée de déchets en provenance de l'étranger, l'an passé.

Si l'interdiction n'est pas entrée pleinement en vigueur avant le 31 décembre dernier, bon nombre d'entreprises chinoises avaient cessé d'accepter des matériaux recyclables étrangers depuis déjà plusieurs mois. Des villes canadiennes se sont ainsi retrouvées à devoir entasser des ballots de carton et de plastique, sans pouvoir les expédier où que ce soit.

Selon David Biderman, directeur général de la Solid Waste Association of North America, la Chine, le plus grand centre manufacturier de la planète, possède une classe moyenne qui produit elle-même des matériaux recyclables, et ce, en plus grande quantité qu'il y a 10 ans, ce qui signifie que le pays n'a plus autant besoin de se tourner vers les importations.

La Chine recevait également quantité de matériaux de mauvaise qualité.

« Pékin veut cesser d'être le dépotoir de la planète », a précisé M. Biderman dans une entrevue accordée à CBC.

Des déchets stockés dans un centre de tri.D'un bout à l'autre du pays, les villes doivent trouver de nouveaux débouchés pour leurs déchets et leurs produits recyclables. Photo : Radio-Canada / Steve Lawrence

Plastiques problématiques

Cette année, certains matériaux provenant d'Amérique du Nord ont commencé à être expédiés ailleurs, principalement vers des marchés émergents en Asie, mais à des prix plus bas, ce qui entraîne une baisse de revenus pour des villes canadiennes.

L'un des problèmes restants est celui des pellicules de plastique, comme celles qui permettent de fabriquer des sacs d'épicerie, de pain et d'autres sacs d'emballage.

Dans Colchester County, on expédiait 100 % de ces pellicules en Chine, soit environ 600 tonnes par année. On compte maintenant des stocks de 450 tonnes, sous la forme de centaines de ballots qui s'accumulent.

Certaines personnes craignent que le matériau se dégrade à un point tel qu'il ne puisse plus être recyclé. Si cela se produit, a mentionné M. Wamboldt, la seule solution sera d'enfouir le tout dans une décharge.

Chercher des solutions

À Halifax, le conseiller municipal Tony Mancini propose d'imposer l'interdiction des sacs en plastique.

« Montréal l'a fait récemment. Victoria l'a fait. Boston vient de le faire. Il y a des pays en entier, comme le Costa Rica, qui envisagent d'agir de la sorte », a-t-il souligné.

Alors qu'on doit trouver des solutions pour répondre à ces défis, le modèle de la Colombie-Britannique suscite davantage d'intérêt.

À l'image de ce qui se fait déjà en Europe, la Colombie-Britannique a lancé en 2014 un programme en vertu duquel les plastiques sont traités dans la province, et la facture est refilée aux producteurs.

« Les détaillants, les manufacturiers, les entreprises de restauration rapide et les autres doivent réellement payer pour les emballages qu'ils envoient dans le système, alors ils paient des frais à Recycle BC, et nous utilisons ces sommes pour faire fonctionner le système à l'échelle de la province », explique Allen Langdon, qui est à la tête de l'organisme.

Avec les informations de Kayla Hounsell

Avec les informations de CBC

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