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Facebook veut aider à protéger l'intégrité des élections

Des silhouettes d'utilisateurs de téléphones intelligents devant le logo de Facebook.
Facebook a annoncé une série de mesures pour assurer l'intégrité des processus électoraux de par le monde. Photo: Reuters / Dado Ruvic

Que ce soit en raison de l'ingérence étrangère lors de la présidentielle américaine de 2016 ou de l'utilisation non autorisée des données personnelles de millions d'utilisateurs pour mieux cibler des publicités, le réseau social Facebook est durement malmené en raison de normes de sécurité jugées insuffisantes pour assurer l'intégrité des processus électoraux. L'entreprise a présenté jeudi un plan en quatre points pour redorer son blason.

Un texte d'Hugo Prévost

Le plus important réseau social de la planète veut définitivement se débarrasser des divers scandales qui entachent sa réputation.

Au cours d'une rencontre avec des représentants des médias, jeudi, des responsables de l'entreprise ont dévoilé une série d'outils et d'initiatives visant à mieux protéger le processus électoral, y compris en vue des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui auront lieu en novembre.

Pour y parvenir, Facebook s'engage à agir de quatre façons :

  • Combattre les influences étrangères;
  • Retirer les faux comptes;
  • Améliorer la transparence des publicités électorales;
  • Réduire la portée des fausses nouvelles.

« Maintenant, tout le monde connaît les faits : lors des élections américaines de 2016, des entités étrangères ont tenté de saper l'intégrité du processus électoral », a ainsi rappelé Guy Rosen, vice-président de la gestion de produits responsable des questions de sécurité chez Facebook.

Personne ne peut revenir en arrière, mais nous sommes tous responsables de nous assurer que le même genre d'attaques contre notre démocratie ne se reproduise pas. Et nous prenons notre rôle à ce sujet très, très au sérieux.

Guy Rosen, vice-président de la gestion de produits chez Facebook

Si cette approche a en effet été mise sur pied pour réagir plus directement aux problèmes survenus sur la plateforme numérique lors de l'élection qui a opposé Hillary Clinton à Donald Trump pour déterminer l'occupant de la Maison-Blanche, Facebook a par ailleurs assuré que la nouvelle approche serait ultimement déployée à la grandeur de la planète.

Le problème des fausses nouvelles

Parce que des entreprises ou des individus diffusant volontairement des informations erronées aux internautes partagent sans le savoir des « faits » inventés de toutes pièces, la question des fausses nouvelles préoccupe de nombreux employés du réseau social, a assuré Alex Stamos, chef de la sécurité chez Facebook.

Selon ce qu'annonçait il y a deux semaines le New York Times, ce serait justement la question de la lutte contre les fausses informations, et des différends à ce sujet entre Facebook et M. Stamos, qui auraient provoqué le départ de ce dernier.

Au dire du quotidien new-yorkais, M. Stamos doit donc quitter son poste d'ici le mois d'août.

Qu'à cela ne tienne, M. Stamos a assuré jeudi à la presse que les efforts de Facebook contre les fausses nouvelles allaient s'intensifier, et plus particulièrement les démarches pour contrer les groupes professionnels disséminant des mensonges à des fins pécuniaires.

« Lorsque nous combattons des acteurs motivés par l'appât du gain, notre objectif est d'accroître le coût de leurs activités, tout en minimisant leur rentabilité », a expliqué M. Stamos.

Outre la dissémination des fausses nouvelles en soi, on vise également à vérifier les contenus partagés par les internautes pour en établir la véracité.

Si Facebook prévoit ainsi avertir ses abonnés qui partageraient de faux contenus, l'entreprise s'est associée à l'agence Associated Press en vue des élections de mi-mandat, aux États-Unis.

Les photos et vidéos publiées en France seront quant à elles vérifiées par l'Agence France-Presse, dans le cadre d'un projet pilote qui sera prochainement étendu à d'autres pays, assure-t-on.

L'intelligence artificielle à la rescousse

Parallèlement à la lutte contre les fausses nouvelles, Facebook a également musclé ses démarches contre les faux comptes. « Des millions d'entre eux seraient bloqués chaque jour, avant qu'ils ne puissent faire du mal », a ainsi assuré Samidh Chakrabarti, gestionnaire de produits au sein de l'entreprise.

Pour y parvenir, l'entreprise s'appuie sur l'apprentissage machine, et donc sur des algorithmes apprenant à reconnaître ces faux comptes sans avoir besoin d'examiner leur contenu.

En appliquant ces méthodes à l'élection spéciale tenue en Arizona pour remplacer le procureur général des États-Unis, Jeff Sessions, au Sénat, Facebook dit avoir mis la main au collet d'un polluposteur de Macédoine dont l'existence n'était auparavant pas connue.

M. Chakrabarti a par ailleurs rappelé que l'entreprise entendait faire passer de 10 000 à 20 000 le nombre d'employés de la division de la sécurité.

Transparence électorale

Enfin, pour assurer la transparence du processus d'achat publicitaire sur sa plateforme pendant et entre les périodes électorales, Facebook mettra en place une série de mesures visant à établir la véritable identité des publicitaires.

Pour les achats effectués aux États-Unis, par exemple, il sera nécessaire de s'identifier officiellement, et d'offrir quantité d'informations sur l'entité ayant passé la commande publicitaire, à l'image des publicités diffusées dans les médias traditionnels.

Cet été, Facebook prévoit également la mise en ligne d'archives publiques où toutes les publicités à connotation politique pourront être consultées, y compris l'argent dépensé, l'identité de l'acheteur, la portée et les caractéristiques des internautes ciblés.

Toutes ces informations seront ensuite accessibles pendant une durée de quatre ans, et le programme doit ultimement être étendu des États-Unis à d'autres nations.

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