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La Ville de Montréal rapatrie la gestion du Technoparc

Vue aérienne du Technoparc de Montréal.
Vue aérienne du Technoparc de Montréal Photo: Cour (Technoparc Montréal)
Radio-Canada

La mairesse Valérie Plante a annoncé jeudi après-midi que la municipalité ne financera plus l'organisme Technoparc Montréal et qu'elle en reprendra les responsabilités, le contrôleur général de la Ville ayant soulevé des inquiétudes sur sa gestion.

Technoparc Montréal est un organisme sans but lucratif (OSBL) responsable depuis sa création en 2008 du développement du parc d'entreprises de haute technologie dans l'arrondissement de Saint-Laurent – le Technoparc –, qui existe quant à lui depuis 1987.

Le parc industriel voisin de l'aéroport international Trudeau accueille une centaine d'entreprises et environ 7000 employés.

En moyenne, 93 % des revenus annuels de Technoparc Montréal viennent de la Ville. L'organisme devait accroître son financement autonome, mais n'y est jamais parvenu, selon un rapport déposé en janvier dernier par le contrôleur général.

Ce dernier signalait aussi que les activités de gestion immobilière de Technoparc Montréal sont partiellement confiées en sous-traitance à une firme externe, selon un modèle d'affaires mal défini. Celui-ci fait porter les risques inhérents à Technoparc Montréal, et donc à la Ville, tout en laissant beaucoup de contrôle à la firme externe.

Technoparc Montréal refuse en outre de reconnaître l'augmentation de la valeur des terrains consécutive à l'aménagement du Réseau express métropolitain (REM). Le contrôleur général considérait comme « questionnable » le fait que des terrains soient vendus à des prix établis en 1995 en n'incorporant pas la valeur ajoutée liée au REM.

Qui plus est, son audit mentionnait la rémunération élevée des dirigeants de l'OSBL, de même que certaines dépenses jugées « discutables ».

Une autonomie supprimée

Mme Plante a donc annoncé jeudi que l'entente entre les deux parties, qui sera échue le 31 décembre 2018, ne sera pas renouvelée.

Pour justifier sa décision, elle a notamment évoqué des transactions immobilières effectuées « sans obligation de construire ». « On sait que ça va à l'encontre des meilleures pratiques, a-t-elle soutenu. En principe, il faut vendre, mais il faut que l'on construise dessus. »

Il n'est pas question de jeter le bébé avec l'eau du bain, assure la mairesse. La gestion du Technoparc sera rapatriée au Service du développement économique de la ville-centre, et l'administration Plante continuera d'y favoriser l’établissement d’entreprises de haute technologie.

En attendant, la Ville respectera son engagement de verser 2,6 millions de dollars à Technoparc Montréal cette année.

L’opposition à l'Hôtel de Ville soutient de son côté que le Technoparc va très bien, tout en convenant qu’il y a des points à améliorer.

Il n’était pas nécessaire de faire table rase, estime Ensemble Montréal, qui accuse l'administration Plante de donner dans l'« improvisation » et de ne pas avoir rendu public le rapport du contrôleur général.

« Elle n'a pas donné le rapport, elle vous a invité à faire une demande d'accès à l'information! C'est ça, la nouvelle transparence de Projet Montréal. C'est inacceptable », a jugé son chef par intérim, Lionel Perez.

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