•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le cannabis 101 enseigné à l’université

Fleurs de cannabis

Au Canada, les fleurs de cannabis sont de plus en plus populaires.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Radio-Canada

Avec la légalisation prochaine du cannabis à usage récréatif, les programmes de formation spécialisés dans la culture de cette plante se multiplient, même à l'université. Car les producteurs de cannabis devront augmenter leur récolte pour satisfaire à la demande.

Un texte de Chantal Srivastava, de Les années lumière

Dès le mois de mai, l’Université McGill tiendra deux ateliers à l’intention des professionnels de l’industrie et des étudiants intéressés par la culture industrielle du cannabis et les usages médicinaux de la plante.

Au programme : la production de cannabis en serre et l’extraction de ses composés dans un but thérapeutique. Et ce n’est qu’un début, car l'établissement a annoncé un nouveau programme de formation de niveau universitaire pour l’année 2019.

À l’heure actuelle, c’est surtout à l’interne que les producteurs développent leur expertise. Bien souvent sous le sceau du secret, concurrence oblige.

Titulaire d’une maîtrise en physiologie des plantes, Françoise Lévesque n’a apprivoisé que tout récemment la culture du cannabis.

« Si on m’avait dit un jour que je ferais pousser du cannabis, je ne l’aurais jamais cru! s’exclame-t-elle. J’ai fait de l’if, plus d’une vingtaine de sortes de conifères, des concombres, des tomates en serre, et là je fais du cannabis. »

Françoise Lévesque.

L’agronome Françoise Lévesque est maître horticultrice chez Tilray, un producteur de cannabis basé à Nanaimo, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Après avoir œuvré durant plus de deux décennies en horticulture, la Québécoise a rejoint Tilray il y aura bientôt trois ans pour y développer le programme d’horticulture.

Le défi, c’est qu’il y a très peu de littérature sur le sujet, parce que c’est difficile de faire de la recherche scientifique sur une substance qui est contrôlée. Il faut donc tout découvrir nous-mêmes.

Françoise Lévesque, maître horticultrice à Tilray

Ces jours-ci, Françoise Lévesque supervise l’installation de nouvelles serres en Ontario et au Portugal. Un défi de taille, car il faut s’assurer d’augmenter le rendement tout en minimisant, d’une récolte à l’autre, les variations dans la teneur en composés actifs.

« En général, la variation est en deçà de 2 %, précise-t-elle. C’est normal que ça varie un peu. C’est une vraie plante, pas une plante en plastique! »

Pour écouter le reportage de Chantal Srivastava, rendez-vous sur la page de l'émission Les années lumière.

Indica ou sativa? Attention à l’étiquetage!

Le contrôle de qualité est une étape essentielle dans la production de cannabis. Tous les producteurs sont tenus d’analyser leur cannabis pour détecter d’éventuels contaminants. Certains envoient aussi des échantillons à des laboratoires indépendants.

Au pays, une trentaine de laboratoires sont homologués par Santé Canada pour faire des analyses sur le cannabis, une substance contrôlée.

Jonathan Page devant des plants de cannabis.

Le botaniste Jonathan Page a fondé la compagnie AnandiaLabs, un laboratoire homologué pour l’analyse du cannabis.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Située sur le campus de l’Université de Colombie-Britannique à Vancouver, Anandia Labs a été fondée en 2014 par Jonathan Page, un spécialiste des plantes médicinales. Avec ses collègues, il a publié, il y a quelques années, le génome du Cannabis sativa dans la revue Genome Biology.

Des analyses génétiques ont par la suite permis à Jonathan Page de faire un constat surprenant. Souvent, les producteurs se trompent lorsqu’ils associent leur produit à une variété de cannabis.

Lorsque les producteurs étiquettent leur produit comme étant indica, sativa ou hybride, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre.

Jonathan Page, Anandia Labs

Il s’agit d’un détail important, car cette classification permet aux usagers de cannabis à des fins thérapeutiques de choisir un produit selon l’effet recherché.

La variété indica est réputée pour sa teneur élevée en CBD, le cannabidiol, un composé associé à la détente et au sommeil, tandis que la sativa est surtout prisée pour sa haute teneur en THC, le tétrahydrocannabinol, le principal ingrédient psychoactif du cannabis.

Drogues et stupéfiants

Science