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Langues officielles : pour La Liberté, le plan d'action ne résout pas la crise de la presse

Marc Marion, président de Presse-Ouest ltée, à l'assemblée générale annuelle de la SFM.
Marc Marion, président de Presse-Ouest ltée Photo: Radio-Canada / Justin Fraser

Si les mesures du Plan d'action pour les langues officielles 2018-2023 ont été accueillies avec enthousiasme au Manitoba, certaines voix se font entendre pour en dénoncer les lacunes. C'est le cas de Marc Marion, président du conseil d'administration de Presse-Ouest ltée, société éditrice de La Liberté.

Face à une crise durable partout au pays, les médias communautaires en situation minoritaire attendaient beaucoup de l’aide annoncée par le gouvernement fédéral dans le Plan d’action. Le détail des 14,5 millions de dollars promis à ce secteur a déçu Marc Marion, président du conseil d’administration de la société éditrice de l’hebdomadaire francophone du Manitoba, La Liberté.

Selon lui, le fonds d’appui stratégique doté de 10 millions de dollars n’est pas une solution. « Nous n’avons pas besoin de projets satellites, nous avons besoin de fonds opérationnels pour les salles de nouvelles, pour payer les salaires des journalistes et créer du contenu. De nouveaux projets, ça veut dire embaucher du personnel pour créer des projets, les mettre en oeuvre… Et pendant ce temps-là, le journal doit continuer à être produit, il faut continuer à écrire des articles. »

Autre critique, pour Marc Marion, le flou entourant la répartition des fonds. « Répartis sur cinq ans, ce n’est pas énorme, surtout si on considère que la tarte va être répartie entre plein d’autres journaux. Et on ne sait pas encore lesquels vont accéder à ces fonds : est-ce seulement ceux qui sont sans but lucratif, ou est-ce que ça va inclure les journaux comme La Liberté, qui est à but lucratif, même si en pratique, il n’y a pas toujours des profits au bout du compte, voire certaines années, des pertes? », dit-il.

« Ce n’est pas des stagiaires qu’on recherche »

Le Plan d’action prévoit aussi 4,5 millions de dollars pour la formation des futurs professionnels, dans le cadre du programme Jeunesse Canada au travail. « Encore une fois, reprend Marc Marion, ce n’est pas des stagiaires qu’on recherche. Il y a déjà des difficultés à recruter, particulièrement au Manitoba, des journalistes francophones qui peuvent écrire et parler en français à un niveau professionnel. Alors, payer les salaires des stagiaires, ça aide, sauf que ça demande du personnel qui passe son temps à faire de la formation, donc, qui passe moins de temps à produire un contenu pour le journal. »

La Liberté, qui compte actuellement sur des activités commerciales annexes pour financer sa salle de nouvelles, maintient que la solution passe par des crédits d’impôt. « Le système de crédits d’impôt fait en sorte qu’une bonne partie de la masse salariale est payée sous forme de paiements indirects, explique le président du C.A. Et une autre solution serait de demander au gouvernement fédéral, au lieu de passer des publicités sur des plateformes américaines comme Facebook et Google, d’investir au Canada et de passer les publicités dans les journaux locaux, comme cela se faisait par le passé. Des journaux qui, d’ailleurs, sont maintenant en ligne aussi. Voilà ce qui nous aiderait. »

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