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Nicolas Sarkozy sera jugé pour corruption et trafic d'influence

Nicolas Sarkozy debout derrière un pupitre et des micros, les avant-bras levés.

Nicolas Sarkozy

Photo : La Presse canadienne / AP / Michel Spingler

Radio-Canada

L'ancien président français Nicolas Sarkozy devra subir un procès pour corruption et trafic d'influence.

L’ancien président français Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l'ex-magistrat Gilbert Azibert ont été renvoyés devant la justice dans une affaire de corruption active et trafic d'influence révélée par des écoutes téléphoniques, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources proches du dossier.

Selon une de ces sources, qui confirmait une information du quotidien Le Monde, tous trois sont renvoyés pour « corruption active » et « trafic d'influence ». MM. Herzog et Azibert le sont également pour « violation du secret professionnel ». L'ordonnance a été signée par les juges d'instruction le 26 mars.

Dans cette affaire, il est reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir tenté d'obtenir en 2014, par l'intermédiaire de son avocat, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert, alors haut magistrat à la Cour de cassation, dans une procédure où il demandait la restitution de ses agendas, saisis dans une affaire d'abus de faiblesse présumé à l'égard de la milliardaire Liliane Bettencourt, qui s'était soldée par un non-lieu.

À l'origine de l'affaire, des écoutes téléphoniques de l'ancien président avaient été diligentées dans une autre enquête, celle sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007, qui lui a valu d'être inculpé la semaine dernière.

Les enquêteurs s'étaient aperçus à cette occasion que l'ex-chef de l'État et son avocat communiquaient par des numéros de téléphones portables acquis sous une fausse identité, notamment celle d'un certain Paul Bismuth pour M. Sarkozy.

Dans cette affaire, l'ancien président avait demandé, en vain, la récusation d'une des deux juges d'instruction, Claire Thépaut, en invoquant son appartenance au Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, ainsi que l'annulation des écoutes, principaux éléments à charge dans ce dossier. Ces dernières avaient été validées en mars 2016 par la Cour de cassation après une âpre bataille judiciaire.

Nicolas Sarkozy a déjà été renvoyé début 2017 devant le tribunal pour le financement illégal de sa campagne électorale de 2012, avec treize autres protagonistes. La date de leur procès n'a pas encore été fixée : des recours contre l'ordonnance de renvoi, signée par un seul des deux juges d'instruction, doivent être examinés prochainement devant la chambre de l'instruction.

Décision contestée par Sarkozy

L'ex-président français a fait savoir jeudi par ses avocats Pierre Haik et Jacqueline Laffont qu'il contestait son renvoi en justice pour l'affaire dite des écoutes électroniques.

Aussitôt l'information connue, ses avocats ont déclaré dans un communiqué qu'il ferait « valoir ses droits » en saisissant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris.

Selon ses avocats, Nicolas Sarkozy a eu connaissance pratiquement en même temps de son renvoi en correctionnelle et de sa convocation le 25 juin par la chambre de l'instruction pour examiner sa requête en nullité.

« Est-ce parce que Nicolas Sarkozy est partie à la procédure qu’une telle incongruité judiciaire est possible? Est-ce parce que les deux magistrats anticipent un rejet du recours avant même que la chambre d’instruction ait statué? » demandent-ils.




Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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