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Les infrastructures du Québec manquent « d’amour »

Un signaleur routier près d'un site de travaux Photo: Radio-Canada / William Bastille Denis
Radio-Canada

Écoles, routes, hôpitaux, les infrastructures du Québec sont dans un état qui laisse à désirer, apprend-on après l'analyse approfondie du récent budget Leitao.

Un texte de Xavier Savard-Fournier

Le Plan québécois des infrastructures (PQI), publié mardi, indique notamment qu'environ la moitié des écoles primaires et secondaires seraient dans un mauvais état.

« On a doublé de 1,5 à 3,5 milliards les déficits, c’est inacceptable », déplore la porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation primaire et secondaire, Carole Poirier. « On est désespéré de voir que l’état de nos écoles se détériore encore. »

Elle demande au gouvernement d’agir, principalement pour ce qui touche les questions de santé dans les écoles. Elle craint que la détérioration des infrastructures scolaires amplifie les problèmes reliés à la moisissure, par exemple.

Il faut un bilan de santé publique pour que nos enfants ne soient pas dans des établissements où la moisissure est présente.

Carole Poirier, porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation primaire et secondaire

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a reconnu que le Québec avait un « parc immobilier scolaire en difficulté », que des écoles « manquaient d’amour » et qu’il fallait renverser la tendance.

Mais il rappelle les investissements prévus dans le budget par le gouvernement.

De plus, il considère que les chiffres du présent PQI sont dus à un nouveau plan d’évaluation qui permet une meilleure connaissance des besoins et que le déficit de maintien d’actif est mal compris.

Ce n’est pas parce que le toit est dû qu’il coule. Certains éléments sont à la fin de leur vie utile, ça ne veut pas dire qu’il faut les changer [immédiatement].

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx

Québec solidaire, par la voix de son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, espère que la responsabilité des réparations ne retombera pas sur le dos des parents.

« Réparer nos écoles, ce n’est pas la job des parents. C’est la job du gouvernement, c’est la job de l’État québécois », dit-il.

Scénario semblable pour le réseau routier

Pour le réseau routier du Québec, c’est un peu le même scénario. Selon les chiffres du PQI, le déficit du maintien des actifs routiers atteint près de 15 milliards de dollars par rapport à l'an dernier.

« Ce n’est une surprise pour personne, il y a lieu d’avoir un meilleur entretien des routes du Québec, avoue le ministre des Transports, André Fortin. Ce n’est pas un problème de sécurité, les routes sont sécuritaires et inspectées de façon régulière par le ministère. »

De son côté, Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie et ancienne présidente de l'Union des municipalités du Québec, n'est pas du tout surprise des chiffres présentés. Selon elle, le gouvernement a passé des décennies sans investir dans le réseau routier, notamment au niveau municipal.

« Il faut faire ce virage », affirme-t-elle. Elle estime qu'à chaque fois que les travaux d'entretien d'une infrasctructure qui en a besoin sont reportés d'un an ou deux, cela coûte plus cher au moment où de réaliser ces travaux.

Le ministre des Transports rappelle cependant, tout comme son collègue à l'Éducation, que le PQI prévoit des investissements de 100 milliards de dollars dans les infrastructures du Québec d'ici 2028, dont un peu plus de 20 milliards dans le réseau routier.

C’est sur cette répartition des dépenses que le porte-parole du Parti québécois en matière de transports, Martin Ouellet, attaque le gouvernement.

Ce qu’on comprend, c’est que le modèle libéral de coupures, investissements, coupures, investissements ne tient pas la route.

Martin Ouellet, porte-parole du Parti québécois en matière de transports

« L’argent n’est pas à la bonne place. Si on continue à creuser ces déficits, on va juste rapiécer nos routes? » se demande-t-il.

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