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Votre garantie antirouille vous protège-t-elle vraiment?

Un homme relève la plateforme sur laquelle est posé le véhicule de la famille Laperle qui se fait remorquer jusqu'au garage.

Le Nissan Murano de la famille Laperle se faisant remorquer

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'oubli de l'inspection antirouille sur une automobile dans le cadre d'une garantie du concessionnaire aurait pu mettre en danger la vie de ses propriétaires, qui se sont tournés vers la Cour des petites créances pour obtenir un dédommagement.

Un texte d’Yvan Lamontagne, de La facture

En novembre 2015, Francis Laperle reçoit un appel de sa conjointe, prise de panique, qui lui dit qu’un remorqueur lui a demandé d’arrêter son Nissan Murano au bord de l’autoroute 20 puisque ses roues oscillaient lorsqu’elle roulait et qu’elle aurait pu les perdre.

Pourtant, un mois plus tôt, le concessionnaire Drummondville Nissan a gardé le Murano 2007 de sa conjointe pendant presque une semaine pour faire réparer des trous de corrosion à l’avant du véhicule par un carrossier sous-traitant. Il devait par la suite l’inspecter et effectuer des retouches antirouille.

Un mécanicien éclaire les dégâts causés par la rouille sous le véhicule de la famille Laperle au garage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les dégâts causés par la rouille sous le Nissan Murano de la famille Laperle

Photo : Radio-Canada

De plus, le véhicule a été acheté en 2009 avec une garantie antirouille d’une durée de 12 ans couvrant la perforation due à la rouille. Une inspection annuelle est requise pour qu’elle reste en vigueur. Francis Laperle affirme avoir respecté scrupuleusement les clauses de la garantie.

Après que le remorqueur eut sonné l’alarme, le VUS d’occasion a été inspecté par un mandataire de la SAAQ. Il a conclu que le véhicule ne pouvait plus circuler sur les routes parce que la rouille avait complètement rongé le berceau arrière qui retient la suspension.

Francis Laperle, assis dans sa cuisine, lors d'une entrevue avec le journalisteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Francis Laperle

Photo : Radio-Canada

Les Laperle se demandent pourquoi Drummondville Nissan n’a pas détecté cette anomalie un mois plus tôt.

Je ne peux pas croire qu’il n’y a pas quelqu’un qui a regardé, qu’il n’a pas vu ça en mettant le traitement antirouille. C’était flagrant.

Francis Laperle

Le reportage d'Yvan Lamontagne est diffusé à l'émission La facture, le 3 avril, à 19 h 30 sur ICI Télé.

Une garantie lucrative

Selon Marie-Annik Grégoire, professeure agrégée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, certains concessionnaires automobiles déploient beaucoup d’efforts pour vendre des garanties antirouille parce que le marché des garanties supplémentaires est très rentable.

« C’est un marché très lucratif. Mais lorsqu’il est temps de respecter le contrat, ils vont trouver des portes de sortie pour ne pas le respecter. Si ça leur coûte cher, ils perdent autant de profit », explique-t-elle.

La professeure Marie-Annik Grégoire, parlant face à la caméra lors d'une entrevue devant une fenêtre donnant sur un stationnement extérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marie-Annik Grégoire, professeure agrégée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal

Photo : Radio-Canada

Dans le cas du VUS des Laperle, La facture a voulu savoir pourquoi le concessionnaire n’a jamais changé la pièce arrière.

Drummondville Nissan a admis qu’il avait commis une erreur.

« Nous n’avons pas entré le véhicule dans l’atelier mécanique [en 2015] pour y faire l’inspection et les retouches d’antirouille, explique dans une correspondance le copropriétaire du concessionnaire, Dave Roy. C’est pourquoi nous n’avons pas pris connaissance que le berceau (ou traverse) arrière devait être remplacé. »

Pour sa part, Francis Laperle a réclamé l’annulation du contrat d’achat, ce qui a été refusé par le concessionnaire puisque le véhicule était réparable.

Drummondville Nissan était prêt à changer la pièce rongée par la rouille, mais, pour les Laperle, le lien de confiance était rompu et ils ont décidé d’entreposer le véhicule.

À la suite de notre demande d’entrevue, le concessionnaire et les Laperle ont conclu une entente en médiation devant la Division des petites créances.

Le concessionnaire a accepté de débourser 6000 $ en dédommagement. Mais selon les Laperle, c’est loin de couvrir tous les frais qu’ils ont dû débourser. Ils soutiennent que les dépenses engagées s'élèvent à environ 10 000 $

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