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Pensionnats autochtones : l'absence d'excuses du pape est une gifle, affirme un survivant

Un homme religieux porte une aube blanche.
Une lettre publiée mardi affirme que le pape François ne peut pas s'excuser personnellement pour les abus survenus dans les pensionnats. Photo: Reuters / Alessandro Bianchi

La décision du pape François de ne pas présenter d'excuses pour le rôle de l'Église catholique dans les abus commis dans les pensionnats autochtones équivaut à « une gifle au visage », selon un survivant. Elle a également provoqué l'indignation au Manitoba.

Une lettre publiée mardi par le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada indique que le pape François reconnaît les injustices subies par les peuples autochtones du monde entier, mais qu'il ne peut pas s'excuser personnellement pour les abus survenus dans les pensionnats autochtones du Canada.

Peter Yellowquill a été envoyé dans un pensionnat catholique à Brandon quand il était enfant. Il dit que le refus du pape de présenter des excuses porte un coup dur aux efforts de réconciliation au Canada.

« Je pense que, pour beaucoup de gens, le travail doit continuer, la réconciliation doit continuer. Ça ne peut pas s'arrêter, ça ne va pas s'arrêter », a-t-il expliqué sur les ondes de CBC.

M. Yellowquill, qui se définit comme chrétien, a également déclaré que la décision du pape est décevante pour les croyants dans les communautés autochtones.

Un homme s'adresse à une foule.Peter Yellowquill a fréquenté un pensionnat catholique à Brandon. Photo : Radio-Canada

« Pour moi, c'est une injure de plus. En tant que chrétien, je trouve ça extrêmement décevant. C'est vraiment une gifle pour ceux qui font l'effort de se réconcilier, de vraiment se réconcilier », a-t-il ajouté.

Les excuses de l'Église catholique font partie des 94 appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation.

Selon Richard Gagnon, l'archevêque de Winnipeg, la décision du pape François n'exclut pas une visite éventuelle au Canada, durant laquelle une des priorités serait une rencontre avec les peuples autochtones.

« Il faudrait alors considérer les peuples autochtones comme partie prenante, et non se contenter de lancer un appel à l'action », a-t-il déclaré dans une entrevue à CBC.

L'archevêque de Winnipeg a ajouté que le pape était au courant des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation et qu'il avait exprimé sa tristesse pour les injustices subies par les peuples autochtones du monde entier. Il a également souligné que le pape Benoît XVI avait dit qu'il avait de la peine en raison du traitement des peuples autochtones du Canada lors d'une rencontre avec l'ancien chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine.

Murray Sinclair était à la tête de la Commission de vérité et réconciliation du Canada de 2009 à 2015.L'ex-juge Murray Sinclair était à la tête de la Commission de vérité et réconciliation du Canada de 2009 à 2015. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le sénateur Murray Sinclair, qui dirigeait la Commission de vérité et réconciliation, estime que l'expression de la tristesse n'était pas suffisante.

C'est comme si le conducteur d'une voiture disait : "Je suis désolé que vous ayez été blessé quand je vous ai écrasé, mais je ne suis pas responsable du fait que la voiture vous a écrasé."

Murray Sinclair, sénateur et ancien directeur de la Commission de vérité et réconciliation

« Je crois aussi qu'il y a au sein de la direction de l'Église le sentiment que les survivants des pensionnats ne disent pas la vérité », estime Murray Sinclair. « De nombreux survivants ont dit qu'ils avaient besoin d'excuses pour guérir, et le refus de s'excuser menace d'élargir les schismes au sein des communautés autochtones entre les chrétiens et les non-chrétiens. »

« Environ 72 % des pensionnats mentionnés dans la Convention de règlement relatif aux pensionnats autochtones étaient des écoles catholiques », a précisé M. Sinclair.

L'Église anglicane s'est excusée, l'Église unie a présenté des excuses, les presbytériens ont présenté des excuses, mais nous n'avons rien entendu de la sorte de la part des catholiques.

Murray Sinclair, sénateur et ancien directeur de la Commission de vérité et réconciliation
Dans sa cuisine, Robert-Falcon OuelletteRobert-Falcon Ouellette, député libéral de Winnipeg-Centre Photo : Radio-Canada

Le député libéral Robert-Falcon Ouellette, qui est à la fois Cri et Métis, estime que l'Église finira par s'excuser. Selon lui, ce jour pourrait venir durant une future visite papale au Canada.

« Si un homme pouvait simplement claquer des doigts, les choses auraient été faites il y a longtemps, mais, malheureusement, cela ne se produit pas dans les grandes institutions », dit le député de Winnipeg-Centre, qui fréquente une église catholique.

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