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La lettre d’Alexandre Bissonnette exprime « un désespoir profond », selon une pédopsychiatre

Les discours extrêmes qui véhiculent de la haine et du désespoir dans notre société « trouvent un écho chez des jeunes vulnérables».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alexandre Bissonnette a exprimé des regrets dans une lettre lue mercredi après avoir plaidé coupable à six meurtres prémédités commis à la grande mosquée de Québec. En entrevue à 24/60, sur ICI RDI, la pédopsychiatre Cécile Rousseau y voit le « désespoir profond » d'un jeune homme fragile emporté par le discours de la haine.

Cécile Rousseau explique qu’Alexandre Bissonnette parle dans cette lettre « de son désespoir », « de sa tristesse et de son impression que tout a basculé ».

Selon la pédopsychiatre, « on a tendance à penser la dépression comme indépendante de la colère; or souvent les deux sont liées ».

Quand on est suicidaire, on peut aussi avoir envie de tuer les autres.

Cécile Rousseau, pédopsychiatre

Les discours extrêmes, qui véhiculent de la haine et du désespoir dans notre société, « trouvent un écho chez des jeunes vulnérables, qui eux-mêmes très malheureux » vont donner un sens à leur détresse « et trouver souvent une façon de se faire tuer ».

Pouvait-on éviter ce désespoir?

« Au niveau clinique, nous voyons beaucoup de jeunes comme ça, au Québec. Il est important de pouvoir dire qu’on peut prévenir et intervenir », dit la spécialiste qui traite des sujets de la radicalisation.

« On peut apporter de l’aide à ces jeunes-là », insiste Mme Rousseau. Les réseaux, les écoles, les forces de sécurité et les familles doivent être mis à contribution.

« S’ils ont confiance qu’il y a de l’aide, ils peuvent aller en chercher », ajoute la pédopsychiatre.

« Il ne s’agit pas de traiter ces jeunes-là comme des radicalisés ou des terroristes, mais comme des jeunes qui ne vont pas bien, qui sont attirés par ces discours extrêmes. »

Les professionnels de la santé, les intervenants dans le domaine de l’éducation doivent être sensibles aux effets que le contexte actuel de radicalisation xénophobe a sur nos jeunes, insiste Mme Rousseau. Elle ajoute que ces acteurs doivent être attentifs sur la manière dont ce contexte peut blesser ces jeunes et les rendre confus.

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