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Le Yukon dans l'embarras après des allégations concernant le système de protection de l'enfance

Assemblée législative à l'ouverture d'une session
L'Assemblée législative du Yukon discute beaucoup, depuis une semaine, d'allégations de problèmes systémiques dans les foyers d'accueil du territoire. Photo: Radio-Canada / Claudiane Samson
Radio-Canada

Le gouvernement du Yukon continue de faire l'objet de questions de l'opposition par rapport aux allégations de sévices dans les foyers d'accueil du système de bien-être à l'enfance.

Depuis une semaine, des témoignages à CBC de jeunes résidents et de travailleurs dans les foyers d'accueil révèlent de graves problèmes dans les soins donnés dans les foyers.

Il y est question de violence verbale et même physique, de négligence et d'incapacité à remplir le mandat de protection des enfants vulnérables.

Le gouvernement du Yukon a annoncé la semaine dernière une révision du système par la défenseure de l'enfance et de la jeunesse, Annette King. À l'Assemblée législative, l'opposition continue de demander une enquête indépendante et une meilleure protection des lanceurs d'alerte.

Mercredi, le gouvernement a réitéré son engagement à soutenir les employés qui désirent parler des problèmes du système. Le ministre responsable de la fonction publique, Richard Mostyn, a invité les lanceurs d'alerte à contacter directement les sous-ministres s'ils ne se sentaient pas à l'aise de parler à leurs supérieurs.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Frost, dit prendre les allégations au sérieux et faire tout ce qu'elle peut pour procéder aux changements nécessaires.

Un jeune du système témoigne

Tyrell Jackson à la station de CBC à WhitehorseTyrell Jackson est récemment sorti de la tutelle du système de bien-être à l'enfance du Yukon. Photo : Radio-Canada / Paul Tukker

Tyrell Jackson,19 ans, sous la garde du gouvernement depuis l'âge de 3 ans, relate plusieurs incidents où il s'est vu refuser l'accès au foyer de groupe, même par des températures, se souvient-il, de -30 degrés Celcius.

Ça m'est arrivé plusieurs fois. Je revenais et on me disait qu'il était trop tard, ou que j'avais l'air ivre [...] et ils ne me laissaient pas entrer.

Tyrell Jackson

Tyrell Jackson affirme avoir reçu l'ordre à certaines occasions de quitter sa chambre pour laisser la place à un autre jeune, et ce, même s'il n'avait aucun endroit où aller.

Il croit que d'autres résidents des foyers d'accueil devraient également parler de ce qu'ils ont vécu pour que le système soit modifié.

Des dénonciateurs qui craignent de perdre leur emploi

Trois travailleurs de foyers de groupe ont accepté de parler, mais sous le couvert de l'anonymat seulement, par crainte de représailles de la part de leur employeur. Chacun a corroboré les allégations des jeunes résidents. « Mentalement ou émotivement, il ne fait aucun doute que le système contribue à leur traumatisme », affirme l'un d'eux.

Il n'est pas rare pour un employé surmené et mal formé qui a une charge de travail excessive de ne pas être en mesure de satisfaire aux exigences de visites d'une famille et de suivis. En conséquence, des enfants subissent de la négligence, de la violence corporelle, des abus sexuels.

Travailleur anonyme

Un autre travailleur croit qu'une révision en profondeur du système est nécessaire, mais que cette enquête doit être faite de façon indépendante.

« Une personne indépendante et neutre, quelqu'un qui n'est pas ici et qui révise non seulement les rapports, mais également la qualité des décisions qui sont prises. [...] Nous avons besoin de surveillance, d'autorité juridique pour diriger un changement. »

Avec les informations de CBC/Nancy Thomson

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