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Délais administratifs et agences peu scrupuleuses à blâmer pour les faux papiers des demandeurs d'asile

Un petit garçon aux bras de sa maman qui porte un sac à dos "Never give up" dans une file.

En attendant parfois longtemps un permis de travail, des demandeurs d'asiles peuvent se tourner vers le travail au noir.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Le ministre québécois de l'Immigration, David Heurtel, estime que l'intervalle entre l'arrivée des demandeurs d'asile et l'octroi des permis de travail « crée en partie les circonstances » plaçant ces nouveaux arrivants en position vulnérable face aux offres de travail au noir. Sa collègue responsable du Travail, Dominique Vien, avance quant à elle que son récent projet d'encadrement des agences de placement permettra de réduire le nombre d'immigrants travaillant avec de faux papiers.

Les deux ministres libéraux réagissaient ainsi, mercredi, au reportage de Jean-Philippe Robillard. Ce dernier a révélé l'existence d'un système par lequel des demandeurs d'asile arrivés récemment au Québec se font parfois approcher par des agences de recrutement qui leur proposent du travail et leur fournissent de faux papiers.

La semaine dernière, après le dépôt de son projet de loi pour réformer les normes du travail, la ministre Vien annonçait entre autres l'obligation, pour les agences de placement, de détenir un permis pour fonctionner légalement.

Ledit permis, apprenait-on dans le communiqué de presse gouvernemental accompagnant le dépôt du projet de loi, serait délivré par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

« Les travailleurs étrangers temporaires ainsi que les travailleurs d'agences de placement de personnel ont parfois vécu des situations difficiles, entre autres la saisie de leur passeport ou des conditions de travail inacceptables », indiquait-on dans le communiqué, sans toutefois donner plus de détails, outre qu'« une réglementation sera élaborée ».

En entrevue à l'émission Le 15-18, sur les ondes d'ICI Première, l'avocat Stéphane Handfield, spécialisé en droit de l'immigration, a affirmé que « les histoires où des demandeurs d'asile, donc des personnes vulnérables, se font enfirouaper dans ce genre de dossier par des gens sans scrupules, malheureusement, cela survient trop souvent ».

Selon Me Handfield, des demandeurs d'asile dont le dossier se trouvait entre les mains de la Commission de l'immigration ont récemment mentionné avoir reçu des appels frauduleux de personnes disant provenir des services gouvernementaux, voire de la Gendarmerie royale du Canada, qui réclamaient des sommes d'argent, « à défaut de quoi on allait arrêter la personne. Elle serait expulsée et son dossier de demande d'asile serait fermé ».

L'avocat ne s'est également pas montré surpris que, dans le cas rapporté par Radio-Canada, le demandeur d'asile travaillant au noir gagnait moins que le salaire minimum.

Évidemment, ce sont les gens qui profitent des demandeurs d'asile qui s'enrichissent.

Stéphane Handfield, avocat spécialisé en droit de l'immigration

Lourdes conséquences

Stéphane Handfield a également rappelé que, bien souvent, les nouveaux arrivants se retrouvent coincés entre la nécessité de trouver un travail et les risques liés aux démarches illégales.

Après tout, a-t-il souligné, s'ils se font prendre, ces demandeurs d'asile peuvent être interdits de territoire, et donc perdre toute chance de s'installer au pays.

« Ce sont des situations problématiques, et les gens doivent s'informer avant d'embarquer dans ce genre de situations », a ajouté l'avocat.

Ce dernier invite le gouvernement à accélérer le délai de traitement des demandes de permis de travail. « Il est là, le problème : une personne qui doit attendre trois, quatre, cinq mois... On se retrouve dans une situation où on est prestataire de l'aide sociale, ou l'on peut être tenté de prendre une voie alternative. »

Ainsi, accélérer l'octroi du permis de travail « ne réglerait pas tous les problèmes, mais cela éviterait [à certains] de tomber dans des situations [délicates] ».

L'avocat a également réitéré son appel à « décourager ceux qui pourraient être tentés de profiter de la vulnérabilité des demandeurs d'asile ».

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