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Voici ce que le jury aurait vu et entendu au procès Bissonnette

Des sièges de jurés

Des sièges de jurés

Photo : Radio-Canada / Genevieve Proulx

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En plaidant coupable, Alexandre Bissonnette évite un procès qui s'annonçait éprouvant pour les proches des victimes de la tuerie à la grande mosquée de Québec, mais aussi pour les 12 jurés qui auraient eu la tâche de le juger.

Un texte de Yannick Bergeron

Pour démontrer la culpabilité du tireur, les procureurs de la poursuite prévoyaient présenter plusieurs éléments de preuve, parfois macabres, pour étayer leur position.

Ainsi, les vidéos de la tuerie devaient être présentées aux jurés pour qu'ils constatent le sang froid démontré par le tireur le soir du drame.

Ces vidéos, qui proviennent des caméras de sécurité de la grande mosquée, ne comportent pas de bande sonore.

La poursuite a annoncé que ces vidéos allaient être projetées dans la salle d’audience à l’étape des observations sur la peine qui débute le 10 avril.

Images bouleversantes

D'autres images bouleversantes de l’album photo réalisé par le Service de l’identité judiciaire devaient aussi être présentées au tribunal.

Les avocats de la poursuite avaient demandé la permission au juge de retirer les images les plus choquantes, pour éviter de perturber le jury.

La poursuite prévoyait également présenter la vidéo de l'interrogatoire policier d'Alexandre Bissonnette, au cours duquel il faisait une déclaration incriminante à la suite de son arrestation.

Appels au 911

Alexandre Bissonnette a été appréhendé par l'escouade tactique sur le chemin qui mène au pont de l'île d'Orléans. Le jeune homme qui a grandi à Cap-Rouge venait alors de composer le 911 pour se dénoncer.

L'appel, qui a duré une cinquantaine de minutes, devait également faire partie de la preuve.

Un document obtenu par les médias après la déclaration de culpabilité de Bissonnette indique que le jeune homme a alors tenu des propos suicidaires.

« Il dit qu'il désire partir marcher dans le bois et se tirer une balle dans la tête. Il dit qu'il va coopérer à 100 %, il est tanné et veut que les policiers interviennent », peut-on lire dans le document judiciaire au soutien d'une demande d'émission de mandats de perquisition.

Le ministère public prévoyait aussi faire entendre deux autres appels au 911 faits à la suite de la fusillade : l'un du père d'Alexandre Bissonnette, Raymond, et un autre du frère jumeau du meurtrier.

Recherches sur Hitler

La Couronne entendait aussi se servir du matériel informatique saisi chez Alexandre Bissonnette pour l'incriminer, ce à quoi la défense s'opposait.

L’accusé avait notamment effectué des recherches sur Hitler sur Internet. La défense prétendait que ce matériel n'était pas pertinent et risquait d'induire le jury en erreur.

Le juge n'aura pas eu le temps de se prononcer sur cette question. Le débat sur l'admissibilité de ces éléments en preuve n'a pas eu lieu, puisque Bissonnette a choisi de plaider coupable.

De 111 à 41 témoins

Au départ, la Couronne prévoyait assigner 111 témoins pour étayer sa preuve pour la durée du procès. Des témoignages dont la durée prévue était de deux mois.

Cette liste a été passablement élaguée après des discussions entre les avocats, faisant passer le nombre de témoins potentiels pour la poursuite à 41, réduisant ainsi la durée des témoignages de deux semaines.

La défense de Bissonnette

La défense avait annoncé une courte preuve qui devait s'échelonner sur environ sept jours.

La stratégie des avocats de l'aide juridique qui défendent Bissonnette était de tenter d'obtenir une condamnation pour meurtre au deuxième degré.

Contrairement à un meurtre au premier degré, celui-ci permet de réclamer une libération conditionnelle beaucoup plus rapidement.

Pour y arriver, en plus du témoignage de l'accusé, les avocats allaient déposer un rapport d'expert en psychiatrie.

La défense jonglait également avec la possibilité de faire témoigner les parents d'Alexandre Bissonnette.

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