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Un photographe japonais s'inquiète de l'effet des changements climatiques sur les blanchons

Un blanchon embrasse sa mère sur la banquise.

Un blanchon avec sa mère sur la banquise dans le golfe du Saint-Laurent en 2018.

Photo : Rei Ohara

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'observation des blanchons a repris, cette année, aux Îles-de-la-Madeleine, après deux ans d'absence. Quelque 170 touristes sont venus admirer le petit mammifère marin sur la banquise, dont une quarantaine de Japonais. Parmi eux, le photographe Rei Ohara, qui s'inquiète des effets des changements climatiques sur les jeunes phoques.

Un texte de Philippe Grenier, envoyé spécial au Japon

Le photographe Rei Ohara est un habitué de la banquise canadienne. Ses clichés font découvrir à la planète tout entière la beauté contemplative des blanchons.

Un blanchon la tête levée sur la banquise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une des plus récentes photos de Rei Ohara. Un blanchon sur la banquise durant la saison d'observation du mammifère marin aux Îles-de-la-Madeleine en 2018.

Photo : Rei Ohara

Le Japonais en est à sa 25e présence au Canada pour venir les observer.

« Les blanchons ont changé ma vie. »

— Une citation de  Rei Ohara, photograhe japonais
Un blanchon embrasse sa mère sur la banquise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un blanchon avec sa mère sur la banquise dans le golfe du Saint-Laurent en 2018.

Photo : Rei Ohara

C'est un accident de parcours qui l'a mené jusqu'aux Îles-de-la-Madeleine.

En 1989, lors des manifestations de la Place Tiananmen le jeune Rei Ohara, alors photographe de presse, prend une photo qui fait le tour du monde.

Des tanks de l'armée chinoise devant des étudiants lors des manifestations de la place Tiananmen en juin 1989.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rei Ohara a pris cette photo lors des manifestations de la place Tiananmen en juin 1989.

Photo : Rei Ohara

« Sur cette photo, les gens ont cru à tort que les étudiants bloquaient un tank, alors que la réalité est qu'ils se dirigeaient tout simplement vers le tank », dit-il.

Le sentiment de ne pas pouvoir décrire correctement la réalité l'a alors fait se questionner sur son travail de photojournaliste. Ce qu'il désirait vraiment, « c'était de rendre les gens heureux ».

Rei Ohara, très jeune, devant un avion cargo de l'armée canadienne en 1992.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un jeune Rei Ohara lors d'une mission de photojournalisme en Somalie.

Photo : Rei Ohara

Lors d'une visite à l'hôpital, c'est par hasard qu'il est tombé sur une carte postale du Canada montrant un blanchon.

Rei Ohara a immédiatement su ce qu'il voulait faire de sa vie.

« J'ai décidé alors de devenir le spécialiste mondial des blanchons! »

— Une citation de  Rei Ohara, photographe japonais
Un blanchon se roule par terre pour la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une photo de Rei Ohara lors de sa première visite sur la banquise canadienne en 1990.

Photo : Rei Ohara

Depuis ce temps, chaque hiver, il quitte son Japon natal pour la blancheur immaculée du golfe du Saint-Laurent.

Ces premières images captées en 1990 font sensation.

Un blanchon sur la banquise fixe la caméra de face.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette photo d'un blanchon prise par le photographe japonais Rei Ohara en 1990 s'est retrouvée sur la couverture d'une livre écoulé à plus de 100 000 copies au Japon.

Photo : Rei Ohara

« Mon premier recueil de photo sur les blanchons s'est vendu à plus de 100 000 copies au Japon », lance Rei Ohara.

Plusieurs autres recueils vont suivre au fil des ans.

Un blanchon plonge dans l'eau sous la glace au large des Îles-de-la-Madeleine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un blanchon plonge dans l'eau sous la glace au large des Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Rei Ohara

Pour Ariane Bérubé, directrice des ventes pour les Hôtels Accents, Rei Ohara, « c'est vraiment notre lien avec notre marché principal qui demeure encore le Japon ».

Rei Ohara en compagnie d'Ariane Bérubé et de Réal Boudreau des Hôtels Accents aux Îles-de-la-Madeleine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rei Ohara travaille en collaboration avec Ariane Bérubé et Réal Bourgeois des Hôtels Accents aux Îles-de-la-Madeleine depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

En moyenne, 1 touriste sur 5 provient du Japon pour observer les blanchons, et ce depuis plusieurs années.

« Ce qu'on aime dire, c'est le plus Japonnais madelinot qu'on connait évidemment. »

— Une citation de  Ariane Bérubé, directrice des ventes pour les Hôtels Accents, Îles-de-la-Madeleine

« Je suis venu aux Îles après avoir été charmé par une photo de Rei Ohara », mentionne Fumiko Shinozaki, une touriste japonaise.

Changements climatiques

Rei Ohara se dit chanceux d'être de retour cette année sur la banquise canadienne.

En 2016 et 2017, les glaces n'étaient pas au rendez-vous, et les saisons d'observation ont été annulées. Cet hiver, la saison s'est terminée plus tôt que prévu.

Deux phoques se trouvant sur la glace alors que la banquise se brise sous la force du courant dans le golfe du Saint-Laurent en 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux phoques sur la glace lorsque la banquise s'est brisée sous la force de la houle dans le golfe du Saint-Laurent en 2018.

Photo : Rei Ohara

Réal Boudreau, guide de glace pour le Château madelinot depuis plus de vingt ans, « pense que les effets sur les changements climatiques sont pour quelque chose »

« Dame nature a eu raison avec ses forts vents du nord-est pour venir tout casser ça. »

— Une citation de  Réal Boudreau, guide de glace pour le Château madelinot, Îles-de-la-Madeleine

Le photographe Rei Ohara voit les choses différemment, après 30 ans sur le terrain.

Un hélicoptère survole le golfe du Saint-Laurent près des Îles-de-la-Madeleine.             Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un hélicoptère survole le golfe du Saint-Laurent près des Îles-de-la-Madeleine à la fin de la saison d'observation des blanchons en 2018.

Photo : Rei Ohara

« Mon oeil de photographe est différent à chaque année, j'ai beaucoup pensé aux changements climatiques », lance-t-il.

« La glace fond maintenant plus rapidement. »

— Une citation de  Rei Ohara, photographe japonais

Il veut consacrer son prochain recueil de photos aux changements climatiques et espère revenir l'an prochain sur la banquise.

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