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Des salles de spectacles certifiées écoresponsables, dont la Place des Arts

Un piéton marche avec son chien sur l'esplanade de la Place des Arts, sous la neige, au centre-ville de Montréal.
Un piéton marche avec son chien sur l'esplanade de la Place des Arts, sous la neige, au centre-ville de Montréal. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Huit salles sont maintenant accréditées Scène écoresponsable du Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER), un organisme à but non lucratif, dont la Place des Arts, qui se mettra notamment au compost cet automne.

Un texte de Cécile Gladel

Caroline Voyer, directrice générale du CQEER, explique que cette certification se décline en trois niveaux : bronze, argent, or. La Place des Arts a obtenu la plus élevée. L'objectif de cette certification est d'abord la réduction des déchets.

C’est épouvantable, la production de déchets dans les salles de spectacle. Par exemple, on utilise encore beaucoup de verres de plastique numéro 6, qui ne sont même pas recyclables.

Caroline Voyer, directrice du Conseil québécois des événements écoresponsables

Outre le remplacement graduel des unités d’éclairage et des équipements scéniques par la technologie DEL, le compostage sera donc implanté graduellement cet automne au sein du plus grand complexe des arts de la scène au Canada, une demande des restaurateurs de la Place des Arts.

« Nous sommes actifs sur plusieurs fronts pour répondre aux objectifs environnementaux et durables du gouvernement et de la Ville, et pour faire notre part comme [bonne entreprise citoyenne]. Nous visons en effet l’automne pour implanter le compostage. Selon les cibles de notre plan de développement durable, nous devrions atteindre un taux de détournement de 70 % d’ici 2020 en gestion des matières résiduelles », souligne Joanne Lamoureux, directrice des communications et du marketing de la Place des Arts.

Tranquillement, la Place des Arts met en place de petits changements, comme l'installation de fontaines d’eau pour faciliter le remplissage de bouteilles réutilisables par les artistes.

Quelqu'un remplit une bouteille en inox à une fontaine.Les bouteilles d'eau réutilisables que l'on remplit permettent d'éviter l'utilisation des bouteilles de plastique à usage unique Photo : iStock / clsgraphics

« On les ajoute à mesure que l’on transforme les arrière-scènes des salles de spectacle. Il y en a déjà en place aux arrière-scènes du Théâtre Maisonneuve, du Théâtre Jean-Duceppe ainsi qu’à la salle de répétition principale de Wilfrid-Pelletier », ajoute Joanne Lamoureux.

Avantageuse, cette certification?

Les salles doivent débourser quelques centaines de dollars pour obtenir la certification, qui existe depuis 2016. Cependant, l'équipe du CQEER ne se déplace pas pour faire des vérifications en personne. « Ce n'est pas comme une norme, on ne fait pas la validation dans leurs bureaux, mais [les propriétaires de salle] doivent documenter tout ce qu’ils prétendent faire. On exige des photos, des preuves, des factures et des réponses à nos questions », explique Caroline Voyer.

La certification permet aussi aux salles d'avoir certains avantages financiers. Elles peuvent obtenir des subventions pour l'achat de bacs de récupération et elles réduisent les coûts reliés à la gestion des déchets, à l'électricité et les achats.

Caroline Voyer pense que ça leur donne surtout un élan et des objectifs à atteindre, mais aussi une possibilité de se faire valoir auprès des artistes et des bailleurs de fonds qui affichent un engagement durable comme Cascades, Desjardins, Énergir et les sociétés d'État. « Ils doivent se requalifier chaque année », précise la directrice générale.

La femme sourit.Caroline Voyer, directrice générale du Conseil québécois des événements écoresponsables Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Jusqu'à maintenant, une seule salle n'a pas renouvelé la certification : le Pavillon des arts et de la culture de Coaticook. « Les responsables trouvaient qu'il n’y avait pas assez d’avantages. Parfois, c’est une question d'argent, parfois, ils doivent déplacer des montagnes », mentionne Caroline Voyer.

Selon leur niveau de certification, les salles mettent en place plusieurs changements. La TOHU a élaboré un guide écoresponsable qui est affiché dans les loges, son pavillon est certifié LEED Or au Canada, et un jardin de légumes biologiques a été aménagé sur le site.

De son côté, la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles donne des gourdes réutilisables et des serviettes en tissu aux artistes, et des installations permettant le compostage et la réduction des matières résiduelles sont en place.

Le Théâtre Paradoxe a remplacé le plastique par le verre et la porcelaine, l'éclairage de la salle et de la scène se fait avec des ampoules fluocompactes et LED. L'organisme d'économie sociale a aussi participé à la conservation de l'ancienne église où il est installé. Par exemple, les bars ont été construits avec le bois des bancs d’église. Le Théâtre a aussi instauré une fête de quartier. « C'est à un niveau plus social, mais on en tient compte dans nos évaluations », souligne Caroline Voyer.

Deux salles seulement sont à l'extérieur de Montréal : le Théâtre Hector-Charland, à l'Assomption, et Le plan, située en France, au sud de Paris. L’Entrepôt de Lachine et la Salle Pauline-Julien, dans l'ouest de Montréal, complètent la liste.

Des artistes impliqués

Outre cette certification, il existe aussi un site pour aider les artistes qui veulent être plus écoresponsables. Artistes citoyens en tournée (ACT) regroupe plus d'une quinzaine d'artistes qui se sont engagés à atteindre certains buts, dont celui de la réduction des déchets.

Alex Nevsky, Ariane Moffatt, Charlotte Cardin, Karim Ouellet et Klô Pelgag en font notamment partie.

Alex Nevsky en studioL’auteur-compositeur-interprète Alex Nevsky Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

« C'est un [outil conçu] à la demande de certains artistes, pour leur donner un site afin qu'ils trouvent toutes les informations réunies au même endroit. Certains demandent des produits locaux servis dans de la véritable vaisselle, d'autres apportent leur gourde et leur tasse à café réutilisable en tournée », explique Caroline Voyer.

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