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Aveux d’Alexandre Bissonnette : la communauté musulmane soulagée

Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec.

Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La communauté musulmane accueille avec un grand soulagement les aveux d'Alexandre Bissonnette, qui a reconnu mercredi être l'auteur de la tuerie survenue à la grande mosquée de Québec, éloignant du même coup le spectre d'un procès long et douloureux pour les familles des victimes.

Un texte de Louis Gagné

« Je suis très, très soulagé et je me mets à la place de chacune des veuves et chacun des orphelins et je suis certain qu’ils seront soulagés aussi », a réagi Hassan Guillet, l’imam qui avait célébré les funérailles des six hommes tombés sous les balles du tueur le 29 janvier 2017.

Selon M. Guillet, il aurait été « inhumain » d’obliger les personnes qui étaient présentes au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) au moment de l’attaque à venir témoigner au procès d’Alexandre Bissonnette.

« Imaginez-vous quelqu’un qui a subi tous les cauchemars du 29 janvier qui soit en face de l’auteur de cet acte et être obligé de remémorer tous les cauchemars qu’il a vécus, c’est affreux. »

— Une citation de  Hassan Guillet, imam

L’imam ajoute que la déclaration de culpabilité d’Alexandre Bissonnette permettra à la communauté musulmane « de commencer à panser ses blessures ».

Une communauté encore « sous le choc »

De son côté, le président et cofondateur du Centre culturel islamique, Boufeldja Benabdallah, est satisfait de voir que justice a été rendue.

« Au lieu que ça dure des mois et des mois, bien il va y avoir des sentences qui vont se faire très, très vite et on remercie la justice d’avoir accéléré le processus tout en respectant les règles », a-t-il commenté.


Boufeldja Benabdallah lors d'une mêlée de presse au palais de justice de Québec.
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Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec Boufeldja Benabdallah en entrevue au palais de justice de Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

Si les aveux d’Alexandre Bissonnette aideront les proches des victimes dans leur processus de deuil, M. Benabdallah prévient que la guérison prendra encore du temps.

« Les gens sont encore sous le choc parce que les choses ne sont pas terminées pour eux. Il faut les comprendre. Beaucoup de choses vont passer avant que, ouf, on voie en eux une partie de la sérénité. »

— Une citation de  Boufeldja Benabdallah, président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec

Demande de pardon

L’ex-président et actuel administrateur du CCIQ, Mohamed Labidi, abonde dans le même sens. Il avoue cependant être demeuré sur sa faim à la suite du plaidoyer du tueur, qui a affirmé avoir « honte » de ses gestes et demandé pardon aux familles des victimes pour « tout le mal [qu’il leur a] fait ».

« Ç’a été très, très, très court et il n’y a pas de réponse à toute l’ampleur de la tragédie qui a été commise, a déploré M. Labidi. On partage presque le feeling de tout le monde [au sein] de la communauté et surtout les familles des victimes. Elles sont restées sur leur faim. »


Aymen Derbali répond aux questions des journalistes à la suite de la déclaration de culpabilité d'Alexandre Bissonnette.
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Aymen Derbali à sa sortie du palais de justice.

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

Aymen Derbali, un survivant de la tuerie devenu paraplégique, se questionne quant à lui sur les motifs qui ont poussé Alexandre Bissonnette à passer à l’acte. Le tueur affirme ne pas avoir agi par haine à l’égard des musulmans ni dans le but de commettre un acte terroriste.

« Je ne sais pas c’est quoi les intentions […] s’il n’était pas islamophobe, si ce n’est pas un crime de terrorisme. [Selon moi], c’est un acte de terrorisme, pareil, et islamophobe », a soutenu M. Derbali.

Le père de trois enfants est néanmoins soulagé par les aveux d’Alexandre Bissonnette. Sa culpabilité va selon lui épargner à la communauté « beaucoup de tracas et de problèmes ».

Avec la collaboration d’Alexandra Duval, Marie Maude Pontbriand et Alexandre Duval

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