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Ottawa investit 2,7 milliards dans les langues officielles en milieu minoritaire

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, annonçant les détails du Plan d'action sur les langues officielles aux côté du premier ministre Justin Trudeau. Photo: La Presse canadienne / Patrick Doyle
Radio-Canada

« Historique! » C'est par ce mot que le gouvernement Trudeau a qualifié le Plan d'action 2018-2023 sur les langues officielles, tant attendu par les communautés francophones en milieu minoritaire, et dont les détails ont été rendus publics mercredi.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a révélé que le montant alloué s'élèverait à 2,7 milliards de dollars sur cinq ans.

« C’est le plus grand investissement dans les langues officielles de notre histoire », a affirmé Mme Joly, lors de l’annonce du Plan d’action 2018-2023 à l’école élémentaire publique Mauril-Bélanger, à Ottawa, en présence du premier ministre Justin Trudeau.

En plus de conserver les investissements en appui aux langues officielles, ce nouveau plan propose un investissement supplémentaire de près de 500 millions de dollars sur cinq ans. Cette somme comprend l'investissement de 400 millions de dollars proposé dans le budget de 2018, auquel il faut ajouter les initiatives récentes, comme l'investissement en appui aux infrastructures éducatives communautaires pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire annoncé dans le budget de 2017.

Nous avons entendu le cri du cœur des organismes, nous augmentons donc le budget pour leur bon fonctionnement.

Mélanie Joly

« Ce nouveau plan comprend plus de 30 nouvelles mesures, poursuit la ministre. Elles vont d'une stratégie en matière d'immigration francophone et de mesures pour l'éducation à la petite enfance, en passant par des initiatives axées sur la culture et l'éducation et un nouveau fonds pour les anglophones au Québec. Et elles ont pour objectif de soutenir nos communautés partout au pays et d'aider les langues officielles à prospérer dans les années à venir. »

L’ensemble du montant alloué ira directement aux communautés, a promis de son côté M. Trudeau, « car ils savent mieux que quiconque leurs besoins ».

Ottawa bilingue

Reconnaissant le recul de la francophonie dans le pays face à l’anglais, le premier ministre a affirmé que le nouveau plan veillerait à la protection et à la promotion de la diversité linguistique au Canada. Le gouvernement Trudeau promet, par ailleurs, de doubler l’immigration francophone dans les provinces anglophones du Canada. Les communautés anglophones résidant dans les milieux ruraux au Québec seront également appuyées dans ce nouveau plan.

La ministre Joly a également affirmé que le gouvernement reconnaissait désormais le caractère bilingue de la ville d’Ottawa en tant que capitale nationale.

Avec l’annonce de ce plan d’action 2018-2023, le gouvernement fédéral veut ainsi marquer son retour en force comme défenseur des langues officielles, mettant fin à 10 ans de stagnation financière pour les communautés de langue minoritaire.

Le premier ministre a, dans ce contexte, profité de l’annonce du nouveau plan sur les langues officielles pour critiquer l’inaction de l’ancien gouvernement conservateur dans ce domaine.

Parmi les nouvelles mesures proposées dans ce plan, le gouvernement fédéral prévoit un appui pour la formation et le recrutement d'enseignants afin de répondre aux besoins croissants dans les écoles francophones en situation minoritaire et les classes d'immersion (62,6 millions de dollars), un nouvel outil en ligne gratuit pour l'apprentissage de l'anglais et du français (12,6 millions de dollars) et un appui aux médias minoritaires qui font face à une situation difficile (14,5 millions de dollars).

Le Plan est le fruit d'une analyse des Consultations pancanadiennes sur les langues officielles, qui ont eu lieu entre juin et décembre 2016. Plus de 6500 Canadiens et organismes y ont participé, et des rapports des comités parlementaires ont été déposés sur le sujet.

Un plan « à la hauteur » des attentes des organismes

Le Plan d’action a été favorablement accueilli par plusieurs communautés francophones en milieu minoritaire.

« Nous sommes heureux de constater que le gouvernement canadien a pris en considération plusieurs recommandations que la communauté franco-ontarienne avait formulées, notamment en matière d’immigration francophone, comme l’accueil en français dans les aéroports, et en matière de financement des organismes communautaires », a souligné le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

Même enthousiasme du côté de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, qui voit dans ce plan des « signes prometteurs pour l’avenir ». « Ça nous donne un levier pour poursuivre le travail et donner un nouveau souffle à la francophonie », a déclaré le président de la FCFA, Jean Johnson.

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) et la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) ont également salué les mesures annoncées par Ottawa.

Au Québec, le Quebec community group network (QCGN), qui regroupe 53 organismes de langue anglaise des quatre coins de la Belle Province, s’est aussi montré positif, affirmant que l’engagement du gouvernement Trudeau est à la hauteur des attentes.

Selon le recensement de 2016 de Statistique Canada, les communautés francophones hors Québec représentent 3,8 % de la population et le taux de bilinguisme des anglophones hors Québec plafonne à 6,8 %.

Selon les projections pour 2036, le pourcentage de francophones hors Québec pourrait chuter à 3 %, et le taux de bilinguisme national ne serait tiré à la hausse que par les francophones du Québec (en progression de 44,5 % à 49 % en 2036). Le taux actuel de bilinguisme au Canada est de 17,5 %.

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