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La Guatémaltèque Lucy Granados restera détenue en attendant son expulsion

Des militants tiennent des pancartes sur lesquelles sont inscrits des messages de solidarité.
Une manifestation s'est déroulée mercredi matin devant le complexe Guy-Favreau en soutien à la Guatémaltèque Lucy Granados. Photo: Radio-Canada

L'organisatrice communautaire Lucy Francineth Granados demeurera incarcérée en attendant son expulsion imminente vers le Guatemala.

Lors d'une audience de révision de détention devant la Commission de l'immigration et du statut des réfugiés, la mère de famille monoparentale sans papiers a échoué mercredi à tenter de recouvrer sa liberté en attendant son expulsion, et ce, même si la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard, s'était proposée pour se porter garante de la femme.

Plus tôt dans la journée, quelques dizaines de manifestants avaient répondu à l'appel de Solidarité sans frontières, qui avait organisé un rassemblement devant le complexe Guy-Favreau en soutien à l'organisatrice communautaire, qui milite activement au sein de l'organisme.

Son expulsion devait avoir lieu mardi, mais l'opération a été annulée, Mme Granados ayant été hospitalisée d'urgence après s'être évanouie dans les locaux de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

« Pendant son hospitalisation, Lucy a été menottée et elle n'a pas été autorisée à recevoir de visites ou d'appels téléphoniques de ses amis (ies) ou de sa famille », a dénoncé Solidarité sans frontières, soulignant que cet isolement avait eu pour effet d'« aggraver sa détresse ».

Mme Granados est retournée mardi soir au Centre de prévention de l'immigration de Laval.

Cette mère de trois enfants a été arrêtée la semaine dernière par les services frontaliers. Son avocate a déposé une demande de sursis vendredi dernier, mais elle n'a pas encore reçu de réponse de l'ASFC.

Trahie par ses démarches légales

Mme Granados a tenté à l’automne 2017 de faire une demande de résidence permanente d’ordre humanitaire, mais une telle démarche ne permet pas de suspendre un avis d'expulsion.

Seuls l'intervention d'un juge de la Cour fédérale, un accord de sursis provenant d'un agent frontalier ou encore l'intervention du ministre de l'Immigration lui-même, Ahmed D. Hussen, pourraient lui permettre de rester au Canada.

Selon Mary Foster, de Solidarité sans frontières, des demandes ont été faites auprès du ministre Hussen et de son collègue à la Sécurité publique, Ralph Goodale, mais celles-ci sont restées lettres mortes jusqu'à maintenant.

« Depuis lundi soir, le ministre fédéral de l'Immigration a le dossier de Lucy entre ses propres mains. Pourquoi ne se prononce-t-il pas? Pourquoi il la laisse dans cette situation de stress et d'incertitude, qui joue avec sa santé mentale et physique? », demande-t-elle.

La déception était palpable dans sa voix à la suite de la décision de la Commission de l'immigration de garder Mme Granados détenue, mais la militante assure qu'elle ne baissera pas les bras.

On va continuer à mettre de la pression sur les ministres.

Mary Foster, de Solidarité sans frontières

Selon des proches, c’est en raison de la demande de résidence permanente que l’ASFC se serait intéressée au cas de Lucy Francineth Granados. Cette demande suit d'ailleurs son cours, malgré son expulsion imminente de la Guatémaltèque.

Lucy Francineth Granados habite à Montréal depuis neuf ans. Elle a dû quitter son pays d'origine après avoir été menacée par les maras, un gang criminel. Son mari étant décédé, elle a voyagé seule à travers le Mexique pour arriver aux États-Unis, puis au Canada. En 2009, le Canada lui a refusé une demande d’asile.

« Trois ans après [son arrivée], sa demande de réfugié a été refusée par la Commission, explique Mary Foster. Elle a jugé qu'elle n'avait pas le choix. Elle a décidé, malgré le fait qu'il soit très difficile de rester ici au Canada sans papier, que cette vie est meilleure que de retourner là-bas. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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