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  • Archives
  • Dans un an, le Royaume-Uni prend le large de l’Europe

    Big Ben, la célèbre horloge de la tour du parlement de Westminster, indique l'heure aux Britanniques.

    Le compte à rebours du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne commence le 29 mars 2018.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 29 mars 2018 débute le compte à rebours officiel du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ce départ est programmé à la suite de la victoire du « Brexit » lors d'un référendum tenu en juin 2016. Nos archives montrent à quel point dans leur histoire récente les Britanniques ont toujours hésité entre se joindre au projet d'union de l'Europe et, au contraire, larguer les amarres face à leurs voisins du continent.

    Un vote aux conséquences incertaines

    Dans la nuit du 23 au 24 juin 2016, les salles de rédaction du monde entier reçoivent une nouvelle à la fois surprenante et déstabilisante.

    RDI émission spéciale, 24 juin 2016

    Cette nuit-là, RDI présente une émission spéciale animée par Alexis de Lancer. Les yeux sont rivés sur le Royaume-Uni d’où, vers 4 heures du matin, parvient un puissant coup de tonnerre. Les électeurs britanniques, consultés par référendum, viennent d’appuyer le retrait de l’Union européenne.

    Le Royaume-Uni sort très divisé de ce référendum. Les partisans de l’abandon de l’Union européenne remportent seulement 52 % des suffrages. Les villes s’opposent aux campagnes, des jeunes aux plus âgés, des Britanniques prospères à ceux qui sont laissés derrière par la mondialisation économique.

    Alexis de Lancer et Frédéric Mérand, directeur d’études et de recherches internationales à l’Université de Montréal, analysent les résultats. Le Royaume-Uni et l’Europe plongent dans l’inconnu. Ce vote met fin à 43 ans d’un partenariat timide entre Britanniques et l’Union européenne.

    Les Britanniques rejetés par De Gaulle

    Caméra 63, 2 février 1963

    Au début des années 1960 a eu lieu une première tentative d’adhésion du Royaume-Uni avec la Communauté économique européenne (CÉE), l'ancêtre de l’Union européenne. Cette dernière cependant échoue parce que la France appose son veto. Dans une conférence de presse dont Camera 63 présente des extraits le 2 février 1963, le président français Charles de Gaulle donne les raisons de cette opposition.

    La question est de savoir si la Grande-Bretagne, actuellement, peut se placer avec le continent et, avec lui, à l’intérieur d’un tarif qui soit véritablement commun, de renoncer à toute préférence à l’égard du Commonwealth. De cesser de prétendre que son agriculture soit privilégiée. Cette question-là, c’est toute la question.

    Le président Charles de Gaulle, en conférence de presse le 14 janvier 1963

    Je t'aime, moi non plus

    En 1973, le Royaume-Uni adhère finalement à la CÉE. Cependant, deux ans et demi après, le gouvernement du premier ministre Harold Wilson doit organiser un référendum sur un maintien dans le projet européen.

    Le 60, 3 juin 1975

    Comme en témoigne ce reportage de Claude-Jean Devirieux à l’émission Le 60 du 3 juin 1975, l’entrée du Royaume-Uni affaiblit initialement l’économie britannique. Les Britanniques décident malgré tout de demeurer massivement dans l’Europe. Ce qui frappe dans les constats de l’émission Le 60, c’est que plusieurs des arguments du débat de 1975 continuent d’avoir un écho en 2016.

    Les défenseurs du maintien de la Grande-Bretagne [… ] regroupent, assez curieusement l’ensemble des personnalités du Parti conservateur et une partie des travaillistes avec en tête le premier ministre Harold Wilson, dont le parti et le gouvernement sont divisés. C’est ainsi qu’on peut voir sur les mêmes estrades des adversaires momentanément unis pour la même cause.

    Claude-Jean Devirieux

    Tempête à l'horizon? 

    Téléjournal, 23 juin 2016

    La question européenne va devenir, à partir de là, un des principaux débats de la politique britannique.

    Comment ne pas aimer une culture qui nous a donné les Rolling Stones?

    Georges Ross, professeur associé de science politique, Chaire Jean-Monnet, Université de Montréal

    Un reportage de Tamara Alteresco présenté au Téléjournal le 23 juin 2016 souligne que les Britanniques possèdent une identité caractéristique. Leur culture insulaire fait que les citoyens du Royaume-Uni n’ont jamais éprouvé un grand attachement au continent européen.

    Dans un an, Londres s’éloignera de l’Europe. On ne sait pas si cette rupture donnera du vent dans les voiles de l’archipel. Pour l’instant, la mer semble houleuse et il n’est pas exclu qu’une tempête politique et économique secoue les sujets de la reine Élisabeth II.

    Les Européens leur souhaitent bon voyage. Mais du même souffle, avec un petit sourire en coin, ils leur disent, « et surtout accrochez-vous au mât! »

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