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Un premier centre d’injection supervisée en milieu hospitalier

Des seringues neuves et une poubelle médicale sont disposées sur un bureau.

Le centre sera ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et pourra accueillir jusqu’à six patients à la fois.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Radio-Canada

L'hôpital Royal Alexandra d'Edmonton ouvrira, le 2 avril, un centre d'injection supervisée, une première en Amérique du Nord. À la différence des autres centres déjà existants, il ne sera destiné qu'aux patients de l'hôpital.

Un texte de Sophie Muller

« Les hôpitaux peuvent être des endroits dangereux pour les patients qui souffrent de dépendance aux drogues », dit Kathryn Dong, directrice du programme de traitement de la toxicomanie à l'Hôpital Royal Alexandra.

Elle rappelle qu'après leur admission à l'hôpital, les personnes dépendantes ne guérissent pas immédiatement. C'est pourquoi certaines d'entre elles quittent l'hôpital pour aller s'injecter de la drogue ou tentent de le faire en cachette.

Le centre d'injection supervisée de l'hôpital leur permettra donc de le faire de manière sécuritaire. Les patients pourront aussi accéder à toute une gamme de services auprès de psychologues et de travailleurs sociaux.

Sauver des vies

Près de 700 personnes ont succombé à des surdoses en Alberta, l'an dernier.

Certaines surdoses se déroulent à l’hôpital, selon le Dr Dong. Selon ses estimations, il y a chaque jour une vingtaine de patients à l’Hôpital Royal Alexandra qui souffrent de dépendance aux drogues.

Le centre d'injection supervisée de l’hôpital sera ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et pourra accueillir jusqu’à six patients à la fois.

Le maire d’Edmonton, Don Iveson, a souligné que ce service est une preuve de compassion, mais permet aussi de suivre les recommandations scientifiques en matière de traitement de la toxicomanie. « Nous savons que les centres permettent de sauver des vies », dit-il.

Et sauver des vies, dit le Dr Dong, « c’est ce que font les bons hôpitaux ».

S’attaquer aux stigmates

Trois autres centres d’injection supervisée ont ouvert récemment à Calgary, à Lethbridge et au centre communautaire Boyle Street d'Edmonton. Le gouvernement a également ouvert des cliniques de traitement de la dépendance aux opioïdes dans plusieurs communautés à travers la province.

Petra Schulz tient la photo de son fils et parle devant un micro.

Petra Schulz a perdu son fils Danny, décédé en 2014 à la suite d'une surdose de fentanyl.

Photo : Radio-Canada

Le centre de Calgary a reçu près de 7000 visites depuis son ouverture en octobre 2017 jusqu’à la fin du mois de février.

Selon Sarah Hoffman, ministre de la Santé, des propriétaires de magasins de Calgary et de Lethbridge ont remarqué une baisse importante du nombre d’accessoires de consommation de drogues abandonnés sur les aires de stationnement.

Ces centres contribuent aussi, dit-elle, à réduire la stigmatisation des consommateurs de drogues. « À cause de cette stigmatisation, les gens consomment et meurent seuls, comme notre fils Danny », témoigne Petra Schulz, cofondatrice de Moms Stop the Harm, un groupe de mères luttant contre la crise des opioïdes.

Désormais, dit la ministre, les personnes dépendantes savent qu’il existe des services médicaux prêts à les aider.

D’autres centres sont en cours d’étude à Medicine Hat et à Red Deer.

Alberta

Santé publique