•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des maisons de Canadiens qui s’affaissent en Équateur

Des maisons alignées sur le front de mer. Elles se reflètent sur le sable humide.
Des centaines de Canadiens se battent contre le promoteur d’un immense projet immobilier en Équateur, au bord du Pacifique. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

De nombreux Canadiens se battent contre le promoteur d'un immense projet immobilier en Équateur, au bord du Pacifique. L'eau s'accumule sur le site, les égouts sont déficients. Des maisons toutes neuves s'affaissent.

Un texte d’Yvan Lamontagne, de La facture

En 2016, La facture présentait un reportage sur le Mirador San José, un projet immobilier démarré par des Québécois, qui compte 1700 terrains et 225 maisons.

Nous disions à l’époque que les propriétaires risquaient de perdre de l’argent, parce que la qualité des infrastructures était remise en question. Les risques se confirment, puisque des études démontrent clairement que les infrastructures sont déficientes.

Sam Leon est un Montréalais qui désire profiter de plus en plus de son pays d’origine, l’Équateur. Il a décidé de se faire construire une maison près de l'océan Pacifique, dans le projet Mirador San José. Il découvre l’an dernier, lors de sa première visite sur le site, que sa demeure s’est enfoncée de dix centimètres dans le sol. M. Leon souhaite à tout prix que les promoteurs reconnaissent l'étendue des dommages et qu'ils règlent le problème rapidement.

Des problèmes d'égouts

Sur les 225 maisons construites dans ce projet immobilier, 29 se sont affaissées. Et 14 d’entre elles ont été construites par Yves Cormier, président de Hola Équateur, une entreprise de Trois-Rivières qui construit des maisons et vend des terrains au Mirador.

« Les 29 maisons qui bougent ont été construites par sept constructeurs différents qui ont fait affaire avec des ingénieurs et des architectes différents. Toutes les maisons penchent du côté de la tranchée d’épuration faite par le Mirador San José », déplore Yves Cormier.

Yves Cormier en entrevue, un carton Hola Équateur en arrière-plan.Yves Cormier, président de Hola Équateur, une entreprise de Trois-Rivières qui construit des maisons et vend des terrains au Mirador. Photo : Radio-Canada

Chaque habitation possède une fosse septique, aussi désignée par le mot biodigesteur. Les eaux grises qui en sortent se retrouvent dans une tranchée, l’équivalent d’un champ d’épuration, comme on le voit souvent au Québec. Selon Yves Cormier, les terrains sont trop petits pour accueillir ce type de technologie. Sans compter que le Mirador a installé la tranchée d’épuration trop près des maisons, alors qu’elle doit être à cinq mètres, selon les normes du fabricant.

Des propriétaires nous ont fait parvenir des vidéos qui démontrent que les égouts pluviaux ne suffisent pas et que le sol est gorgé d’eau durant la période des pluies, de décembre à avril.

On se ramasse avec beaucoup de glaise et de boue dans les rues. Elles sont impraticables et dangereuses.

Stéphane Roulier, un Québécois qui vit sur le site en permanence

Déjà en 2016, une étude commandée par le Mirador conclut que les infrastructures ne sont pas viables et posent un risque pour l’environnement. Elle recommande un système d’égouts reliés à un centre de traitement des eaux.

Le reportage de Yvan Lamontagne est diffusé à l'émission La facture à 19 h 30 sur ICI Télé.

Les propriétaires laissés à l'abandon

Le Mirador devait commencer les travaux début 2017. Rien n’a encore été fait.

La grogne est si forte que les propriétaires s’unissent et dénoncent le peu d’action du Mirador San José. Plusieurs d’entre eux, dont Stéphane Roulier, critiquent la directrice actuelle, Danielle Charles.

Madame Charles, depuis qu'elle est dans cette position, il n'y a absolument rien qui a été fait sur le site, à part la réparation de la plage en faisant un mur de soutien qui, d'ailleurs, n'est pas terminé.

Stéphane Roulier

Le Mirador a refusé notre demande d’entrevue. Dans un communiqué, il affirme n’avoir commis « aucune faute quant aux maisons faites par des gens véreux qui ne veulent pas honorer leur garanti [sic]… ou qui ne respecte [sic] pas l’étude de sol ».

Selon Yves Cormier, des avenues légales sont en cours, ce qui obligera la direction à bouger.

« J’y crois, au projet. Il est à la veille de se terminer, en autant que la direction fasse ce qu’elle a à faire », dit-il.

Immobilier

Société