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Cycle de protestations « permanentes » en Catalogne alors que Puigdemont « ne se rendra jamais » 

Plusieurs centaines de personnes bloquent une autoroute. Certains sont vêtus de noir ou de dossards jaunes. On voit le drapeau catalan qui flotte dans la foule.

Des indépendantistes catalans ont bloqué l'autoroute 7, qui mène en France, à la hauteur de Llers, dans la province de Gérone.

Photo : EPA / Robin Townsend

Agence France-Presse

Des militants indépendantistes ont bloqué des routes mardi en Catalogne pour protester contre la détention de l'ex-président catalan Carles Puigdemont, qui attend en Allemagne que la justice décide si elle le remet à l'Espagne, où il est poursuivi pour rébellion.

La police est intervenue en fin de matinée pour lever le barrage formé à l'aube à hauteur de Figueras, près de la frontière française, par quelques dizaines de manifestants à l'appel d'un groupe indépendantiste radical, les Comités de défense de la République (CDR).

La télévision catalane a diffusé en direct les images des policiers catalans emmenant un à un des militants portant des gilets fluorescents, sous les huées d'autres manifestants.

D'autres routes ont été coupées dans la matinée. Les accès nord et sud à Barcelone, où des milliers de manifestants avaient affronté la police pendant des heures dimanche, ont aussi été barrés brièvement.

Les CDR, qui comptent quelques milliers de militants, selon la police, avaient annoncé lundi un printemps de « protestations permanentes », affirmant que la détention de Carles Puigdemont marquait « un point de non-retour » pour le mouvement sécessionniste.

Les Comités occupent le terrain, alors que les partis indépendantistes ont été décapités par une série d'inculpations et d'incarcérations vendredi dernier et surtout par l'arrestation, dimanche, de Carles Puigdemont, qui narguait l'Espagne depuis cinq mois en se proclamant « président en exil ».

M. Puigdemont a été interpellé grâce à un mandat d'arrêt européen alors qu'il tentait de rejoindre la Belgique depuis la Finlande.

Pendant ce temps, en Allemagne

Toujours mardi, l'un des avocats de Carles Puigdemont a assuré que le président catalan déchu « ne se rendra jamais » et « est déterminé à continuer le combat ». Gonzalo Boyé a fait cette déclaration après une visite à la prison de Neumünster, où est détenu M. Puigdemont.

Il a aussi « exprimé son entière confiance » en la justice allemande, qui doit décider prochainement de la remise éventuelle du politicien à l'Espagne.

« Il a dit que nous [les indépendantistes catalans] ne nous rendrons jamais et c'est son message au peuple catalan », a poursuivi M. Boyé. La population « a le droit d'exprimer sa volonté d'une indépendance et d'une République en Catalogne ».

L'ancien président catalan doit maintenant attendre que le tribunal de Kiel, dans le nord de l'Allemagne, décide de remettre au non le dirigeant indépendantiste à la justice espagnole.

Une porte-parole du parquet allemand, Wiebke Hoffelner, s'est bornée à dire que la décision ne serait « pas prise cette semaine ».

La justice allemande, qui doit décider si des délits similaires à ceux pour lesquels M. Puigdemont est poursuivi en Espagne existent en droit allemand, dispose d'un délai de 60 jours pour trancher sur sa remise à Madrid.

Il est inculpé de « détournement de fonds publics » et, comme douze autres dirigeants indépendantistes, de « rébellion », délit passible de 30 ans de prison en Espagne.

Au total, 25 dirigeants indépendantistes ont été inculpés, dont 12 de délits moins graves comme « désobéissance ». Neuf sont incarcérés et cinq, dont Carles Puigdemont, ont fui à l'étranger et sont visés par des mandats d'arrêt.

Tous sont accusés d'avoir préparé pendant des années, en ignorant tous les avertissements du gouvernement et des tribunaux, la rupture avec l'Espagne, qui a débouché sur une éphémère déclaration d'indépendance.

Rebelle, vraiment?

Les poursuites pour « rébellion » restent cependant controversées, car elles supposent « un soulèvement violent » qui, selon des juristes, ne s'est jamais produit.

Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a qualifié l'Espagne d'« État de droit démocratique » et a relevé qu'il régnait « une confiance toute particulière entre les autorités judiciaires des pays membres de l'UE ».

Il a aussi rappelé que selon Madrid, M. Puigdemont et ses camarades ne sont pas poursuivis pour « des idées politiques, des idées d'indépendance, mais en raison d'infractions bien concrètes ».

M. Puigdemont a été interpellé par les policiers de l'État du Schleswig-Holstein, alors qu'il venait du Danemark voisin en voiture pour rejoindre la Belgique, où il s'était réfugié fin octobre après l'échec de la sécession.

Les forces de l'ordre allemandes avaient été alertées de sa venue par le représentant de la police criminelle allemande à Madrid.

Le ministère allemand de l'Intérieur n'était pas en mesure de dire si les services de renseignement espagnols étaient impliqués, comme l'a annoncé Madrid, et suivaient l'homme politique catalan.

D'après la presse espagnole, les espions espagnols avaient placé une balise sur la voiture du dirigeant sécessionniste.

Une autre indépendantiste exilée, Clara Ponsati, a indiqué « prendre des dispositions » pour se livrer aux autorités en Écosse.

En Belgique, la justice a demandé « des informations complémentaires » à son homologue espagnole sur les mandats d'arrêt européens émis contre Merixtell Serret, Anton Comin et Lluis Puig.

En attendant, leurs avocats ayant fait savoir que leurs clients étaient à la disposition de la justice, « il n'y a pas de danger manifeste de soustraction à la justice, les intéressés ne sont pas activement recherchés », a annoncé le parquet de Bruxelles.

Une sixième indépendantiste en fuite, Marta Rovira, se trouverait en Suisse, selon la presse espagnole.

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