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Des mamans prisonnières enregistrent des contes pour leurs enfants

Une main agrippée à une barrière de prison

Des prisonnières peuvent enregistrer des histoires à l'intention de leurs enfants.

Photo : getty images/istockphoto / structuresxx

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des programmes de lecture offerts dans certaines prisons pour femmes à travers le Canada permettent aux mères incarcérées de maintenir des liens avec leurs enfants. Ce genre de programme existe à l'Établissement d'Edmonton pour femmes depuis 10 ans.

Une fois par mois, une équipe de bénévoles de l’Association de la grande bibliothèque de la capitale visite la prison pour femmes d'Edmonton pour y offrir un programme de lecture.

Les détenues peuvent alors choisir un livre et s’enregistrer pendant qu'elles en font la lecture comme si leur enfant était près d’elles. Le livre et l'enregistrement audio sont ensuite envoyés à leurs enfants ou à leurs petits-enfants.

Glori Sharphead, une mère de cinq enfants, a été reconnue coupable de trafic de drogue et emprisonnée à l’Établissement d’Edmonton pour femmes de 2009 à 2011. Elle a fréquemment participé au programme de lecture de la prison. Pour elle, cette initiative lui a permis de garder un lien avec ses enfants.

« Nous avons tellement besoin de ce lien. Je suis vraiment heureuse d'avoir pu profiter de ce programme de lecture. Il m’a permis de rester en contact avec mes enfants au moment le plus difficile de ma vie », explique l’ex-détenue.

Pour Alex Kotyk, une bénévole, c’est un privilège d’aider les femmes à maintenir des relations avec leurs enfants. « Certains d’entre eux vivent à l’extérieur du pays. Ils ne peuvent pas facilement visiter leur mère », dit-elle.

Il s’agit donc d’un moment émouvant pour ces femmes. « La plupart du temps, elles pleurent lorsqu’elles s’enregistrent. Je trouve ça tellement spécial qu’elles soient si détendues, émues et vulnérables lorsqu’elles le font », ajoute-t-elle.

Les organisateurs estiment que plus de 2000 livres ont été donnés aux enfants de détenus depuis les 10 dernières années. Environ 25 femmes participent au programme chaque mois à la prison pour femmes d'Edmonton.

Une popularité peu surprenante

Les femmes, les Autochtones en particulier, constituent la population qui croît le plus rapidement dans le système correctionnel canadien. Entre 2007 et 2017, le nombre de femmes purgeant une peine fédérale a augmenté de près de 30 %.

Plus de 70 % des femmes incarcérées dans les prisons fédérales canadiennes ont un enfant âgé de moins de 18 ans, selon le Bureau de l’enquêteur correctionnel.

La bénévole Liz Fulton-Lyne aimerait que, à long terme, le programme s’étende aux hommes de l’Établissement d’Edmonton, de sorte que les pères puissent eux aussi avoir l’occasion de rester en contact avec leurs enfants pendant leur incarcération.

« Je pense que, si nous mettions le programme en place, il ferait l'objet d'un grand d’engouement. J'ai entendu parler de programmes semblables dans d'autres prisons pour hommes, qui ont été très suivis. Nous savons tous, les bénévoles, que cela aurait un impact », conclut-elle.

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