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Révolution alimentaire dans les écoles du Nouveau-Brunswick

Des enfants préparent des roulés aux fruits dans une cuisine.

Les entrepreneurs en herbe préparent des roulés aux fruits pour les vendre à leurs camarades d'école.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est une petite révolution alimentaire que vivent des milliers d'élèves du Nouveau-Brunswick. Produits locaux, cantines santé, projets d'entreprises scolaires : les initiatives se multiplient pour améliorer les compétences culinaires des jeunes Acadiens. L'épicerie est allée sur place, à la recherche de la recette de ce succès.

Un texte de Gildas Meneu de L’épicerie

Les assiettes de 21 000 élèves du District scolaire francophone Sud, au Nouveau-Brunswick, sont désormais composées à plus de 45 % d’aliments locaux. Tout cela grâce à la détermination d’une enseignante et mère de famille, Rachel Schofield Martin, qui s’est donné comme mission d’offrir une alimentation saine et de qualité aux enfants.

Portrait de Rachel Schofield Martin
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Rachel Schofield Martin, enseignante, a décidé de bouleverser l'offre alimentaire des écoles acadiennes.

Photo : Radio-Canada

« Le service alimentaire qu’on avait ne répondait plus à nos besoins. Comme on prêchait la saine alimentation à l’école, j’ai demandé à créer un nouveau service alimentaire. »

— Une citation de  Rachel Schofield Martin, coordonnatrice en saine alimentation et en entrepreneuriat social

Si autrefois on servait des aliments transformés aux enfants, maintenant, les plats sont préparés sur place. Pour en arriver à ce changement, Rachel Schofield Martin a dû convaincre les administrateurs scolaires de ne pas renouveler le contrat avec le fournisseur habituel des cafétérias.

Pour le même prix, le district offre maintenant une qualité supérieure de nourriture, en collaboration avec des agriculteurs et des entrepreneurs locaux.

« J’ai développé un concept de cafétéria entrepreneuriale basée sur quatre piliers : l'entrepreneuriat, l’éducation, la santé, et le développement durable. »

— Une citation de  Rachel Schofield Martin, coordonnatrice en saine alimentation et en entrepreneuriat social

Le projet pilote a commencé en 2009 à l’École Blanche-Bourgeois de Cocagne, avec deux employés et 170 élèves. Le Réseau des cafétérias communautaires offre maintenant ces services alimentaires dans 24 des 37 écoles du District scolaire francophone sud au Nouveau-Brunswick. Il emploie 75 personnes. Une trentaine d'entreprises font affaire avec l'organisme.

Un soutien des autorités

Portrait de la directrice générale du District francophone Sud, Monique Boudreau.
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La directrice générale du District, Monique Boudreau, a soutenu le projet de cafétérias entrepreneuriales.

Photo : Radio-Canada

Ce projet n'aurait pas vu le jour sans le soutien indéfectible des responsables du District francophone Sud. La commission scolaire a cru au projet. « On croit vraiment dans un leadership partagé », explique la directrice générale du District, Monique Boudreau. « On donne beaucoup de pouvoir aux écoles. Rachel Schofield Martin pense toujours à l’apport pédagogique, à comment les élèves vont apprendre dans ces projets. »

À l’École Blanche-Bourgeois de Cocagne, on a remplacé les plats congelés par des repas cuisinés sur place, sans pour autant augmenter les coûts de production et le prix de vente.

La cafétéria offre des soupes variées ou encore des pâtes, et les élèves apprécient. « Quand on a démarré le service alimentaire, on servait à peu près 20 % des élèves. C’est maintenant à peu près 50 % des jeunes qui profitent des services de la cafétéria », constate Rachel Schofield Martin.

Encourager le commerce local

Rachel Schofield Martin est allée à la rencontre des producteurs locaux pour tisser des liens commerciaux. Elle a notamment cogné à la porte de Léopold Bourgeois, dont le verger est à quelques minutes de l’école.

Portrait de Léopold Bourgeois, propriétaire, La Fleur du Pommier, Cocagne
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Les pommes de Léopold Bourgeois, de la La Fleur du Pommier, sont maintenant à l'honneur dans les écoles acadiennes.

Photo : Radio-Canada

« C’est intéressant, parce que ça crée de futurs consommateurs. Ils rapportent des pommes à la maison et ils encouragent les parents à venir acheter nos pommes. »

— Une citation de  Léopold Bourgeois, propriétaire, La Fleur du Pommier

Les jeunes entrepreneurs au travail

Les pommes de M. Bourgeois sont aussi transformées par les élèves de l'École Anna-Malenfant de Dieppe, qui en font des rouleaux fruités, vendus à leurs camarades. La préparation se fait dans le cadre de leur cours de mathématiques. Leur enseignante, Caroline Picard-Leblanc, profite de ce projet pour améliorer leurs compétences en mathématiques.

Les profits ainsi récoltés permettent l’achat de logiciels utilisés par les élèves.

Les entrepreneurs-cuisiniers

Des enfants préparent des sous-marins pour leurs camarades de classe.
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Les jeunes entrepreneurs d'Acadie Sub au travail.

Photo : Radio-Canada

À l’École Carrefour de l’Acadie de Dieppe, les jeunes ont créé une petite entreprise : Acadie Sub. Les élèves embauchent leur personnel, vendent des sous-marins, et utilisent les profits pour créer des bandeaux ou des chandails personnalisés.

Regardez le reportage à l'émission L'épicerie ce mercredi, 19 h 30

À l’École Abbey-Landry de Memramcook, les élèves s’investissent dans la préparation de smoothies. Ils apprennent aussi les rudiments du jardinage.

70 % des écoles font pousser fruits et légumes, parfois même en serre.

Rachel Schofield Martin n’a pas fini de créer de nouveaux projets. Elle veut maintenant offrir des cours de cuisine intégrés au programme scolaire.

« C’est une réussite communautaire », explique-t-elle. « Ce qu’on vit là, c’est grâce aux enseignants, aux employés des cafétérias, à différents partenaires du District et du Ministère. On récolte le fruit de chacun de nos petits efforts. »

Le Canada est l'un des rares pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dépourvu d'une politique nationale d'alimentation dans les écoles. Ottawa devrait pallier ce manque en présentant sa Politique alimentaire pour le Canada au cours de l’année 2018.

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