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L'hôpital Hôtel-Dieu Grace de Windsor crée un comité consultatif sur les services en français

Ils posent pour une photo dans les locaux de l'hôpital Hôtel-Dieu Grace de Windsor.
Peggy O'Kane, Idrine Matenda-Zambi, et Judy Wyllie Photo: Radio-Canada / Catherine Poisson

Dans quelle langue préférez-vous recevoir vos soins médicaux? Aux problèmes de santé peut parfois s'ajouter un malaise linguistique pour les francophones de l'Ontario, mais l'hôpital Hôtel-Dieu Grace de Windsor dans le sud-ouest de l'Ontario veut changer la donne.

Un texte de Catherine Poisson

En 2015, Idrine Matenda-Zambi a perdu sa belle-soeur Célestine, décédée après un long combat contre le cancer. Ses derniers mois, passés aux soins palliatifs de l'hôpital Hôtel-Dieu Grace, ont été difficiles en raison de la maladie, mais aussi de la langue.

« Elle parlait un peu anglais, mais comme elle était vraiment malade, elle n'arrivait plus à s'exprimer correctement, se souvient M. Matenda-Zambi. Alors elle voulait vraiment parler dans sa langue, et c'était le français. »

L'enseignant à l'école élémentaire Saint-Edmond précise que sa belle-soeur a reçu d'excellents soins, et que le personnel a fait de son mieux pour se faire comprendre. « Mais ça aurait été encore mieux si nous avions pu communiquer aisément », souligne-t-il.

M. Matenda-Zambi a constaté l'ampleur des difficultés que peut poser une barrière linguistique lors des visites à l'hôpital des membres de sa famille qui ne parlent que français. Du stationnement jusqu'au contact avec les médecins, tout devenait plus compliqué, selon lui.

Quand j'étais là, ça passait, mais si c'était un autre membre de ma famille qui ne parlait pas anglais, ça posait problème.

Idrine Matenda-Zambi, membre du comité consultatif sur les services en français à l'hôpital Hôtel-Dieu Grace

Ainsi, lorsqu'il a reçu l'an dernier un courriel de l'Association canadienne-française de Windsor-Essex Chatham-Kent (ACFO WECK) indiquant que l'hôpital était à la recherche de bénévoles pour un nouveau comité consultatif sur les services en français, il s'est tout de suite senti interpellé.

Offre active

« En Ontario, les hôpitaux ont une entente avec les réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS), selon laquelle ils doivent avoir un plan d'offre active de services en français », explique la présidente de ce comité consultatif, Judy Wyllie.

« Sur un peu plus de 1000 employés actifs, 7 % d'entre eux parlent français », selon le vice-président des affaires externes de l'hôpital Hôtel-Dieu Grace, Bill Marra.

Des postes désignés bilingues, des documents et des affiches en français, des cours de français pour les employés... le plan comprend plusieurs mesures visant à s'assurer que tous les patients qui désirent recevoir des services en français puissent y avoir accès. « Mais nous n'en sommes qu'à la phase de début », précise Mme Wyllie.

Quand un patient est admis à l'hôpital, on lui demande quelle est sa première langue et s'il désire recevoir ses services en français.

Judy Wyllie, présidente du comité consultatif sur les services en français à l'hôpital Hôtel-Dieu Grace

Le rôle des membres du comité consultatif est de superviser l'application de ce plan, et d'offrir son opinion afin que les mesures établies répondent aux besoins de la communauté francophone.

Après une première réunion en janvier, le comité se réunira le 28 mars, puis à nouveau en mai et en octobre, et ainsi jusqu'à la fin de l'année 2019. À cette étape, l'hôpital déterminera si les objectifs ont été atteints ou si d'autres mesures sont nécessaires.

Pour l'instant, le comité compte cinq membres, dont M. Matenda-Zambi, mais Mme Wyllie espère recruter une sixième personne.

Une barrière qui dépasse la langue

Près d'un quart de la population de Windsor est issue de l'immigration, selon les données du recensement de 2016. En tant qu'enseignant dans une école francophone, M. Matenda-Zambi constate cette réalité au quotidien.

« Je vois beaucoup d'immigrants qui arrivent ici, des Syriens, des Africains, et tous ces gens-là s'expriment plus en français qu'en anglais », souligne-t-il.

Ces nouveaux arrivants sont souvent réticents à demander les soins dont ils ont besoin, en raison de la barrière linguistique, mais aussi de la perception qu'ils ont du système de santé, affirme l'enseignant.

En plus de la langue, la relation avec les hôpitaux dans ces pays n'est pas la même qu'ici. C'est une relation que nous devons bâtir avec la communauté.

Idrine Matenda-Zambi, membre du comité consultatif sur les services en français à l'hôpital Hôtel-Dieu Grace

Outre les immigrants, M. Matenda-Zambi s'intéresse aussi aux besoins des aînés. Il remarque que lorsqu'ils vieillissent, les francophones qui maîtrisent pourtant bien l'anglais se sentent souvent plus à l'aise dans leur langue maternelle qu'en anglais.

« Comment pouvons-nous aller rejoindre ces gens pour qu'il n'y ait pas de vide, d'écart entre l'hôpital et la communauté? », s'interroge l'enseignant, soulignant que cette réflexion sera au coeur de la prochaine rencontre du comité.

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