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Attentat en France : hommages et recueillement

Des proches du gendarme Arnaud Beltrame, mort après avoir offert de prendre la place d'un otage blessé lors de l'attaque du supermarché de Trèbes, ont assisté à la messe en l'honneur des victimes.

Photo : AFP/Getty Images / ERIC CABANIS

Radio-Canada

Deux jours après l'attentat dans le sud de la France, le pays se recueille dimanche à la mémoire des quatre personnes tuées par un djihadiste, au sujet duquel les enquêteurs poursuivent leurs investigations.

Parmi les victimes, un retraité, un boucher, un ancien viticulteur et un policier. La mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a suscité une émotion particulière. Un « hommage national » lui sera rendu, a annoncé la présidence sans préciser de date. Cet officier de 45 ans, qui devait se marier religieusement en juin, est mort en « héros » sous les balles de l'assaillant après s'être livré à la place d'une otage blessée.

Après cinq mois d'accalmie, la sanglante prise d'otages à Trèbes, paisible commune de 6000 habitants à deux pas de la cité médiévale de Carcassonne, est venue rappeler la persistance de la menace terroriste en France, frappée depuis 2015 par une vague d'attaques qui a fait 245 morts.

« Nous étions tous convaincus que ces atrocités ne se passent jamais chez nous », a confié le maire, Éric Ménassi.

Nous avons pu mesurer que le fanatisme peut toucher n'importe qui.

Éric Ménassi, maire de Trèbes

À la mairie, des roses blanches se sont amoncelées avec un message inscrit à la main « Stop à la violence, stop, stop ».

Hommages et recueillement

Une messe en hommage aux quatre personnes tuées et aux blessés a été célébrée dimanche à Trèbes par l'évêque de Carcassonne et de Narbonne.

« L'heure n'est qu'à la prière et à la compassion. Puissent de tels événements nous permettre de trouver le courage pour refonder une société où ils ne seraient plus possibles », a déclaré Mgr Alain Planet.

Jean-Pierre Bordeaux est venu du village voisin de Capendu avec sa femme Henriette pour assister à la messe. « J'ai envie de prier pour le policier qui a donné sa vie, pour tous ceux qui ont perdu la vie, pour le monde entier. On a envie que ça s'arrête », dit-il.

Faire toute la lumière

Face au plus grave attentat commis depuis son entrée en fonction en mai 2017, le président Emmanuel Macron a rappelé sa « détermination » à lutter contre le terrorisme, soutenu samedi par son homologue américain Donald Trump et la première ministre britannique Theresa May.

Le président français et des ministres au lendemain des attentats de Trèbes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président français Emmanuel Macron, qui a rendu hommage au policier français décédé, dirige une réunion du Conseil de défense et de sécurité à laquelle assistent des fonctionnaires et des ministres.

Photo : Getty Images / CHRISTIAN HARTMANN

Après avoir réuni un conseil de défense, le chef de l'État français a demandé la convocation de tous les services chargés du suivi des personnes radicalisées dans le département de l'Aude où se sont produites les attaques.

Car si le meurtrier avait bien été repéré et suivi par les services de renseignement, « nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation », a concédé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Les enquêteurs doivent désormais faire toute la lumière sur le « parcours de radicalisation » de l'assaillant, selon le ministère de l'Intérieur. A-t-il bénéficié de complicité? Quels sont ses éventuels liens avec le groupe djihadiste État islamique?

À son domicile, les enquêteurs ont découvert des « notes faisant allusion à l'État islamique » et s'apparentant à un testament. Parallèlement, deux personnes ont été placées en garde à vue : sa compagne et un jeune de 17 ans présenté comme un ami de Radouane Lakdim.

Pour Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, « les passages à l'acte ne suivent plus nécessairement une logique de groupe, et le lien entre ces acteurs locaux et des organisations terroristes est de plus en plus virtuel ».

Il n'existe plus de profils types, les modes opératoires sont improvisés, les armes rudimentaires.

Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme

Radouane Lakdim a entamé son équipée meurtrière armé d'un pistolet, d'un couteau et d'engins artisanaux, en volant une voiture à Carcassonne, blessant grièvement son conducteur portugais et tuant son passager.

Des policiers exemplaires

Richard Lizurey devant une meute de journalistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey, s'entretient avec des journalistes devant les bureaux de la gendarmerie de Carcassonne.

Photo : Getty Images / ERIC CABANIS

Richard Lizurey, le directeur général de la gendarmerie nationale en visite dans la ville de Carcassonne, a rendu hommage à ses hommes, notamment au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

« Ils ont été parfaits dans la conduite des opérations à Trèbes », a souligné M. Lizurey.

La rapidité avec laquelle ils sont intervenus pour protéger les personnes à l’intérieur du supermarché, les extraire, a permis, je le pense sincèrement, d’avoir moins de victimes que nous en avons aujourd’hui.

Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale

Il a rappelé également que le lieutenant-colonel Beltrame avait lui-même « préparé ses troupes », il y a un an, « à ce genre d’événement ».

Avec les informations de Agence France-Presse

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