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John Bolton, nouveau conseiller de Trump, fut l'un des premiers clients de Cambridge Analytica

Le futur conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

Un comité d'action politique qui travaille pour John Bolton a fait appel aux services de Cambridge Analytica.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Radio-Canada

Le comité d'action politique (PAC) fondé par John Bolton, le prochain conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, fut l'un des premiers clients de Cambridge Analytica, selon des documents internes et d'anciens employés de l'entreprise, embauchée pour concevoir des profils psychologiques d'électeurs à l'aide de données recueillies sur des millions de profils Facebook.

Le comité d'action politique en question, connu sous le nom de « John Bolton Super PAC », a retenu les services de Cambridge Analytica en août 2014, quelques mois après que la firme eut été fondée.

C'est aussi à cette époque que l'entreprise siphonnait des données sur Facebook.

Pendant deux ans, le PAC a dépensé près de 1,2 million de dollars pour de la recherche, lit-on dans des documents comptables.

Le contrat entre le PAC et Cambridge Analytica décrit les services fournis comme étant « du microciblage comportemental agrémenté de messagerie psychographique ». Pour y arriver, Cambridge a utilisé les données de Facebook, selon divers documents et deux anciens employés au fait des travaux effectués.

« Les données et la modélisation reçues par le PAC de M. Bolton s'appuient sur les données provenant de Facebook », a ainsi fait savoir Christopher Wylie, un expert en données qui faisait partie de l'équipe fondatrice de Cambridge Analytica.

Nous leur avons clairement indiqué comment nous procédions. Nous en avons discuté lors de conférences téléphoniques, lors de rencontres.

Christopher Wylie, ancien employé de Cambridge Analytica

Cambridge Analytica, qui a connu son heure de gloire par son travail avec l'équipe de campagne de Donald Trump lors de l'élection présidentielle de 2016, est aux prises avec une crise aux proportions importantes depuis la fin de semaine dernière, lorsque des reportages parus dans le New York Times et The Observer ont révélé que la firme avait colligé les données de plus de 50 millions d'utilisateurs de Facebook afin de mettre au point des techniques permettant de prédire le comportement des électeurs américains.

Les soi-disant techniques de modélisation psychographiques de Cambridge, qui ont été en partie construites à l'aide des données provenant de Facebook, sous-tendent le travail effectué pour la campagne Trump en 2016.

Encore aujourd'hui, un débat fait rage quant à savoir si cette technologie fonctionne.

Le panneau annonçant les bureaux de Cambridge Analytica.

La controversée firme se serait « fait les dents » en travaillant avec John Bolton.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Financement unique

Au-delà de leurs politiques à droite de l'échiquier, M. Trump, M. Bolton et Cambridge Analytica ont aussi une relation en commun - la famille Mercer de Long Island, dont le patriarche, Robert L. Mercer, a fait fortune à la tête d'un fonds spéculatif.

C'est ce même Robert Mercer qui a déboursé les 15 millions de dollars ayant permis de fonder Cambridge Analytica, d'abord une jeune pousse au sein de l'entreprise londonienne SCL Group.

Aujourd'hui encore, la fille de M. Mercer, Rebekah, siège au conseil d'administration de Cambridge. Et parmi les autres cofondateurs, on trouve Steve Bannon, éminence grise déchue du président américain et ex-patron du site d'extrême droite Breitbart News.

M. Mercer a aussi sorti son chéquier pour financer le PAC de John Bolton, versant 5 millions de dollars entre avril 2014 et septembre 2016, révèlent des documents déposés auprès de la Commission électorale fédérale des États-Unis.

Avec les informations de New York Times

Politique américaine

International