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Le Festival de Cannes s'en prend à Netflix et... aux égoportraits

Le tapis rouge du 70e Festival de Cannes

Le tapis rouge du 70e Festival de Cannes

Photo : Getty Images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Agence France-Presse

Interdictions des égoportraits sur le tapis rouge, pas de film Netflix dans la compétition officielle et réflexion sur la place des femmes dans le cinéma : le délégué général du Festival de Cannes a annoncé vendredi des changements pour l'édition 2018 en mai.

Thierry Frémaux explique dans une entrevue au magazine professionnel Le film français que « les égoportraits seront interdits pour les spectateurs sur le tapis rouge », invoquant « le désordre intempestif créé » lors de la montée des marches.

En 2015, le délégué général du Festival avait déjà annoncé que le Festival interdirait les égoportraits sur les célèbres marches, avant de dire finalement que les invités seraient seulement priés de limiter cette pratique « ridicule et grotesque ».

Autre décision, plus artistique cette fois : tel qu'annoncé l'an passé, le festival demande désormais que tout film en compétition sorte en salles. L'an dernier, la 70e édition de Cannes avait été marquée par une polémique sur la présence en compétition officielle d'Okja et The Meyerowitz Stories, deux films produits et diffusés uniquement sur Netflix.

Les films de la plateforme pourront cependant être présentés à Cannes hors compétition.

Pas de films en avant-première pour les journalistes

Par ailleurs, la presse découvrira cette année les films en sélection officielle en même temps que la première mondiale en début de soirée, et non plus en amont, afin de « redonner toute leur attractivité et tout leur éclat aux soirées de gala ». Ainsi, « le suspense sera total », estime Thierry Frémaux.

Thierry Frémaux pendant le 68e Festival de Cannes, en 2015

Thierry Frémaux pendant le 68e Festival de Cannes, en 2015

Photo : Getty Images / Ben A. Pruchnie

Ce changement modifiera la façon de travailler des journalistes, qui pouvaient jusqu'ici voir une partie des films en matinée, plusieurs heures avant la soirée de gala.

« Pourquoi le festival ne met pas en place un embargo? C'est ce que font les studios chaque semaine, avec succès. Berlin le fait aussi, avec les critiques publiées 20 minutes après le début de la première séance ouverte au public », a réagi la critique de la revue Screen, Fionnuala Halligan, dans un long message mis en ligne sur Internet.

Guy Lodge, le critique de Variety, la bible du cinéma, a estimé sur Twitter que certains journalistes ne pourront pas accéder à la projection du soir, ce qui va compliquer leur tâche et pourrait inciter les attachés de presse à montrer les films en avance à certains médias triés sur le volet.

Être en phase avec le mouvement #MoiAussi

À la suite du scandale autour du producteur Harvey Weinstein, de l’émergence du mouvement #MoiAussi et des débats sur la place des femmes dans le septième art, M. Frémaux rencontrera par ailleurs « prochainement » la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes française, Marlène Schiappa, avec Pierre Lescure, le président du festival de Cannes.

« Nous irons bien volontiers à sa rencontre », affirme-t-il, soulignant que Cannes est « vigilant et actif » sur ces questions et organise depuis quatre ans le forum de discussions Women in Motion avec le groupe français de luxe Kering. « Il y aura d'autres choses. Sur un sujet pareil, le plus grand festival du monde doit être exemplaire », précise-t-il.

Concernant la sélection de films réalisés par des femmes, le festival est « au-dessus de la moyenne », selon M. Frémaux, avec 23 % de femmes en sélection officielle en 2017.

Le Festival de Cannes se tient cette année du 8 au 19 mai et aura pour présidente de jury l'actrice australienne Cate Blanchett, 12e femme à se voir confier cette fonction, quatre ans après la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion.

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