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Immigration : le silence de la CAQ

Le chef de la CAQ François Legault
Le chef de la CAQ François Legault Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On a beaucoup parlé du test de valeurs que veut faire passer la Coalition avenir Québec (CAQ) aux immigrants. Mais beaucoup moins du projet de François Legault de diminuer les seuils d'immigration de 50 000 à 40 000 immigrants par année. C'est pourtant un sujet sérieux qui aurait des conséquences importantes sur l'économie du Québec.

Une analyse de Martine Biron

Alors que la pénurie de main-d’œuvre est en train de devenir un enjeu politique, le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé avant les Fêtes qu’il entendait hausser d’ici deux ans le nombre d’immigrants admis au pays à plus de 300 000 par année.

Un petit calcul rapide nous montre que pour que le Québec maintienne son poids démographique, qui se situe à 23 % de l’ensemble canadien, il faudrait que 70 000 personnes immigrent dans la province chaque année d’ici 2020.

Le sujet est tellement sensible que même Philippe Couillard, qui avait déjà laissé entendre qu’il faudrait augmenter substantiellement les seuils, a ravalé sa salive. Il promet maintenant, comme le PQ, de les maintenir.

Mais si le poids démographique du Québec devait s’éroder, cela ne se ferait pas sans conséquence. La péréquation, les transferts en santé et les transferts en matière de programmes sociaux sont tous calculés par habitant.

Un gouvernement de la CAQ, qui diminuerait le nombre d’immigrants, verrait aussi une diminution de ses revenus selon l’entente relative à l’intégration des immigrants, qui aide à l’intégration des non-francophones.

Sans compter qu’une baisse démographique au Québec aurait un impact sur l’activité économique globale de la province.

Des explications

C’est une chose que de vouloir maintenir les seuils d’immigration, mais c’en est une autre que de promettre de les baisser.

L'argument de François Legault est que Québec doit mieux intégrer ses immigrants. Il n’a peut-être pas tort, mais les détails de son plan se font attendre.

Pendant ce temps, on tergiverse sur la question du test des valeurs, alors que l’on comprend très bien que François Legault n’aurait non seulement pas le pouvoir d'expulser un nouvel arrivant, mais qu'il n’en a pas vraiment l’intention.

Mais ces jours-ci, le mot d’ordre à la CAQ est de se tenir à carreau. On veut éviter les débats qui pourraient faire glisser François Legault.

Et l’enjeu de l’immigration, surtout au sein du précieux vote francophone, est clairement un terrain glissant.

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