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Le Québec fait bonne figure pour les revenus des mères

Une famille heureuse se promène dans un parc sous le soleil.
Les mères s'en tirent mieux au Québec que dans le reste du Canada. Photo: iStock

L'écart de salaire entre les parents et les adultes qui n'ont pas d'enfant serait beaucoup moins prononcé au Québec que dans le reste du Canada. C'est du moins ce que suggère une récente étude faite par trois chercheuses de l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Un texte d’Alix Villeneuve

L’étude, qui se veut un état des lieux, selon Marie-Mélanie Fontaine, étudiante au doctorat en sciences économiques, dresse un portrait encourageant pour les mères québécoises.

Il semblerait que les femmes au Québec soient moins pénalisées sur le marché du travail à la suite de la naissance de leurs enfants.

Marie-Mélanie Fontaine, étudiante au doctorat en sciences économiques

Notez que les chercheuses étudient ici le concept de la « pénalité à la maternité » pour mesurer les conséquences de l'arrivée des enfants sur les revenus. Il n’est pas question ici de la hausse des dépenses qu’ils occasionnent.

Par exemple, une mère pourrait voir son développement professionnel ralentir avec l'arrivée d'un enfant, ce qui réduirait son salaire. Elle pourrait aussi prendre plus de congés, et ainsi diminuer le nombre d'heures travaillées.

Pour dresser ces conclusions, l'équipe de recherche a analysé des banques de données de Statistique Canada.

Une pénalité résorbée

L'arrivée d'un enfant représente tout de même une diminution de revenu immédiate pour les mères, principalement en raison du congé de maternité. Les entrées d'argent baissent d’environ 33 % lors de l’année de naissance, et ce, tant au Québec que dans le reste du Canada.

Cependant, une fois que les mères sont de retour au travail, les effets de cette diminution se résorbent plus rapidement au Québec. Dans la province, quatre années après la naissance de son enfant, une mère gagnera, de façon générale, autant qu'une femme sans enfant.

« On s'attendait à ce que des différences persistent. Mais on voit qu'au Québec, [l'écart] est rattrapé relativement tôt », observe Marie-Mélanie Fontaine.

Dans le reste du Canada, les mères subiront une pénalité pouvant s'étaler sur 11 ans. Elles vont avoir un salaire moyen 6 % plus bas que les femmes qui n'ont pas d'enfants.

Le Québec fait aussi bonne figure en ce qui concerne les revenus des femmes mariées, pour qui la maternité ne représente aucune baisse des bénéfices à long terme, alors que dans le reste du Canada, elles vont empocher environ 12 % moins d'argent.

Il y a des exceptions

La bonne situation du Québec est certes encourageante, mais des exceptions existent. « [Cette bonne situation] ne veut toutefois pas dire qu'il faille détourner notre attention du phénomène », écrivent les chercheuses dans leur rapport.

Les mères de famille monoparentale et celles qui sont peu scolarisées sont particulièrement touchées. Elles auront un salaire plus bas de près de 11 % et de 9 % respectivement par rapport aux femmes dans les mêmes conditions, mais qui n'ont pas d'enfant.

Les femmes avec trois enfants et plus aussi connaîtront une baisse des revenus variant de 10 % à 23 %. Ces diminutions sont comparables au Québec et dans le reste du Canada.

Hypothèse : les programmes sociaux

L’équipe de recherche ne veut pas s’avancer tout de suite sur les causes qui font que le Québec est une province plus avantageuse pour les mères. C’est le sujet d’une autre étude encore en cours.

Toutefois, leur hypothèse est que les programmes familiaux du Québec permettent aux femmes de retourner sur le marché du travail plus rapidement et avec moins de pénalité sur leur carrière.

Le Québec dispose de politiques familiales avantageuses, comme les garderies subventionnées ou bien le Régime québécois d’assurance parentale

Marie-Mélanie Fontaine, étudiante au doctorat en sciences économiques

Bonus pour les pères

Contrairement à ce que l'on observe pour les femmes, les pères ont des revenus plus élevés que les hommes sans enfant. Toutefois, ce bonus ne serait pas lié à la naissance. En effet, l’étude révèle que l'arrivée d'un enfant n'a pas d'impact sur le revenu des pères, tant positif que négatif.

En fait, il s’agirait d’un biais de sélection, estiment les chercheuses. C’est-à-dire que les hommes avec des revenus plus élevés ont plus de chance de devenir père.

« Les hommes avec de plus grandes habiletés et compétences ont de meilleurs emplois et salaires, mais sont également ceux qui sont plus désirables du point de vue de leurs partenaires potentielles, et qui se retrouvent donc mariés et avec des enfants », écrivent-elles dans leur rapport.

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