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Le cannabis et ses bienfaits en milieu hospitalier

Deux toutous entourent une bouteille d'huile de cannabis.

C’est grâce à cette huile de cannabis que le petit William Déziel fait aujourd’hui moins de crises d’épilepsie.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Radio-Canada

Les données sur l'efficacité thérapeutique du cannabis sont encore rares et parfois contradictoires, mais la recherche avance. En milieu hospitalier, enfants et adultes participent à des projets qui mettent à contribution l'huile de cannabis.

Un texte de Chantal Srivastava, de Les années lumière

Le petit William Déziel est atteint d’une maladie dégénérative très grave, la leucodystrophie hypomyélinisante, qui affecte son système nerveux central. Auparavant, il faisait jusqu’à 100 crises d’épilepsie par jour. Les médecins ne croyaient pas qu’il survivrait au-delà d’un an.

William Déziel vient pourtant de célébrer son 2e anniversaire. Et certains jours, il ne fait aucune crise d’épilepsie.

William DézielAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Grâce à l’huile de cannabis, contre toute attente, le petit William Déziel a pu célébrer son 2e anniversaire.

Photo : Courtoisie : Valérie Masson et Martin Déziel

L’huile de cannabis, c’est la seule raison pour laquelle on est à la maison avec William. On vient de fêter son 2e anniversaire, c’est extraordinaire.

Valérie Masson, mère de William Déziel

Après avoir été admis aux soins palliatifs du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHU), à l’hiver 2017, le petit William est devenu l'un des premiers patients inscrits dans le projet de recherche du neurologue Lionel Carmant, directeur médical de CIRENE, le Centre intégré du réseau en neuro-développement de l’enfant du CHU Ste-Justine.

Le Dr Carmant étudie l’efficacité de l’huile de cannabis pour réduire les crises d’épilepsie chez les enfants.

« Les données ont montré que le cannabis pouvait aider les enfants. Surtout qu’on utilise la partie cannabidiol, qui est une partie sans le THC, le tétrahydrocannabinol, qui lui, est psychotrope », explique le Dr Carmant.

Le cannabis est utilisé en dernier recours, quand tout le reste ne fonctionne pas. « Auparavant, on doit avoir essayé cinq médicaments anticonvulsifs », ajoute le neurologue.

Lionel CarmantAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le neurologue Lionel Carmant du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Au total, une quarantaine de jeunes patients participent au projet, qui s'est amorcé l’an dernier. Une quinzaine d'entre eux ont vu leur nombre de crises d’épilepsie diminuer au moins de moitié.

Afin de mieux documenter le phénomène, Lionel Carmant aimerait recruter 300 patients d’ici trois ans, à Montréal et à Québec, mais aussi en Estrie, en Abitibi et même en Ontario et en Colombie-Britannique.

Actuellement, les médecins n’osent pas en prescrire, ne sachant pas exactement ce qu’ils prescrivent, et n’accumulant pas de données scientifiques à ce sujet.

Lionel Carmant, neurologue

Pour écouter le reportage de Chantal Srivastava, rendez-vous sur la page de l'émission Les années lumière.

Le cannabis pour améliorer la qualité de vie

Chez l’adulte, l’usage thérapeutique de la marijuana n’est pas non plus très répandu. Car, encore là, les médecins sont parfois hésitants.

Antonio ViganoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Antonio Vigano, du Centre universitaire de santé McGill

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Pour faire avancer les connaissances, le Dr Antonio Vigano, spécialisé en soutien aux patients atteints de cancer au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), vient de lancer en janvier 2018 un projet pilote sur le cannabis en milieu hospitalier.

Au total, une cinquantaine de patients qui fréquentent le CUSM prendront part au projet d’ici l’été.

« On veut voir comment le cannabis permet d’améliorer la qualité de vie des patients suivis en oncologie, explique le Dr Vigano. C’est en complément aux approches traditionnelles. Pas pour remplacer. »

Georges LaferrièreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Georges Laferrière, patient au Centre universitaire de santé McGill

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Depuis un mois, Georges Laferrière, un patient atteint d'un cancer, participe au projet du Dr Vigano. Et déjà, il note des bienfaits.

« Pour la première fois depuis longtemps, j’ai enfin pu dormir 8 heures d’affilée grâce au cannabis. Auparavant, je me réveillais toutes les heures et demie », raconte-t-il, avec soulagement.

Comme William Déziel et lui, plus de 200 000 Canadiens participent au Régime canadien de cannabis médical.

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