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Attaques et prise d’otages mortelles en France

Les détails avec Jean-François Bélanger
Radio-Canada

L'« attaque terroriste islamiste » survenue dans le sud de la France a fait trois morts et « 16 blessés », dont « deux au moins » sont dans « un état grave », a déclaré vendredi le président Emmanuel Macron.

Un homme armé a semé la terreur dans cette région française, vendredi matin, quand il a volé une voiture, tiré en direction de policiers et pris des otages dans un supermarché.

Un officier de la gendarmerie locale, qui s'était offert au tireur en échange d'un groupe d'otages, a été atteint par balles à plusieurs reprises. Il « lutte contre la mort », a précisé le président Macron.

L'attaque a par ailleurs été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI). « L'homme qui a mené l'attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l'État islamique, qui a agi en réponse à l'appel de l'organisation à viser les pays membres de la coalition [internationale anti-EI] », a écrit le groupe armé dans un communiqué publié sur l'application Telegram.

L'authenticité du message diffusé par l'entremise d'Amaq, l'agence de propagande du groupe, n'a toutefois pas été établie.

Aussi, une personne soupçonnée d'avoir été complice de l'auteur de l'attaque a été arrêtée, a annoncé François Molins, procureur de la République de Paris. « C'est une proche qui partageait sa vie », a-t-il affirmé en point de presse vendredi soir, précisant que « le niveau de la menace terroriste [en France] n’a pas faibli ».

Le tireur abattu

L'auteur de l'attaque, un jeune homme d’origine marocaine et résident de Carcassonne, est mort par balles aux mains des forces de l'ordre, a confirmé le ministère français de l'Intérieur. Il était connu des milieux policiers.

Il s'appelait Redouane Lakdim. Il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l'avions suivi et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement.

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur

En 2011, il a été condamné à un mois d'emprisonnement par le Tribunal correctionnel de Carcassonne pour une infraction de port d'arme prohibée. Puis, il a de nouveau été condamné à une peine d'un mois d'emprisonnement, en 2015, pour usage de stupéfiants et refus d'obtempérer.

En 2016 et 2017, le suspect a fait l'objet d'un suivi des forces de l'ordre en raison de sa radicalisation et de ses liens avec la mouvance salafiste, mais « aucun signe précurseur n'avait laissé présager un passage à l'acte », a précisé le procureur de la République de Paris.

Vol de voiture et fusillade à Carcassonne

La série d'attaques a commencé en début de journée, vendredi, dans la ville de Carcassonne.

Carte de Carcassonne et de Trèbes.Agrandir l’imageLieux des incidents Photo : Radio-Canada / Esri

Selon la police, le suspect a d'abord volé une voiture à la pointe de son arme. Il a blessé grièvement le propriétaire du véhicule et a tué son passager.

Redouane Lakdim se serait ensuite dirigé vers une caserne des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) où il a fait feu sur un groupe de quatre agents qui rentraient à la caserne après une course à pied.

Lakdim aurait tiré six fois, blessant l'un des agents, avant de prendre la fuite.

Un quart d'heure plus tard, le suspect entrait dans un supermarché de la ville voisine de Trèbes, où il a ouvert le feu en se réclamant d’Allah et de l'EI, selon des informations rapportées par la police française.

Une foule de policiers devant l'épicerie attaquée par un terroristes à Trèbes, en France. Les policiers et enquêteurs ont investi l'épicerie Super U après la mort du preneur d'otage. Photo : Reuters / Jean-Paul Pelissier

Une cinquantaine de personnes se trouvaient dans le magasin au moment des faits. Le suspect a tué deux personnes à l'intérieur, en plus de prendre un nombre indéterminé d'otages.

Les forces de l'ordre ont rapidement bouclé le secteur, avant de réussir à évacuer certains clients du supermarché.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a salué « l'héroïsme » de l'officier de la gendarmerie locale qui avait laissé son téléphone portable allumé pendant la crise, ce qui aurait permis aux agents restés à l'extérieur d'entendre ce qui se passait dans le SuperU.

C'est ce téléphone qui a permis aux policiers d'entendre que des coups de feu avaient été tirés dans le magasin, ce qui a décidé de l'assaut.

Des enquêteurs fouillent une voiture blanche dans le stationnement d'un supermarché.La voiture volée que le suspect a utilisée lors de l'attaque de Carcassonne en matinée a été retrouvée dans le stationnement de l'épicerie de Trèbes. Photo : Reuters / Regis Duvignau
Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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