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Jagmeet Singh dans la tourmente : qu'en pense la communauté sikhe?

Jagmeet Singh s’adressant aux délégués et partisans lors du congrès du NPD de la Colombie-Britannique

Photo : La Presse canadienne / CHAD HIPOLITO

Radio-Canada

Depuis des jours, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) tente de clarifier sa position sur le séparatisme sikh. Sa présence à des événements controversés a soulevé de nombreuses questions. Quelle trace cet épisode va-t-il laisser dans la communauté sikhe? Coup de sonde à Brampton, là où Jagmeet Singh a été élu la première fois comme député provincial.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

Jagmeet Singh a eu beau dénoncer la violence politique et le terrorisme ces derniers jours, la tempête perdure. Sa présence à des événements faisant la promotion d'un État sikh indépendant de l'Inde a beaucoup fait réagir. Certains y voient un appui à des éléments extrémistes.

Cette affaire n'est pas passée inaperçue à Brampton, où une personne sur deux est d'origine sud-asiatique. Cette ville est le coeur de la communauté indo-canadienne de l'Ontario. Trois personnes ont accepté de nous donner leur point de vue.

Pardeep Singh Nagra, directeur d'un musée sur le patrimoine sikh

Pardeep Singh Nagra dirige un musée sur le patrimoine sikh au Canada situé à Brampton. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pardeep Singh Nagra dirige un musée sur le patrimoine sikh au Canada situé à Brampton.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Pour Pardeep Singh Nagra, qui dirige un musée sur l'histoire des sikhs du Canada, Jagmeet Singh n'a rien à se reprocher. Selon lui, cette histoire a pris des proportions démesurées, puisque jamais le chef du NPD n'a encouragé la violence.

Jagmeet doit être jugé par ses actions et ses mots.

Pardeep Singh Nagra, directeur général, Sikh Heritage Museum of Canada.

Il croit que la couverture médiatique des derniers jours manquait de contexte historique pour comprendre les origines du mouvement séparatiste sikh.

« Une communauté ne devrait pas avoir à s'excuser de son histoire », fait-il valoir. Pardeep Singh Nagra rejette l'étiquette d'extrémiste qui a été accolée par certains au chef du NPD, soulignant qu'elle fait du mal à toute la communauté.

Bawandeep Kaurmarahar, étudiante

Bawandeep Kaurmarahar, 23 ans, à sa sortie d'un temple sikh de Brampton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bawandeep Kaurmarahar, 23 ans, défend le chef du NPD.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

À la sortie d'un gurdwara (temple sikh), une jeune femme de 23 ans assure que son opinion de Jagmeet Singh n'a pas changé. « Nous allons toujours l'appuyer », affirme Bawandeep Kaurmarahar. Les événements controversés auxquels Jagmeet Singh a participé ne la font pas sourciller, au contraire.

Le chef du NPD a notamment été critiqué pour avoir pris la parole à San Francisco, en 2015, devant un portrait de Jarnail Singh Bhindranwale. Ce chef militant sikh, considéré par le gouvernement indien comme un terroriste, a prôné le recours à la violence.

Pour Bawandeep, ce personnage controversé est un héros. « Ce n'est pas un criminel. Ceux qui pensent ainsi sont fous. Il s'est battu pour les sikhs et a tenté de les libérer », fait-elle valoir.

Rajinder Saini, animateur à une radio pendjabi

Rajinder Saini croit que Jagmeet Singh aurait dû faire preuve d'une plus grande prudence.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'animateur d'une émission de radio en Pendjabi, en banlieue de Toronto, Rajinder Saini.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Derrière le microphone de son petit studio, Rajinder Saini commente volontiers le sujet de l'heure. Il ne se gêne pas pour le dire : Jagmeet Singh aurait dû être plus vigilant.

Tous les politiciens qui assistent à ce genre de rassemblements devraient être très très prudents.

- Rajinder Saini, animateur, Radio Parvasi.

M. Saini, qui partage des origines familiales sikhes et hindoues, déplore les prises de positions ambiguës et les hésitations du chef néo-démocrate. Selon lui, il devrait dénoncer clairement les figures les plus controversées du mouvement sikh.

Il fait remarquer que Jagmeet Singh rejetait jusqu'à tout récemment les résultats de l'enquête canadienne identifiant Talwinder Singh Parmar comme étant le cerveau derrière l'attentat meurtrier d'Air India, avant de changer son fusil d'épaule, la semaine dernière.

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