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Plongée dans les traditions anishinaabes de l’eau

Une femme souriante vêtue d'une chemise fleurie colorée.

Aimée Craft, Métisse de la rivière Rouge, avocate et professeure de droit.

Photo : Aimée Craft

Radio-Canada

L'eau occupe une place spéciale dans les traditions anishinaabes, explique la professeure en droit à l'Université d'Ottawa Aimée Craft, à l'occasion de la journée mondiale de l'eau. L'experte est reconnue pour son travail juridique auprès des aînés de cette communauté.

« Reconnaître que l’eau, c’est la vie, que l’eau a un esprit. » Voilà un pilier des croyances anishinaabes, explique celle qui est à la fois Métisse et Anishinaabe. Elle note que l’eau est toujours présente dans les cérémonies.

« Il y a plusieurs esprits qui sont responsables des différents corps d’eau, des rivières, des lacs... Il y a aussi des gens qui sont responsables de prendre soin de ces territoires, de ces eaux en particulier », précise Aimée Craft.

« Ce sont les femmes qui ont la responsabilité [de l’eau] de façon plus générale », souligne-t-elle. « Parce qu’on est aussi porteuses de l’eau, on donne la vie par l’entremise de l’eau qu’on a dans notre corps. »

Souvent, les aînés de la Nation Anishinaabe vont nous dire que l’eau a une dualité : elle peut donner la vie, elle peut aussi prendre la vie. Penser qu’on peut absolument contrôler l’eau, c’est une idée fausse.

Aimée Craft, professeure en droit à l’Université d’Ottawa

L’eau, une personnalité juridique?

Aimée Craft avait été nommée parmi les 25 avocats canadiens les plus influents en 2016 pour son travail auprès des aînés anishinaabessur un projet juridique ayant trait à l'eau.

« Il y a même une reconnaissance dans d'autres pays que l’eau peut être un esprit vivant, une personnalité juridique. Il y a un exemple très concret en Nouvelle-Zélande. On a reconnu que le fleuve Whanganui était un être vivant, et qu’il a des droits comme toute autre personne et tout autre être vivant », indique-t-elle.

« La simple idée de reconnaître que l’eau, ce n’est pas une ressource qu’on peut utiliser, que c’est plutôt quelque chose avec quoii on est en relation, et qui a quand même une capacité de décider, d’être un être en soi, c’est vraiment important », ajoute l'experte.

Depuis environ 5 ans, elle participe à une cérémonie pour l’eau, à Bannock Point, dans le parc provincial du Whiteshell, au Manitoba, avec des aînés anishinaabes du territoire des traités numéros 1, 2 et 3. Cette année, la cérémonie se déroulera du 24 au 27 mai.

Avec des informations de Martine Bordeleau

Manitoba

Protection des écosystèmes