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Le système de bien-être à l'enfance au Yukon décrié

Une jeune fille assise au sol et adossée à un mur, dans l'obscurité.

Le Yukon compte six foyers de groupe pour jeunes.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une révision du système de bien-être à l'enfance annoncée par le gouvernement en laisse certains perplexes après qu'une enquête de la CBC a révélé des allégations de violence et de mauvais traitements.

Sous le couvert de l'anonymat, plusieurs jeunes ex-résidents de foyers d'accueil et un travailleur ont raconté à CBC avoir été témoins ou victimes de mauvais traitements par des travailleurs du système.

Annette King, la défenseure de l’enfance et de la jeunesse du Yukon a vite réagi aux allégations en disant que celles-ci ne l'étonnent pas. Ele affirme avoir de nombreux dossiers faisant part de problèmes vécus par des enfants pris en charge par le système de la protection à l'enfance. Celui-ci doit, selon elle, être revu en entier.

Il est très décevant de voir qu'un enfant qui a déjà vécu de l'abus et de la négligence dans sa propre famille vit de nouveau de l'abus et de la négligence de la part du personnel soignant qui doit le protéger.

Annette King, Défenseure de l’enfance et de la jeunesse du Yukon

Le territoire a indiqué, plus tôt cette semaine, qu'il allait entamer une révision complète de ses six foyers de groupe pour les enfants et les jeunes, se concentrant sur les trois dernières années. C'est le bureau de la défenseure de l’enfance et de la jeunesse qui s'en chargera, mais les détails doivent encore être déterminés.

Les députés de l'opposition s'insurgent

La question de la protection à l'enfance a dominé les débats de l'Assemblée législative du Yukon. La députée de Watson Lake, Patti McLeod, a demandé comment la ministre avait pris la décision de procéder à une révision : « Quelle directive la ministre a-t-elle donnée à son ministère et quand l'a-t-elle fait? »

La députée néo-démocrate Kate White dit qu'il est troublant d'entendre à la Chambre que la ministre était au courant de ces allégations depuis au moins six semaines et que le premier ministre l'était depuis son mandat dans l'opposition.

Qu'est-ce que la ministre compte faire pour que ces abus cessent immédiatement? On ne peut pas attendre toute une année jusqu'à ce que l'enquête soit terminée.

Kate White, députée de Takhini-Kopper King

La ministre confiante

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Frost, se range derrière son personnel. « Il fait un travail remarquable », a-t-elle affirmé mercredi.

Nous offrons un environnement sécuritaire, nous respectons les enfants, et s'il y a des préoccupations quelconques, nous avons un processus en place et bien établi pour que des révisions aient lieu.

Pauline Frost, ministre de la Santé et des Services sociaux

La ministre ajoute avoir contacté le personnel de son ministère aussitôt après avoir été informée des allégations. « Les préoccupations qui ont été portées à mon attention sont très sérieuses quant à la sécurité de l'enfant en question. Nous nous sommes tournés immédiatement vers le ministère et avons laissé le personnel du ministère, des experts dans leur domaine, prendre les mesures nécessaires. »

Des sceptiques

Toutefois, selon le président du Syndicat des employés du Yukon, Steve Geick, le bureau de la défenseure est trop proche du gouvernement. « Je n'ai aucune confiance dans une enquête qui n'est pas réalisée par une tierce partie, indépendante du gouvernement. »

En 2016, la Commission de la santé et de la sécurité au travail a procédé à une enquête après qu'une plainte d'un travailleur eut révélé que les travailleurs étaient souvent seuls dans les foyers. Le gouvernement avait alors procédé à des changements pour améliorer la sécurité des employés.

Grand-Nord

Politique provinciale