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Les « gratteux de guitare » rudoyés par le « Matricule 728 » s’entendent avec la Ville

Plan rapproché de la policière avec son casque.

Stéfanie Trudeau, en tenue antiémeute, à l'époque où elle était membre du Service de police de la Ville de Montréal.

Photo : Annik MH de Carufel

Radio-Canada

La Ville de Montréal a versé 75 000 $ aux quatre citoyens malmenés en 2012 par l'ex-policière Stéfanie Trudeau, aussi connue sous le nom de « Matricule 728 », en vertu d'une entente à l'amiable conclue récemment.

Serge Lavoie, Rudy Occhietti, Simon Pagé et Karen Molina vont se partager cette somme en échange de l’abandon d’une poursuite civile dans le cadre de laquelle ils réclamaient 395 000 $.

L’affaire devait commencer à être entendue en février dernier, mais les procédures avaient été suspendues parce que les parties étaient proches d’une entente.

Dans un courriel daté du 1er mars, la Ville de Montréal leur a écrit qu’elle regrettait les inconvénients qu’ils avaient subis en lien avec l’incident.

« Je pense que c’était dans l’intérêt de tout le monde, a déclaré la mairesse Valérie Plante, jeudi. C’est une situation qu’on ne souhaite pas qu’elle se reproduise, qui est malheureuse. À ce moment-ci, trouver une entente à l’amiable, je pense que c’était la meilleure chose à faire. »

La policière avait été reconnue coupable de voies de fait envers Serge Lavoie en février 2016. Elle s’était fait imposer une peine de 12 mois à purger dans la collectivité, assortie de 60 heures de travaux communautaires.

Les trois hommes posent devant une enseigne du SPVM.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Serge Lavoie, Rudi Ochietti et Simon Page en octobre 2012, quelques jours après leur arrestation brutale.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Intervention brutale

Le 2 octobre 2012, dans un immeuble à logements de l'avenue Papineau, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, l’agente Trudeau, « guidée par la rage », selon le tribunal, avait employé « une force démesurée » en procédant à l'arrestation sans motif, donc illégale, des quatre amis.

Les images de l’arrestation, où on la voit descendre un escalier en serrant un homme par le cou, avaient beaucoup circulé. Elle avait alors qualifié les quatre amis de « gratteux de guitare », un terme qui est resté.

Après l'intervention, la policière avait saisi les téléphones des prévenus et avait involontairement lancé une application d'enregistrement sur l'un d'eux. Dans la conversation qu'elle a eue dans son véhicule avec son supérieur, on peut notamment l'entendre dire : « Là on a réussi à le menotter, mais là pendant ce temps-là, toutes les rats qui étaient en haut dans... les gratteux de guitares, c'toutes des ostie de carrés rouges là, toutes des artistes astie de, de, en tous cas des mangeux de marde, fait que là y sont comme toutes commencé à sortir de l'appartement. »

En parlant de l'arrestation de Serge Lavoie, elle avait déclaré : « Là, on... on... je saute sur l'ostie de trou de cul. Là évidemment, y s'laisse pas faire, là l'encolure ostie, chu en train de l'étouffer, là je me bas avec dins escaliers, on se bat avec dins escaliers [...] Là finalement a foulu que j'lève le ton pis j'commence à sauter ma coche pour qu'y ça, se dispersent ou qu'y r'rentrent vers le haut tsé. »

Une intervention qui aurait pu être banale, mais qui a dégénéré dans le contexte survolté du « printemps érable », au cours duquel des centaines d'étudiants québécois et leurs sympathisants avaient affronté les forces de l'ordre sur une base presque quotidienne.

Stéfanie Trudeau a quitté le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en octobre 2015.

Elle a publié la même année le livre Matricule 728 – Servir et se faire salir : mon histoire, dans lequel elle soutient ne rien regretter de ses agissements.

Avec des informations de Geneviève Garon

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