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ArchivesMettre fin à la faim avec les cuisines collectives

Des participantes à la cuisine collective Lèche-babines à l'Université du Québec à Rimouski lavent des aliments.

Au Québec, l’histoire du mouvement des cuisines collectives débute dans les années 80 dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En 1985, Jacynthe Ouellette en a assez. Elle n'en peut plus de quêter pour arriver à la fin du mois, pour nourrir ses deux jeunes enfants. Elle propose à sa sœur Sylvie d'unir leurs efforts aux chaudrons pour abaisser leur facture d'épicerie. C'est ainsi qu'a vu le jour, au Québec, le mouvement des cuisines collectives qui, comme le révèlent nos archives, a fait boule de neige dans bien des milieux.

Mettre fin à la faim

Dans Hochelaga-Maisonneuve où habitent les deux sœurs, la pauvreté et l’isolement social sont répandus. Par hasard, Louise Garnier, coresponsable de Carrefour familial, un organisme communautaire du quartier, est mise au courant de l’initiative.

Impressionnée par les réfrigérateurs remplis de Jacynthe Ouellette, elle lui propose de communiquer cette idée à d’autres femmes qui subissent elles aussi la précarité alimentaire.

Clémence Desrochers chante « J'ai show » à l'émission de Michel Desautels en 1991.

Le journaliste Gilles-Claude Thériault s’intéresse à cette histoire pour l’émission Second regard du 12 février 1992. Le fonctionnement des cuisines collectives est simple.

Chaque mois, les membres se réunissent pour établir un budget, planifier les menus, partager la corvée de l’épicerie et réaliser les recettes. L’objectif est d’arriver à un coût de moins de 1 $ par portion tout en apprêtant des repas sains et équilibrés.

Les cuisines collectives s’implantent un peu partout au Québec. Assez vite, on constate que leur création signifie beaucoup plus que d'économiser de l'argent. Elles combattent la faim physique et émotive. Cuisiner en groupe, c’est briser la solitude, ramener la dignité, éloigner la peur.

C’est plus que de faire de la popote, cette histoire-là. Ensemble, on a commencé à rêver, on prend notre place, on développe des talents, on reconnaît qu’on en avait qu’on ignorait. […] Être en collectif, ça nous donne de la force.

Une citation de Louise Garnier, coresponsable de Carrefour familial

Les hommes aux chaudrons

Clémence Desrochers chante «J'ai show» à l'émission de Michel Desautels en 1991.

Ne croyez pas qu’on ne trouve que des femmes dans les cuisines collectives. C’est ce que constate le 29 mars 2006 Denis Gagné. L’animateur de l’émission L’épicerie se joint à cinq retraités du quartier montréalais de Rosemont qui se sont approprié tabliers, marmites et fourneaux.

Depuis le printemps 1993, ils partent à la chasse aux promotions dans les épiceries, concoctent un menu et mettent la main à la pâte. Le fruit de leur travail? Une vingtaine de repas, dont leur fameux bœuf à la bière, dont le coût ne dépasse pas 1,50 $. Mais là encore, la question financière n’est pas l’unique raison de leur collaboration.

Ça a un petit aspect thérapeutique. On parle de ce qui nous arrive de bon ou de moins bon.

Une citation de Robert Teasdale, retraité participant à une cuisine collective pour hommes

Un moyen de contrer le gaspillage

Clémence Desrochers chante «J'ai show» à l'émission de Michel Desautels en 1991.

Certaines cuisines collectives se sont donné comme mission de lutter contre le gaspillage alimentaire. C’est ce qu’a observé le journaliste Luc Tremblay lorsqu’il est allé chez Lèche-babines pour l’émission C’est ça la vie, diffusée le 18 mars 2011.

Le collectif Lèche-babines est constitué principalement d’étudiants de l’Université du Québec à Rimouski. Être étudiant, ça rime habituellement avec précarité économique et horaires éclatés. Bref, c’est fréquemment une recette pour mal manger.

Cédric Bernard, qui a fondé le collectif, voulait que sa cuisine soit végétarienne et responsable. Cet objectif l’a amené à convaincre les grandes chaînes alimentaires de se joindre à son effort.

C’est ainsi que les membres utilisent des fruits et légumes « moches » donnés par les épiceries, dont le sort aurait été sinon de remplir les dépotoirs. Les provisions qui ne peuvent être cuisinées sont distribuées aux étudiants de l’université.

Cette semaine, on a dû récupérer quelque chose comme une centaine de kilos de denrées alimentaires qui autrement auraient été jetées. Et ça, c’est toutes les semaines.

Une citation de Cédric Bernard, fondateur du collectif Lèche-babines

Aujourd'hui, le mouvement compte plus de 1000 groupes aux quatre coins du Québec. Dans plusieurs quartiers du Québec, mais aussi ailleurs dans le monde, collaborer dans une cuisine constitue un pilier de solidarité et de développement très important.

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