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Services de police : les communautés autochtones s'estiment prises à la gorge

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, lors des audiences de la commission Viens jeudi.
Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, lors des audiences de la commission Viens à Montréal, le 22 mars. Photo: Radio-Canada / Anouk Lebel

Les communautés autochtones du Québec estiment devoir négocier le financement de leurs services de police avec un « couteau sous la gorge », alors que ceux-ci sont déjà largement sous-financés par les gouvernements fédéral et provincial.

Un texte d'Anouk Lebel

« C'est essentiellement la logique du "à prendre ou à laisser" », a déclaré jeudi à Montréal le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, lors des audiences de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Les Premières Nations et les deux ordres de gouvernement négocient actuellement le renouvellement des ententes pour les services de police dans les communautés autochtones, qui viennent à échéance le 31 mars.

Or, pour M. Picard, ce processus de négociation n'en est pas un.

« Vous avez d'un côté les deux gouvernements qui cogitent entre eux et déterminent qu'est-ce qui va être présenté à la table aux communautés. C'est quoi la part des communautés dans tout ça? » a-t-il demandé.

On parle d'un processus de négociation alors que ce n'en est pas un.

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Selon M. Picard, il n'y a pas de « réelle volonté politique » de reconnaître les corps de police des Premières Nations au même titre que la Sûreté du Québec ou que le Service de police de la Ville de Montréal.

Les services policiers dans les communautés autochtones sont une « aberration » par rapport à ce qui existe ailleurs, a-t-il souligné.

« À chaque renouvellement d’entente, c’est un stress qui nous arrive, à savoir qu’est-ce qui nous attend », a affirmé le directeur du service de police de Manawan, Régis Flamand.

Il estime la « valeur » d’un policier dans la communauté atikamekw à 117 000 $, soit environ 60 000 $ de moins que celle d’un policier d’un service municipal ou de la Sûreté du Québec.

Moins payés qu'ailleurs, les policiers démissionnent pour aller travailler dans d’autres secteurs d’activité, a-t-il expliqué. Face à une « pénurie de policiers », il doit donc faire appel à des policiers en congé lorsque d’autres sont en vacances.

On n'est pas en mesure de défrayer les coûts réels attachés à chaque policier.

Regis Flamand, directeur du service de police de Manawan

Pas de service de police, faute d'entente

Le service de police de la communauté algonquine de Winneway a pour sa part dû fermer en 2006, faute d’entente avec les gouvernements.

La communauté est depuis desservie par la Sûreté du Québec, ce qui, selon le chef, Steeve Mathias, a coûté plusieurs millions de dollars de plus que ce qui était demandé.

Le gouvernement fédéral a annoncé le 10 janvier qu'il verserait aux corps de police autochtone et inuite du pays 291 millions sur 5 ans à compter de 2018-2019. La contribution de Québec sera connue lors du dépôt du budget provincial le 27 mars.

Ottawa finance près de 52 % du coût des services de police des Premières Nations, et Québec les 48 % restant.

Au Québec, 21 Premières Nations et une communauté inuite disposent d'un corps de police autogéré et 11 sont desservies par la Sûreté du Québec. Sept d'entre elles ont déjà bénéficié d'un corps de police, mais n'ont pu le maintenir en fonction, faute d'être parvenues à une entente.

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