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L'Action boréale réclame le statut d'espèce menacée pour les caribous de Val-d'Or

Le troupeau de caribous de la rivière George  au Labrador est maintenant estimé à moins de 9 000 bêtes. On en comptait 27 000 en 2012 et 800 000 au début des années 90.
Caribous (archives) Photo: Gracieuseté de Brandon Pardy

L'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue demande au gouvernement d'inscrire le harde de caribous de Val-d'Or dans la liste des espèces menacées, ce qui les obligerait à mettre en place des mesures pour sauver la harde.

Avec les informations de Thomas Deshaies et Karine Mateu

Le président de l’organisme, Henri Jacob, trouve inusité que la harde de caribous de la Gaspésie, constituée d'une cinquantaine de bêtes, soit considérée comme menacée par le gouvernement du Québec, mais que ce ne soit pas le cas de ceux de Val-d'Or, qui ne compterait que 18 bêtes.

Si une telle reconnaissance était accordée, le gouvernement serait forcé, de par la loi, d'intervenir pour sauver la harde.

« La journée où ils seront reconnus comme une espèce menacée, les gouvernements devront réagir en tant que tel », explique M. Jacob.

Quand une espèce est reconnue comme menacée, tu dois mettre en place toutes les actions qui sont nécessaires pour essayer le plus possible de la sauver ou rétablir l'espèce.

Henri Jacob

Contrairement au gouvernement du Québec, le caribou boréal est pourtant une espèce qui a été désignée comme « espèce menacée » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) par le ministère fédéral de l'Environnement et du Changement climatique.

D'autres actions à venir

L’Action boréale lance ainsi une campagne de mobilisation intitulée « Action caribous VD ».

L’organisme revient d'ailleurs sur l'argument fréquemment utilisé par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, qui prétend que même l'Action boréale juge que la harde est condamnée à la disparition.

« Ce sont encore des demi-vérités, s'insurge M. Jacob. Ce qu'on a dit, c'est que si le gouvernement ne voulait absolument rien faire, il n'y aurait effectivement rien à faire et que l'espèce allait disparaitre. »

Ce dernier soutient que lorsque son organisme siégeait sur le comité de rétablissement du caribou, le représentant du gouvernement refusait d'empêcher les coupes, travaux sylvicoles ou les constructions de chemin.

Séparer le ministère en deux

Henri Jacob est revenu sur déclaration du ministre Luc Blanchette, qui qualifie de « stupide » la demande des communautés autochtones de séparer le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en deux, pour éviter les conflits d'intérêts.

Une proposition que l'Action boréale réclame depuis plusieurs années.

« Le ministre a déclaré que c'était une idée stupide. Je trouve que c'est un peu spécial. Lui, il a des idées lumineuses de déménager des caribous puis nous autres, quand on demande des choses qui existaient dans le passé, soit la séparation de la faune et de la forêt, il trouve que c'est stupide », déplore M. Jacob.

Notre gouvernement est de tendance économique et non pas de tendance [à favoriser la] conservation. C'est évident qu'il un conflit entre les deux.

Henri Jacob

L'organisme compte bien rivaliser d'inventivité pour faire pression sur le gouvernement.

Abitibi–Témiscamingue

Faune et flore