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Le patron de Facebook sort de sa réserve et fait son mea-culpa

Mark Zuckerberg, PDG et fondateur de Facebook

Photo : Associated Press

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après cinq jours de silence, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a publié mercredi après-midi un billet dans lequel il fait son mea-culpa à la lumière du scandale qui éclabousse son entreprise ainsi que la firme d'analyse de données Cambridge Analytica.

Selon ce que rapportaient samedi The New York Times et The Observer, une publication sœur du quotidien The Guardian à Londres, Cambridge Analytica a recueilli des renseignements personnels de plus de 50 millions d'utilisateurs de Facebook en prévision de la campagne électorale de 2016 du président Donald Trump.

Dans son mot, publié sur sa page Facebook, l'homme d'affaires de 34 ans admet ses erreurs et décrit les mesures à prendre pour protéger les données des utilisateurs.

Nous sommes responsables de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas d’être à votre service.

Une citation de : Mark Zuckerberg, PDG de Facebook

Il assure en outre avoir déjà pris des mesures pour éviter que des événements semblables ne se reproduisent, mais que « des erreurs ont été commises et que davantage peut être fait ».

M. Zuckerberg en profite ensuite pour expliquer les modifications que Facebook avait faites à l’époque pour empêcher l’utilisation abusive de ses données par des applications comme celle du chercheur de l’Université de Cambridge, Aleksandr Kogan.

« De par la façon dont notre plateforme fonctionnait en 2013, l’application de Kogan, installée par près de 300 000 personnes, a permis à celui-ci d’accéder à des dizaines de millions de données des amis des utilisateurs de l’application », avoue-t-il.

L’année suivante, en 2014, le PDG de Facebook affirme que des changements permettant de limiter l’accès des applications aux données d'un tiers ont été mis en place. À compter de ce moment, une application comme celle de M. Kogan ne pouvait plus simplement prendre les données d’une tierce personne sans son approbation.

Autre changement : Facebook approuve depuis ce temps les demandes d’accès aux données personnelles par les applications.

Cambridge Analytica devait supprimer les données

Mark Zuckerberg rappelle également qu’après avoir appris par des journalistes de The Guardian en 2015 que M. Kogan avait partagé les données récoltées par son application avec Cambridge Analytica, Facebook avait immédiatement banni l’application de sa plateforme en raison du non-respect de sa politique de confidentialité des données.

L’entreprise avait également demandé à Cambridge Analytica qu’elle garantisse avoir supprimé l’ensemble des données qu’elle avait recueillies grâce à ce stratagème. Ce qu’elle a fait.

Par contre, l’enquête dévoilée cette semaine démontre que l’entreprise d’analyse de données n’a finalement peut-être pas détruit les données, tel qu’elle l'avait certifié à Facebook.

Il s’agit d’une rupture de confiance entre Kogan, Cambridge Analytica et Facebook. Mais il s’agit aussi d’une rupture de confiance entre Facebook et les gens qui partagent leurs données avec nous et qui s’attendent à ce qu’on les protège. Il faut régler ça.

Une citation de : Mark Zuckerberg

Cambridge Analytica déclare qu’elle a déjà supprimé les données et a accepté de rencontrer une firme que nous avons engagée pour confirmer cela, a ajouté Mark Zuckerberg dans son message sur sa page Facebook.

Règles plus strictes pour les concepteurs

À la lumière de l'enquête journalistique, M. Zuckerberg affirme aussi que l'entreprise examinera toutes les applications qui ont eu accès à de grandes quantités de données avant les changements de 2014, qu’elle rencontrera tous les concepteurs d’applications suspectes et bannira ceux qui refuseront de la rencontrer.

De plus, Facebook bannira également de sa plateforme les concepteurs qui utiliseront à mauvais escient les données récoltées par leur application.

Mark Zuckerberg annonce également que des mesures plus strictes seront mises en place pour protéger les données des usagers de sa plateforme. Par exemple, les applications n’auront plus accès aux données des utilisateurs si cela fait plus de trois mois que ceux-ci n'ont pas utilisé l'application. Également, elles n’auront maintenant accès qu’à vos nom, prénom, photo de profil et adresse courriel.

D’autres modifications seront apportées au cours des prochains mois.

Facebook souhaite aussi aider ses utilisateurs à comprendre quelles applications utilisent leurs données. Un outil sera créé dans les prochains mois et sera ajouté à tous les fils d’actualité de Facebook.

Je crois que ces étapes sont nécessaires pour continuer à protéger notre plateforme. En fin de compte, j’ai créé Facebook et je suis responsable de ce qui se passe sur notre plateforme.

Une citation de : Mark Zuckerberg

Témoigner... si nécessaire

De passage sur les ondes de la chaîne américaine CNN, le fondateur de Facebook, se disant « vraiment désolé », a affirmé qu'il répondrait si nécessaire par l'affirmative à la demande de sénateurs démocrates américains pour qu'il vienne témoigner devant des élus.

Il a ajouté qu'il pourrait y avoir des personnes ayant davantage l'« expertise nécessaire » pour répondre aux questions, tout en reconnaissant l'« aspect d'imputabilité » de sa propre présence en comité parlementaire.

Des démocrates bien en vue au Sénat américain ont appelé à ce que M. Zuckerberg vienne répondre aux questions à Washington.

Le comité parlementaire sur les médias au Royaume-Uni a par ailleurs sommé M. Zuckerberg de venir témoigner. Facebook avait éclipsé les questions sur un possible témoignage du chef de la direction, disant plutôt que l'entreprise s'attardait ces jours-ci à mener ses propres examens.

Avec les informations de Associated Press

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