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Le conseil d'administration d'Hydro-Manitoba démissionne sur fond d'opposition avec le premier ministre

Sandy Riley

Sandy Riley était jusqu'ici président de la régie de l'hydro-électricité du Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Chacun des membres du conseil d'administration d'Hydro-Manitoba, à l'exception du député conservateur Cliff Graydon, a démissionné mercredi. Selon son président, Sandy Riley, le conseil d'administration et le gouvernement provincial n'ont pas pu s'entendre sur plusieurs sujets.

« Depuis plus d'un an, nous avons tenté de rencontrer le premier ministre pour résoudre un certain nombre de problèmes importants liés aux finances et à la gouvernance d'Hydro-Manitoba, y compris des questions liées aux efforts d'Hydro pour développer ses relations avec les peuples autochtones », souligne Sandy Riley dans un communiqué.

Malgré des tentatives répétées, nous n'avons pas réussi à avoir un dialogue appréciable avec le gouvernement et nous sommes dans une impasse.

Sandy Riley, dans un communiqué

Le conseil dit avoir appris que le gouvernement allait retirer sa présidence à Sandy Riley. « En conséquence, nous avons déterminé qu'il était nécessaire de démissionner », a-t-il indiqué.

Les membres du conseil qui ont démissionné sont le vice-président, Steve Kroft, ainsi que Dave Brown, Earl Edmondson, Jennefer Nepinak, Michael Pyle, Allen Snyder, Dayna Spiring et Annette Trimbee.

Toutes les personnes qui ont démissionné ont été nommées au conseil d'administration par le gouvernement provincial en mai 2016, peu de temps après que les progressistes-conservateurs du premier ministre Brian Pallister eurent écarté le NPD du pouvoir.

Radio-Canada a tenté, sans succès, d'obtenir les commentaires de plusieurs anciens membres du conseil d'administration.

Financement de la MMF

M. Pallister a déclaré aux médias mercredi qu'il croyait que le conseil d'administration avait démissionné parce que la province n'accepterait pas un paiement de 70 millions de dollars à la Fédération métisse du Manitoba (MMF) pour que celle-ci ne participe pas aux démarches entourant la construction de la ligne Minnesota-Manitoba.

« Cela a des répercussions qui vont au-delà d'Hydro-Manitoba lorsqu'on commence à effectuer des versements à certains groupes pour qu'ils ne participent pas », a laissé entendre Brian Pallister, en parlant d'« argent de la persuasion ».

M. Pallister a réfuté l'affirmation selon laquelle le gouvernement n'avait pas discuté avec le conseil d'administration. « Nous avons été en communication régulière avec le conseil d'administration collectivement et individuellement de façon continue », s'est défendu Brian Pallister.

La Fédération métisse du Manitoba (MMF) devrait faire une déclaration plus tard mercredi.

Brian Pallister a par ailleurs confirmé que le gouvernement était sur le point de remplacer Sandy Riley en tant que président du conseil d'administration. « Nous lui avions proposé un autre conseil parce que nous faisions des changements », a-t-il dit, refusant de dire de quel conseil d'administration il s'agit.

Incertitude pour les Premières Nations

Le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, a qualifié la démission collective de « crise à part entière ». « Cela va au-delà du mauvais jugement de la part du premier ministre, c'est de l'incompétence grossière », a déclaré M. Lamont.

Le problème le plus important au Manitoba est de régler les finances d'Hydro-Manitoba parce que, si nous ne le faisons pas, cela nous touchera tous.

Dougald Lamont, chef du Parti libéral

Le président de la Chambre de commerce de Winnipeg, Loren Rémillard, estime de son côté que le secteur de l'énergie est un élément clé de l'économie manitobaine.

« Nous avons maintenant beaucoup d'incertitude », a-t-il déclaré, ajoutant qu'un nouveau conseil d'administration devra être constitué rapidement.

« Nous devons trouver un équilibre pour que le gouvernement ne s'implique pas trop dans les opérations d'une société d'État, mais que ses relations ne soient pas non plus trop superficielles avec celle-ci », a-t-il déclaré.

On ne sait pas en revanche quel sera l'impact sur les Premières Nations qui travaillent actuellement avec Hydro-Manitoba ou qui sont en pourparlers avec elle, a déclaré l'avocat Corey Shefman, dont le cabinet représente plusieurs groupes des Premières Nations.

« [Cela] touche la relation entre Hydro-Manitoba en tant que société d'État, en tant que société publique, et les gouvernements des Premières Nations, dont beaucoup tentent de négocier des ententes d'accommodement au sujet de l'impact d'Hydro-Manitoba sur leur territoire », a-t-il déclaré.

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