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ALENA : la demande sur le contenu américain des voitures est retirée, selon le président d'Unifor

Les explications de Raphaël Bouvier-Auclair
Radio-Canada

D'après Jerry Dias, président d'Unifor, le syndicat qui représente les travailleurs de l'industrie automobile canadienne, les États-Unis ont retiré leur demande sur le contenu américain des voitures (50 %) dans les négociations de l'ALENA.

L’homme, bien au fait des négociations actuelles, confirme ainsi les informations publiées mercredi matin dans le journal The Globe and Mail.

Si personne à Ottawa n’a voulu confirmer la nouvelle, Jerry Dias, lui, ne se gêne pas, affirmant que « les Américains ont officiellement retiré leur demande pour que 50 % du contenu d’une voiture soit américain ».

Pour lui, il s’agit d’un bon premier pas vers une possible entente, mais il reconnaît que des enjeux clés sont encore à discuter.

Le négociateur en chef du Québec, Raymond Bachand, a reconnu en entrevue à l'émission Midi info (Nouvelle fenêtre), mercredi, qu’il y a « clairement eu à Mexico un changement d’attitude des Américains dans ces négociations ». Mais il n’avait pas voulu confirmer ou infirmer la nouvelle.

L’opposition à Ottawa est quant à elle restée sceptique face à la stratégie américaine. Elle espère que le gouvernement ne fera pas trop de compromis, notamment sur la gestion de l’offre en agriculture, d’autant plus que les États-Unis semblent vouloir boucler rapidement les négociations.

« On peut penser que dans une négociation, il va y avoir du donnant, donnant de chaque côté. Présentement, on est sur le qui-vive, on veut s’assurer que les agriculteurs ne seront pas touchés par ces négociations », a expliqué le député conservateur Alain Rayes.

M. Bachand s’attend tout de même à ce que les Américains, « étant ce qu’ils sont et avec un président un peu intimidateur », tentent de faire des déclarations spectaculaires pour attirer l’attention sur d’autres éléments conflictuels des négociations, notamment la gestion de l’offre ou l’exception culturelle.

Cependant, il ne croit pas que les Américains devraient recevoir quoi que ce soit en échange d'un compromis sur les règles entourant l'industrie automobile.

« Dans l’industrie automobile, ils ne nous font pas de cadeaux. C’est eux qui veulent changer ce qui se passe actuellement. S’ils décident qu’ils veulent moins changer les règles, on n’est pas obligé de leur donner un cadeau en échange. Soyons clairs là-dessus », a-t-il affirmé.

Les Américains pressés de s’entendre

Robert Lighthizer, le négociateur en chef pour les États-Unis, a aussi mentionné à plusieurs reprises qu’il souhaitait terminer les négociations dans les prochaines semaines.

« Pour cela, ça prendra du mouvement sur les huit ou neuf propositions absurdes, outrancières, outrageuses des Américains, l’automobile en étant une », a expliqué M. Bachand.

Pour le négociateur en chef du Québec, l'empressement américain soudain pour conclure l’entente dans les prochaines semaines serait dû à l’élection de mi-mandat aux États-Unis, qui se tiendra en novembre prochain.

« Comme les États-Unis tournent leurs attaques sur l’Asie, peut-être veulent-ils mettre l’ALENA de leur côté avant les élections de mi-mandat », analyse Raymond Bachand.

L’ambassadeur canadien aux États-Unis, David MacNaughton laisse entendre qu'un accord pourrait être conclu le mois prochain, comme le souhaitent depuis toujours les Américains.

Cela fait par contre sourire bon nombre de spécialistes qui croient que cela est impossible.

Avec les informations de La Presse canadienne

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