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Nigeria : Boko Haram libère plus de 100 écolières après un mois de captivité

Deux fillettes nigériane voilées, accompagnées de leur mère, à la porte d'une salle de cours.
La famille d'une fillette enlevée par Boko Haram se tient à l'intérieur de l'école visée par le groupe islamiste en février dernier, à Dapchi, dans le nord du Nigeria. Photo: Reuters / Afolabi Sotunde
Radio-Canada

Le calvaire a pris fin pour les familles d'une centaine d'écolières enlevées il y a un mois par des militants du groupe islamiste Boko Haram à Dapchi, dans le nord du Nigeria.

Bashir Ahmad, assistant personnel du président nigérian Muhammadu Buhari, a confirmé sur Twitter mercredi matin que le nombre d'écolières ramenées à leur école par les ravisseurs s'élève à 101.

Le ministère de l’Information avait au préalable parlé de 76 jeunes filles relâchées, nombre qui s'est révélé erroné.

Les écolières avaient été enlevées le 19 février dans des circonstances qui soulèvent de nombreuses interrogations : des combattants présumés de la faction de Boko Haram affiliée au groupe de l'État islamique ont mené un raid sur le pensionnat de l'école pour filles de Dapchi et sont repartis avec 110 jeunes filles âgées de 10 à 18 ans.

Aisha Alhaji Deri, 16 ans, qui a été enlevée, a confié qu'elles n'avaient « jamais été maltraitées » pendant leur captivité. « Le jour du kidnapping, cinq d'entre nous sont mortes », a expliqué l'adolescente.

Un résident de Dapchi a par ailleurs indiqué que sa nièce Hadiza Muhammed, qui a été relâchée mercredi, lui a affirmé que l’une des filles est toujours détenue pour avoir refusé de se convertir à l’islam.

Des 110 filles enlevées, cinq sont donc mortes, une est toujours détenue par Boko Haram, et trois manquent à l'appel.

Selon les habitants de la petite ville de l'État de Yobe, lorsque les écolières sont revenues à Dapchi, mercredi, « elles n'étaient accompagnées d'aucune force de sécurité ».

« Leurs ravisseurs les ont juste déposées et sont partis, sans parler à personne », a expliqué Bashir Manzo, qui dirige une association d'aide aux parents des jeunes filles enlevées.

« Quand ils nous ont relâchées, ils nous ont dit d'aller directement à la maison et pas chez les militaires, parce qu'ils diraient que ce sont eux qui nous ont sauvées », a ajouté une jeune fille avant d'être récupérée par l'agence de renseignements nigériane.

Mardi, Amnistie internationale a accusé l'armée nigériane d'avoir été informée des déplacements de combattants dans la région de Dapchi juste avant ce kidnapping de masse, mais de ne pas avoir réagi à temps.

La version du gouvernement

« Les efforts du président Muhammadu Buhari, épaulé par les services de sécurité pour ramener les filles enlevées à Dapchi, ont porté leurs fruits », peut-on lire dans un communiqué du ministère de l'Information.

Le président Buhari avait déclaré la semaine dernière que le gouvernement ferait « tout son possible » pour libérer les adolescentes, et préférait la solution d'une négociation avec les insurgés plutôt qu'une opération militaire.

La violence et la confrontation n'auraient pas été la solution, car cela aurait pu mettre en danger la vie des captives.

Lai Mohamed, ministre nigérian de l'Information

« Pendant que [les écolières] étaient ramenées à Dapchi, les opérations [militaires] ont été mises en suspens dans certaines zones pour leur permettre le passage », a expliqué le ministre Mohamed, soulignant que les négociations avaient été facilitées par des « pays amis » et que la libération des écolières avait été « inconditionnelle ».

Des échos de Chibok

Selon les experts, les rançons versées ainsi que les prisonniers libérés en échange de la libération d'une centaine d'élèves de Chibok, enlevées en avril 2014, ont pu motiver Boko Haram à récidiver à Dapchi.

La présidence a toutefois affirmé qu’« aucune rançon n'a été versée » dans le cas de l'enlèvement de Dapchi, qui s'est déroulé dans des circonstances quasi identiques à celles du kidnapping de Chibok.

Plus de 200 écolières avaient alors été enlevées, ce qui avait déclenché une vague d'émotion mondiale.

Une centaine d'entre elles se sont échappées depuis, ou ont été libérées aux termes de négociations et d'échanges de prisonniers avec le gouvernement.

Quatre ans après leur kidnapping, plus d'une centaine d'entre elles restent introuvables.

Quelques-unes étaient apparues dans une vidéo diffusée par le groupe islamiste en janvier, assurant qu'elles ne « reviendraient pas, par la grâce de Dieu ».

Bien que l'armée et les autorités nigérianes ne cessent de répéter que Boko Haram est « techniquement vaincu », l'épisode de Dapchi a mis en lumière les graves manquements sécuritaires dans le nord-est du pays.

Le groupe ne contrôle plus de larges parties du territoire nigérian, comme c'était le cas de 2014 à 2015, mais il mène régulièrement des attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les civils.

Le conflit a fait plus de 20 000 morts depuis 2009 ainsi que 1,6 million de déplacés.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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