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Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada enquêtera sur Facebook

Daniel Therrien parle en bougeant ses mains pendant un point de presse.
Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

Après la Commission fédérale américaine du commerce, la Commission de l'information britannique ainsi que le Parlement européen, c'est maintenant au tour du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada d'ouvrir une enquête sur le scandale des données Facebook.

Le commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, en a fait l'annonce par communiqué, mardi après-midi.

« Nous avons reçu une plainte contre Facebook en lien avec les allégations touchant Cambridge Analytica et par conséquent, nous avons ouvert une enquête officielle », a-t-il déclaré.

« La première étape consistera à confirmer auprès de Facebook si les renseignements personnels des Canadiens ont été touchés. »

L’enquête permettra d’examiner la conformité de Facebook à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques.

« Nous resterons en contact avec le Commissariat du Royaume-Uni et nous collaborerons avec les autres autorités de la protection des données au besoin », a ajouté le commissaire Therrien.

Comme le précise le communiqué, la loi « exige habituellement le consentement valable et éclairé pour la collecte, l'utilisation et la communication de renseignements personnels par le secteur privé dans le cadre d'activités commerciales ».

Le commissaire Therrien profite de l'annonce de la mise sur pied de son enquête pour rappeler que la loi ne s'applique pas aux partis politiques qui pourraient utiliser frauduleusement des informations personnelles, pas plus que ça n'est le cas pour la Loi sur la protection de la vie privée, qui vise le secteur public fédéral au pays.

M. Therrien indique cependant avoir demandé au Parlement de « réglementer la collecte, l'utilisation et la communication des renseignements personnels par les partis politiques ».

Le gouvernement veut agir

Par ailleurs, le gouvernement canadien se tourne vers les experts des services secrets pour s'assurer que la vie privée des Canadiens est protégée contre tout détournement de renseignements personnels à partir des médias sociaux.

Et le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, se dit ouvert à resserrer les lois fédérales sur la protection des renseignements personnels, afin de protéger davantage encore les utilisateurs de médias sociaux. M. Brison, qui est aussi actuellement ministre par intérim des Institutions démocratiques, a indiqué mardi à Ottawa qu'il avait demandé l'expertise des services secrets et du Centre de la sécurité des télécommunications – le service d'espionnage électronique du gouvernement canadien.

De son côté, le Nouveau Parti démocratique demande au gouvernement Trudeau de militer, au prochain sommet du G7, pour l'élaboration d'un cadre international afin de contrôler davantage les activités de médias sociaux comme Facebook.

Le député Charlie Angus croit que si des géants comme Facebook peuvent altérer des résultats électoraux, ils doivent rendre des comptes sur leurs activités.

M. Angus estime que Facebook a la responsabilité juridique internationale de protéger les renseignements personnels de ses usagers contre toute utilisation malfaisante. Et il soutient que Facebook se comporte de façon cavalière à ce chapitre.

« Si l'on en croit les allégations, Cambridge Analytica a pu contourner Facebook afin d'utiliser les renseignements personnels des utilisateurs et créer la machine de propagande idéale. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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